Selon le comité organisateur, cette exposition, inédite à La Mecque et qui a pour slogan «Vers le Premier Monde», a pour but de mettre en valeur l’essor urbain dans le premier sanctuaire sacré de l’Islam.
http://www.alwatan.com.sa/news/newsdetail.asp?issueno=2936&id=73332&groupID=0
Avant l’inauguration, le rédacteur en chef du quotidien saoudien Al-Watan, Adnane AL-KHASHOGGI, écrivait :
Reprenons confiance en notre économie et notre marché boursier: prenons pour exemple le roi Abdallah
Par Jamel Ahmed AL-KHASHOGGI
Traduit par: Widad ZEDDANI. Relu par Habib TRABELSI
Alors que les liquidités s’évaporent des marchés boursiers internationaux, y compris le nôtre, le roi Abdallah Ben Abdel Aziz parraine dans la soirée une exposition de projets économiques et immobiliers de plusieurs milliards de dollars, de nature à changer la face de La Mecque, Djeddah et toute la côte ouest du royaume.
D’une part, un roi optimiste et confiant dans les capacités de ses concitoyens, d’autre part, un marché pessimiste, déprimé, qui se condamne rapidement à l’échec: comment comprendre ce paradoxe ?
Journalistes, économistes, experts financiers, hommes d’affaires et hommes d’Etat: nous devons tous œuvrer pour cette cause: sauver la vision d’avenir du royaume que notre roi et père Abdallah Ben Abdel Aziz nous a tracée pour que ne soient pas dilapidées les immenses richesses du royaume, pour ne pas laisser passer l’occasion historique et propice d’établir une base solide susceptible de nous propulser, ainsi que nos générations futures, au rang des pays développés, le «premier monde».
Aujourd’hui, le «premier monde» s’occupe de ses problèmes qui ne sont pas forcément les nôtres, même si nous subissons avec lui les conséquences de ses actes. En temps de crise, où l’égoïsme et l’égocentrisme prennent le dessus, il n’y a pas de honte à faire passer l’intérêt de sa patrie avant celui des autres pays.
Le «premier monde» s’occupera de régler ses problèmes. Certes, la situation est triste, mais le capitalisme se caractérise par sa capacité créative à trouver des solutions à ses problèmes, quitte à écraser quelques faibles sur son chemin.
Le «premier monde» dispose de suffisamment de réserves pour les moments difficiles. «La» solution serait de puiser dans ces mêmes réserves. Une chance que ne possèdent pas les pays en développement où les crises économiques se transforment vite en crises politiques et sécuritaires.
A l’instar du «premier monde», nous avons, en Arabie saoudite, des réserves suffisantes pour être désormais utilisées à bon escient. Il faut ajouter à cet avantage, la sécurité et la stabilité dont jouit le royaume et qui ne peuvent être troublées que par un voisinage dont la stabilité nous échappe (ndlr: référence implicite à l’Iran, notamment). Nous avons donc besoin d’instaurer la confiance dans l’Etat, puis dans le marché boursier.
Au milieu de toutes ces crises, l’Arabie Saoudite a la chance d’avoir quelques bonnes nouvelles qui cadrent bien avec la situation actuelle: Nous sommes en pleine phase de développement nécessitant des dépenses colossales pour les infrastructures.
A l’instar du «premier monde», nous avons, en Arabie saoudite, des réserves suffisantes pour être désormais utilisées à bon escient. Il faut ajouter à cet avantage, la sécurité et la stabilité dont jouit le royaume et qui ne peuvent être troublées que par un voisinage dont la stabilité nous échappe (ndlr: référence implicite à l’Iran, notamment). Nous avons donc besoin d’instaurer la confiance dans l’Etat, puis dans le marché boursier.
Au milieu de toutes ces crises, l’Arabie Saoudite a la chance d’avoir quelques bonnes nouvelles qui cadrent bien avec la situation actuelle: Nous sommes en pleine phase de développement nécessitant des dépenses colossales pour les infrastructures.
Or, le premier résultat de la crise (financière internationale) a été un «recul» des prix, ce qui est de nature à mettre fin à l’inflation dont nous avons souffert l’année dernière.
Ainsi, les prix des produits nécessaires pour nos projets de développement (comme l’acier et les prix des produits alimentaires de première nécessité) ont commencé à baisser, ce qui se répercutera positivement sur les revenus des citoyens.
Par ailleurs, l’Etat jouit d’une grande disponibilité de liquidités ainsi que les banques qui continuent à accorder des crédits, contrairement aux banques européennes et américaines. Mais cette situation « confortable » nécessite de bons décideurs et des contrôleurs fiables.
Nous devons être convaincus que la situation déplorable dans laquelle semble se trouver notre marché financier ne reflète pas la force de l’économie saoudienne.
Ainsi, les prix des produits nécessaires pour nos projets de développement (comme l’acier et les prix des produits alimentaires de première nécessité) ont commencé à baisser, ce qui se répercutera positivement sur les revenus des citoyens.
Par ailleurs, l’Etat jouit d’une grande disponibilité de liquidités ainsi que les banques qui continuent à accorder des crédits, contrairement aux banques européennes et américaines. Mais cette situation « confortable » nécessite de bons décideurs et des contrôleurs fiables.
Nous devons être convaincus que la situation déplorable dans laquelle semble se trouver notre marché financier ne reflète pas la force de l’économie saoudienne.
Les chiffres publiés aujourd’hui dans la rubrique économique de notre quotidien « Al-Watan », suffisent à le prouver.
Ils expliquent d’ailleurs comment la banque mondiale a pensé intégrer l’Arabie Saoudite au groupe des 14 forces économiques qui doit remplacer le groupe des 7. Ce dernier a été à l’origine de toutes les décisions internationales durant plus d’une décennie.
Nous avons surtout besoin d’idées audacieuses, telle la proposition de suspendre les transactions sur le marché boursier, et qui devrait être appliquée rapidement. Nous publions d’ailleurs à ce sujet (dans l’édition du jour) une longue analyse réalisée pour Al-Watan par le conseiller économique Hassan Yacine, qui est très au fait de l’économie saoudienne et aussi mondiale.
Je pense que la réponse de l’Arabie saoudite à l’invitation de Robert Zoellick, président de la Banque mondiale américaine, qui fait partie de la droite conservatrice, sera froide et mûrement réfléchie. Il n’y a pas lieu de se réjouir du fait que la Banque, ainsi que Zoellick, reconnaissent la puissance économique saoudienne dont doit être également convaincu celui qui vend ses actions aujourd’hui pour presque rien.
Zoellick n’inspire aucune confiance et il n’est pas du genre à aimer un pays comme l’Arabie saoudite ou la Chine pour les accueillir dans son monde. Mais il est réaliste et semble penser à ce qui contribuerait à alléger le poids des dettes qui pèse sur sa vieille économie capitaliste.
Nous avons surtout besoin d’idées audacieuses, telle la proposition de suspendre les transactions sur le marché boursier, et qui devrait être appliquée rapidement. Nous publions d’ailleurs à ce sujet (dans l’édition du jour) une longue analyse réalisée pour Al-Watan par le conseiller économique Hassan Yacine, qui est très au fait de l’économie saoudienne et aussi mondiale.
Je pense que la réponse de l’Arabie saoudite à l’invitation de Robert Zoellick, président de la Banque mondiale américaine, qui fait partie de la droite conservatrice, sera froide et mûrement réfléchie. Il n’y a pas lieu de se réjouir du fait que la Banque, ainsi que Zoellick, reconnaissent la puissance économique saoudienne dont doit être également convaincu celui qui vend ses actions aujourd’hui pour presque rien.
Zoellick n’inspire aucune confiance et il n’est pas du genre à aimer un pays comme l’Arabie saoudite ou la Chine pour les accueillir dans son monde. Mais il est réaliste et semble penser à ce qui contribuerait à alléger le poids des dettes qui pèse sur sa vieille économie capitaliste.
Evidemment, nous voulons jouer un rôle dans le règlement de la crise actuelle, au-delà du fait d’assumer les erreurs des banques et des amis de Zoellick. Ainsi, nous pouvons transformer leur «cupidité» en une opportunité pour nous. Le plus important est de faire preuve de sagesse et de prendre les bonnes décisions.
Nous avons de bonnes raisons d’être optimistes. Nous lirons ces raisons sur le visage de Abdallah Ben Abdel Aziz ce soir, passant en revue des projets de plusieurs milliards, des milliards bien réels à une époque où se sont évaporés des trillions de dollars, des réels et des fictifs.
Nous avons de bonnes raisons d’être optimistes. Nous lirons ces raisons sur le visage de Abdallah Ben Abdel Aziz ce soir, passant en revue des projets de plusieurs milliards, des milliards bien réels à une époque où se sont évaporés des trillions de dollars, des réels et des fictifs.
Nous espérons retrouver, grâce à son optimisme, notre confiance dans nos marchés et dans nos capacités.
Nous sommes capables de surmonter la crise et d’en faire une opportunité, même si nous faisons partie de ce monde et que nous sommes affectés par ce qui l’affecte.
http://www.alwatan.com.sa/news/writerdetail.asp?issueno=2934&id=7734&Rname=51
لِنَسْتَعِد الثقة في اقتصادنا وسوقنا من وقفة عبدالله بن عبدالعزيز الليلة
جمال أحمد خاشقجي
بينما تتبخر الأموال من أسواق العالم ومعها سوقنا، يرعى ملك البلاد الليلة معرضا يعلن عن جملة من المشاريع الاقتصادية والعمرانية الكفيلة بتغيير وجه العاصمة المقدسة، وجدة، ومعهما الساحل الغربي للمملكة، تكلف مليارات الدولارات .
http://www.alwatan.com.sa/news/writerdetail.asp?issueno=2934&id=7734&Rname=51
لِنَسْتَعِد الثقة في اقتصادنا وسوقنا من وقفة عبدالله بن عبدالعزيز الليلة
جمال أحمد خاشقجي
بينما تتبخر الأموال من أسواق العالم ومعها سوقنا، يرعى ملك البلاد الليلة معرضا يعلن عن جملة من المشاريع الاقتصادية والعمرانية الكفيلة بتغيير وجه العاصمة المقدسة، وجدة، ومعهما الساحل الغربي للمملكة، تكلف مليارات الدولارات .
فكيف نوازن بين تطلعات هذا الملك المتفائل الواثق بقدرات أبنائه ووطنه، وهذا السوق المتشائم المكتئب سريع التسليم للخسارة؟هذه هي القضية التي ينبغي أن نعمل جميعا من أجلها، رجال إعلام واقتصاد وخبراء مال وأعمال ودولة، وهي إنقاذ الرؤية المستقبلية للمملكة التي رسم خطوطها الملك الوالد عبدالله بن عبدالعزيز، ويريد أن يطمئن ألا تضيع ثروات المملكة الهائلة، والفرصة التاريخية السانحة على شعبه بدون أن يضع لنا وللأجيال القادمة قاعدة صلبة تحملنا إلى العالم الأول.
العالم الأول اليوم مشغول بهمه، وهمه ليس بالضرورة همنا بالكامل، وإن شاركناه ما صنعت يداه، ففي زمن الأزمات تغلب الأنانية وإيثار الذات، وليس في ذلك عيب أن تقدم مصلحة الوطن على غيره.
العالم الأول سينشغل بحل مشاكله، ورغم بؤس الصورة فإنه قادر على ذلك، سيدعس بعض الضعفاء ولكن الرأسمالية تتميز بقدرتها الإبداعية على تفتيق حلول لمشاكلها، ولديها قدر من "الشحوم الزائدة " التي تستطيع أن تستهلكها في زمن العسرة، بل يكون الحل في استهلاكها، وهي ميزة تفتقدها الدول النامية التي تتحول فيها الأزمات الاقتصادية إلى سياسية وأمنية.
نحن في وضع مميز، نمتلك مثلهم قدرا من "الشحوم الزائدة" التي يجب أن نوزعها الآن إلى مواقع إنتاجية أفضل، يضاف إليها أمن واستقرار، لا يعكره غير أننا في جيرة لا نملك ضمان استقرارها، فنحتاج إلى إشاعة، أولا،قدر من الثقة في الدولة، ثم السوق. فوسط كل هذه الأزمات هناك أخبار طيبة تناسب الحالة السعودية، فنحن وسط نهضة تحتاج إلى إنفاق واسع على البنية التحتية، وأولى نتائج الأزمة هي حالة" انكماش" في الأسعار تقضي على التضخم الذي آلمنا العام الماضي.
لقد بدأت أسعار المواد التي نحتاجها في مشروعنا التنموي، من حديد وأسمنت ومواد غذائية رئيسية بالتراجع، وسينعكس ذلك إيجابا على دخول الأفراد، مع قدرة هائلة لدى الدولة على الدفع لتوفر سيولة عالية لديها، وقدرة لدى البنوك للإقراض فهي الأخرى لا تعاني من سيولة على عكس البنوك الأوروبية والأمريكية، وهاتان القدرتان فرصتان تحتاجان إلى القرار الصحيح والمراقب الأمين.
يجب أن نقتنع أن الحالة البائسة التي يبدو عليها سوق المال لدينا لا تعبر عن قوة الاقتصاد السعودي، تكفي الأرقام التي ننشرها اليوم في "الوطن" في القسم الاقتصادي للدلالة على ذلك والتي نشرح بها لماذا فكر البنك الدولي في ضم المملكة إلى مجموعة القوى الاقتصادية الـ14 التي يفكر بها كبديل لمجموعة السبع التي سيطرت على قرار العالم لأكثر من عقد من الزمان.كل ما نحتاجه هو أفكار جريئة، كاقتراح تعليق التعامل في السوق والذي يجب أن يكون سريعا وننشر في شأنه تحليلا مطولا كتبه لـ"الوطن" المستشار الاقتصادي حسان ياسين والذي يعرف بلاده جيدا كما يعرف العالم واقتصادياته أيضا.
أتوقع أن يكون الرد السعودي على دعوة رئيس البنك الدولي الأمريكي القادم من لدن اليمين المحافظ روبرت زوليك، باردا متأنيا، فلا داعي للاحتفال رغم اعتراف البنك وزوليك بالقدرة الاقتصادية السعودية والتي يجب أن يقتنع بها أيضا من يبيع أسهمه اليوم بتراب الفلوس أولا .
فزوليك من أولئك الذين تعد أصابعك بعد مصافحتهم، وهو ليس ممن يحب بلدا كالمملكة أو الصين ليرحب بهما في عالمه، ولكنه واقعي ولعله يفكر فيمن يساهم في رفع بعض من وزر الديون المتراكمة على اقتصاده الرأسمالي العتيد. بالتأكيد نريد أن يكون لنا دور في حل الأزمة الجارية أكبر من تحمل وزر أخطاء البنوك وأصدقاء زوليك، ونستطيع بالتالي أن نحول "طمعهم" إلى فرصة لنا .فالمهم هو الحكمة والقرار الصحيح.
أسباب التفاؤل كثيرة، سنراها الليلة في وجه عبدالله بن عبدالعزيز وهو يستعرض مشاريع تكلف المليارات الحقيقية في زمن تبخرت فيه تريليونات الدولارات الحقيقية والوهمية، والمؤمل أن نستعيد من تفاؤله تفاؤلنا بسوقنا وقدراتنا وأننا وإن كنا جزءا من العالم نتأثر بما يتأثر به، إلا أننا قادرون على تجاوز الأزمة وتحويلها إلى فرصة.
***
Le même jour, Madawi AL-RASHEED, professeur d'anthropologie sociale au King's College de Londres, spécialiste de l'Arabie saoudite, écrivait dans Al-Quds Al-Arabi, le quotidien édité en arabe à Londres:
Inauguration de projets: un rituel politique en Arabie
Par Madawi AL-RASHEED
Traduit par Widad ZEDDANI – Relu par Habib TRABELSI
Il ne se passe pas de jour sans qu’un responsable saoudien n’inaugure un salon, une usine, une ville industrielle, une œuvre caritative, un établissement scolaire ou un festival culturel.
La foule s’attroupe devant les caméras qui immortalisent les souvenirs. On sort les ciseaux.
Le même jour, Madawi AL-RASHEED, professeur d'anthropologie sociale au King's College de Londres, spécialiste de l'Arabie saoudite, écrivait dans Al-Quds Al-Arabi, le quotidien édité en arabe à Londres:
Inauguration de projets: un rituel politique en Arabie
Par Madawi AL-RASHEED
Traduit par Widad ZEDDANI – Relu par Habib TRABELSI
Il ne se passe pas de jour sans qu’un responsable saoudien n’inaugure un salon, une usine, une ville industrielle, une œuvre caritative, un établissement scolaire ou un festival culturel.
La foule s’attroupe devant les caméras qui immortalisent les souvenirs. On sort les ciseaux.
Les journalistes rivalisent dans la couverture de l’événement pour saluer les efforts considérables déployés et les sommes colossales investies dans ces projets de développement et de croissance afin de réaliser le bond en avant tant attendu par le peuple.
La cérémonie s’achève, la foule se disperse, admirative, récitant des louanges et remerciant Dieu pour sa bénédiction.
Le rituel de l’inauguration des projets n’est plus qu’une routine ennuyeuse. Il ne se limite plus à l’aspect commémoratif et festif. Il fait désormais partie intégrante d’une politique visant sciemment à consacrer l’idée d’un régime paternaliste généreux, face à un peuple satisfait et serein, un peuple dont la conscience ne s’encombre pas du concept de “droit”.
Le rituel de l’inauguration fait apparaître le pouvoir comme le «père tendre» et non plus comme le politique qui exige obéissance et soumission.
Les autorités saoudiennes ont pu développer cet «art de l’inauguration» pour en faire l’acte politique par excellence dans l’exercice du pouvoir.
Faute de base populaire ou de représentation politique reposant sur les institutions participatives et la représentation populaire, tout pouvoir politique s’appuie sur deux forces essentielles:
La première réside dans la répression par le biais de défilés militaires et de sécurité, chargés d’un message implicite destiné à la consommation interne et externe sur la capacité du régime de faire face à tout danger menaçant sa sécurité et son autorité.
La seconde réside dans «la démonstration de force économique», par le biais des inaugurations de projets de développement.
Les défilés militaires et les démonstrations de force économiques exigent des rituels, minutieusement préparés à l’avance, pour faire passer le message.
Plus le peuple s’interroge sur le rôle de l’Etat et sur ses projets de développement, plus l’Etat multiplie les rituels afin de faire taire les critiques et de mettre fin aux interrogations.
Le «rituel de l’inauguration» se base alors non seulement sur des propos élogieux mais aussi sur des actes filmés et télévisés.
Ainsi le pouvoir n’a plus à faire face aux interrogations ou au doute quant au sérieux de ses actions et de sa vision de l’avenir, et le peuple se voit imposer le silence, mais pas pour longtemps.
Si le pouvoir permet un tant soit peu de liberté à un large public pour débattre des projets et de les évaluer, il devra ouvrir la voie à de nombreux observateurs pour donner leur avis et pas seulement pour faire des éloges, mais pour une évaluation sérieuse.
Le pouvoir politique saoudien se croit en mesure d’opérer une sorte de «géométrie sociale», susceptible de propulser une société tiers-mondiste au rang des pays développés. C’est cette même vision qui a amené un haut responsable dans la région de La Mecque à choisir comme slogan «vers le premier Monde» dans le cadre des soi-disant «grands projets de développement de La Mecque». Afin que ce slogan ait un sens, il faudrait que cette exposition soit inaugurée sous l’égide de hauts responsables, y compris celui qui est au sommet de l’Etat. (ndlr : le roi Abdallah). L’exposition s’étalera sur trois mois et présentera 14 projets géants, selon un journal saoudien local.
Ici le slogan prend corps avec le rituel afin de transformer la conscience du citoyen: il passerait de celui qui doute en la capacité de l’Etat à changer sa réalité économique, son environnement pollué et sa monnaie en constante perte de sa valeur du fait de l’inflation, à celui qui attend le miracle. Le rituel permet ce changement car il est fondé sur une promesse d’avenir et une attente plus ou moins longue pouvant aller de plusieurs jours à plusieurs années.
Malgré l’échec des précédents projets de croissance (à l’instar des villes industrielles inaugurées dans les années 70 et 80) à résoudre des problèmes comme le chômage croissant, le pouvoir persiste à demander au peuple de croire au sérieux des projets actuels, même s’ils semblent plus ambitieux que les précédents.
Si l’Arabie Saoudite n’a pas pu être propulsée au rang des pays développés, les projets actuels vont lui permettre d’effectuer ce bond acrobatique, à en croire le texte officiel des «rituels de l’inauguration de l’exposition». Il faudrait donc absolument que le citoyen demeure optimiste pour en récolter les fruits.
Cependant, toute initiative en matière de croissance économique et des rituels y afférents, présente la problématique du pouvoir central et son rôle dans le développement.
La révolution pétrolière a fait de l’Etat Saoudien une pièce maîtresse sur l’échiquier de la croissance et cela pendant longtemps.
Seulement, après la crise économique des années 80 et 90, l’Etat s’est tourné vers le secteur privé et l’ouverture économique et a fait appel aux investissements étrangers afin de réduire sa dépendance vis-à-vis de ses ressources pétrolières du fait de l’instabilité des cours du brut sur le marché international.
Malgré l’ouverture de l’économie saoudienne à d’autres secteurs, le pétrole demeure la source principale de sa richesse, et la dépendance de l’Etat vis-à-vis de la main-d’œuvre étrangère augmente en dépit des slogans creux sur la «saoudisation» (des emplois).
Le développement du secteur de l’enseignement n’a pas encore permis d’améliorer les conditions de vie de la société où on compte des foyers de pauvreté avec des laissés-pour-compte autant dans les grandes villes que dans les régions isolées.
Sur cette toile de fond s’est projetée l’image archétypique de la société saoudienne, notamment les jeunes. D’aucuns les ont qualifiés de fainéants, de nonchalants, de dépendants, de parasites et de gâtés qui n’acceptent que d’être à la tête d’une entreprise. On oublie alors les milliers de citoyens qui exercent des petites professions comme coiffeur, balayeur, marchand de légumes ou de friperies, ou courtier administratif qui doit faire la navette entre des institutions gouvernementales usées par la bureaucratie, le clientélisme et la corruption.
Cette vérité amère s’évapore avec les artifices des inaugurations de projets de développement. Cette vérité est gommée du discours officiel qui se contente de reconnaître de temps en temps l’existence de poches de pauvreté et de misère. Il reconnaît en même temps son échec cuisant dans l’établissement d’une base économique permettant de passer dans la catégorie du «Premier Monde»
Les projets de développement actuels et passés ont confirmé l’abîme profond qui s’est creusé entre les classes de la société saoudienne à cause de développements politiques et économiques et une croissance qui a offert des occasions en or à une minorité de privilégiés liés à l’Etat, tout en marginalisant la majorité écrasante des citoyens dont le pouvoir d’achat et l’ambition se sont rétrécis comme une peau de chagrin, dans un des pays les plus riches du monde.
Cette division des classes n’est pas le lot naturel de l’Arabie Saoudite ou une fatalité qui ne peut être éliminée ou rectifiée. C’est une conséquence des choix de développement erronés et d’une mauvaise répartition des richesses, de l’accaparement de celles-ci par des cercles du pouvoir ou liés d’une manière ou d’une autre au pouvoir.
Evidemment, tous les pays du monde connaissent des disparités économiques mais l’Arabie Saoudite se distingue par le fait que l’Etat en est responsable au premier degré et ne fait rien pour réduire les disparités entre les catégories sociales.
Si nous espérons rejoindre les pays du premier rang, où l’Etat œuvre à réduire la différence entre les classes, nous devrions procéder à une évaluation des projets de notre pays. Nous ne rejoindrons les premiers rangs que si le fossé entre les classes sociales se réduit et si nous trouvons le mécanisme pour résoudre les problèmes de la société.
Quels que soient les projets de développement et les «rituels des inaugurations», une société ne peut pas se relever tant que son économie ne prend en compte que les ambitions de la minorité riche parmi les hommes d’affaires et les princes et délaisse la majorité des laissés-pour-compte.
Les «rituels des inaugurations de projets » deviennent un artifice médiatique et un paravent utilisé par l’Etat qui a lui-même contribué, par sa mauvaise gestion et son monopole du pouvoir, à l’effondrement des valeurs de la société.
Cette société s’est perdue dans les labyrinthes de la consommation, dans les abîmes du crime, les méandres de la délinquance et la fuite de la réalité par les stupéfiants.
La drogue elle-même est devenue un moyen essentiel pour l’Etat pour faire étalage de ses muscles. Il ne se passe pas de jour sans que «les parties compétentes» n’annoncent la saisie de tonnes de pilules hallucinogènes mortelles.
La multiplication des «rituels des expositions» ne permettra pas au pouvoir de se disculper et d’assumer la responsabilité d’avoir monopolisé le pouvoir, dilapidé les richesses et contribué à l’élargissement du fossé entre les diverses catégories sociales.
السعودية: طقوس تدشين المشاريع
بقلم: الدكتورة مضاوي الرشيد
كاتبة وأكاديمية من الجزيرة العربية
لا يمر يوم واحد دون ان يفتتح هذا المسؤول او ذاك معرضا او مصنعا او مدينة صناعية او عملا خيريا او مؤسسة تعليمية او مهرجانا ثقافيا فتستعرض المقصات الحادة وتحتشد الجماهير امام عدسات الكاميرات تلتقط الصور التذكارية وتتسابق الاقلام لتنقل الحدث مشيدة بالجهد الجبار والاموال الطائلة التي تصرف على هذه المشاريع التي تكرس النقلة النوعية التي يتوقعها الجمهور. وجميعها تمثل رؤية مستقبلية لعملية التطور والتنمية.
وتنتهي المهرجانات ويتصرف الجمهور مبتهلا ومرددا الدعاء والشكر والحمد على النعمة والبركة. لقد تحولت طقوس تدشين المشاريع الى روتين ممل تجاوز حدود الاحتفال والابتهاج واصبح اليوم جزءا لا يتجزأ من العملية السياسية الهادفة الى تكريس قناع جديد للسلطة تختبئ وراءه ومن خلاله تستطيع ان تنشر على جمهورها فكرة السلطة الابوية المعطاء فتضمن بذلك الشعور بالرضا والطمأنينة وتنزع من وعي جمهورها فكرة الحقوق. تظهر طقوس التدشين السلطة بمظهر الاب الحنون وليس السياسي الذي يطلب من جمهوره السمع والطاعة والخنوع. استطاعت القيادة السعودية ان تطور وتوسع فنون التدشين لتصبح عملية اساسية في ممارسة السياسة.
وتحتاج اي سلطة سياسية لا ترتكز على قاعدة شعبية واسعة او تمثيل سياسي مبني على مؤسسات المشاركة والتمثيل الشعبي الى ذراعين اساسيين اولهما استعراض القوة القمعية للدولة والتي تتضمن المهرجانات العسكرية والامنية والتي هي بدورها ترسل رسالة مهمة للرعية الداخلية والعالم الخارجي انها تملك من قوات الردع ما تملك وبذلك تفعل دور الدولة كدولة قوية قادرة على التصدي لاي خطر يهدد امنها وسلطتها. وثانيا استعراض القوة الاقتصادية من خلال تدشين مشاريع التنمية والتطور. وتحتاج الاستعراضات العسكرية والاقتصادية الى طقوس مدبرة مسبقا ومخطط لها بحكمة تتبع خطوات معروفة حتى تستطيع ان توصل الرسالة المطلوبة. وكلما كثرت التساؤلات حول دور الدولة ورؤيتها التنموية كلما تعددت الطقوس وتكاثرت وكأنها بذلك محاولة لاسكات النقد او التساؤل. يصبح عندها طقس التدشين نصا مبنيا ليس على كلمات الاطراء والمديح بل على الفعل المصور والمتلفز. يحاول الطقس المستعرض للجمهور ان ينتشل السلطة من عملية التساؤل او التشكيك في جدية اعمالها ورؤيتها المستقبلية وينتزع من الجمهور الصمت المؤقت. ولو سمحت السلطة السياسية بمجال ضيق للحرية من اجل مناقشة المشاريع وتقييمها من قبل جمهور واسع لفتحت بذلك الباب على مصراعيه للكثير من المشاهدين لان يعطوا رأيهم وليس فقط للثناء والاطراء والمديح بل لعملية تقييم جدية.
تعتقد السلطة السياسية السعودية انها قادرة على القيام بعملية هندسة اجتماعية تنقل المجتمع من مرتبة العالم الثالث الى مرتبة العالم الاول. وقد تبلورت هذه الرؤية في شعار جديد ردده احد المسؤولين الكبار في منطقة مكة المكرمة. حملت امارة هذه المنطقة شعارا جديدا 'نحو العالم الاول' في اطار ما يسمى معرض المشاريع الكبرى. ومن اجل تفعيل الشعار لا بد ان يكون هناك معرض يدشن ويفتتح برعاية كبار المسؤولين بمن فيهم رأس الدولة. ويستمر المعرض لمدة ثلاثة اشهر لعرض 14 مشروعا عملاقا حسب صحيفة سعودية محلية. هنا يلتحم الشعار مع طقس التدشين ليغير وعي المواطن من وعي مشكك في قدرة السلطة على تغيير واقعه الاقتصادي وبيئته المتلوثة ودراهمه الفاقدة لقيمتها الشرائية بسبب التضخم المرتفع الى وعي مضلل مترقب أن يأتيه الفرج بعملية اشبه ما تكون بالمعجزة. يساعد طقس التدشين على تثبيت هذه النقلة لأنه يعتمد على وعد مستقبلي ومرحلة انتظار قد تطول او تقصر الاّ انها تبقى في طيات الايام والسنوات المقبلة. ورغم فشل مشروعات تنموية سابقة في التعاطي مع مشاكل استيعاب البطالة المتزايدة ومحدودية قدرة المدن الصناعية التي تم تدشينها في السبعينات والثمانينات تطلب السلطة من جمهورها أن يؤمن بجدية المشروعات الحالية والتي تبدو اكثر طموحاً وبهرجة من سابقاتها. وان لم تنتقل السعودية الى مرتبة العالم الأول سابقاً الاّ ان المعارض الحالية ستكفل هذه القفزة البهلوانية حسب النص الرسمي لطقوس تدشين المعارض. هنا لا بد للمواطن أن يتفاءل بالخير حتى يجده.
ولكن تطرح مبادرات التنمية الاقتصادية والطقوس المرتبطة بها معضلة الدولة المركزية ودورها في التنمية. استطاعت الثروة النفطية أن تجعل الدولة السعودية العنصر الأول في عملية التنمية لفترة طويلة. ولكن بعد الضائقة الاقتصادية خلال فترة الثمانينات والتسعينات توجهت الدولة الى اشراك القطاع الخاص والانفتاح الاقتصادي وجلب الاستثمارات الخارجية في محاولة لتقليص الاعتماد على مواردها والتي هي متقلبة حسب تقلبات أسعار النفط العالمية. ورغم توسع الاقتصاد السعودي الا ان النفط العالمية بقي المصدر الرئيسي للثروة والاعتماد على العمالة الأجنبية ازداد رغم شعارات السعودة التي طرحت سابقاً. ورغم الانجازات في مجال التعليم لم يستطع الاقتصاد السعودي ان يوفر فرصاً للعمل أو نقلة نوعية للمجتمع بقي هناك الكثير من المهمشين في جيوب الفقر التي استقرت في المدن الكبيرة وانتشرت في المناطق النائية. وعلى هذه الخلفية ظهرت الصور النمطية للمجتمع السعودي وخاصة شبابه، منهم من وصفه بالكسل والخمول ومنهم من اعتقد انه إتكالي متخاذل أو مرفه مدلل لا يقبل الا ان يكون على رأس شركة أو مؤسسة. يتناسى هؤلاء الآلاف من المواطنين الذين يعملون في مهن وضيعة كالحلاقة والكنس وبيع الخضار والملابس البالية وعمليات التعقيب التي تحتاج الى التردد على مؤسسات حكومية انهكتها البيروقراطية والوساطة والمحسوبية والفساد الاداري. تتلاشى هذه الحقيقة المرة أمام بهرجة تدشين معارض مشاريع التنمية بل انها تختفي من الخطاب الرسمي والذي يكتفي بالاعتراف ببؤر الفقر والعدم بين الحين والحين وهو بذلك يقر بفشله الذريع في تثبيت الخلفية الاقتصادية الصلبة التي تضمن النقلة الى مرتبة العالم الأول.
استطاعت مشاريع التنمية السابقة والحالية ان تقر حقيقة واحدة لا يمكن انكارها. تحت ظل الدولة وبمساعدتها استطاعت السعودية ان تنغمس في متاهات طبقية اجتماعية حادة. لقد توسعت الفجوة بين الغني والفقير الى درجة خيالية نتيجة تطورات سياسية واقتصادية وعملية تنمية خلفت فرصا خيالية لاقلية صغيرة مرتبطة بالدولة وهمشت اكثرية ساحقة تقلصت قدرتها الشرائية وطموحاتها في ظل دولة من اغنى دول العالم. هذه الطبقية ليست قدر السعودية الطبيعي الذي لا يمكن تجاوزه او تصحيحه بل هي افراز من افرازات التنمية الخاطئة وسوء توزيع الثروة واحتكارها من قبل حلقات داخل الدولة او مرتبطة بها بشكل او بآخر. بالطبع لا يوجد مجتمع في العالم ليس فيه تمايز اقتصادي ولكن ان كانت للسعودية خصوصية ما فهي ناتجة عن تدخل الدولة كعامل لا يحد من الطبقية بل هو مسؤول عنها بالدرجة الاولى. ان كنا نطمع ان نصبح في عداد العالم الاول حيث تساهم الدولة في تخفيف حدة الطبقية يجب علينا ان نقيم مشاريع دولتنا التي تساهم في تكريسها لتصبح قدرنا في الماضي والحاضر. لن ندخل في عداد الدول الاولى الا اذا تقلصت الفجوة بين الطبقات الاجتماعية ووجدت الآلية للتعاطي مع مشاكلها وتداعياتها.
لن ينهض مجتمع مهما كثرت مشاريعه التنموية وطقوس تدشينها طالما ان اقتصاده يتعاطى مع طموحات الاقلية الغنية من رجال اعمال وامراء ويتناسى الاكثرية المسحوقة والمغلوبة على امرها. طقوس تدشين المعارض تتحول الى بهرجة اعلامية وقناع تتخفى خلفه السلطة حتى لا تكشف وجهها الحقيقي الذي ساهم من خلال سوء التخطيط والاحتكار بقلب معايير المجتمع وتشويه سلوكياته وزجه في متاهات الاستهلاك وسراديب الجريمة والانحراف وعمليات الهروب من الواقع عن طريق المخدرات التي هي ايضا اصبحت محورا هاما في استعراض الدولة لعضلاتها حيث لا يمر يوم دون ان تعلن الجهات المسؤولة مصادرتها لاطنان من الحبوب القاتلة.
ومهما تزايدت طقوس تدشين المعارض لن تستطيع الدولة ان تتملص من مسؤوليتها كمحتكرة للثروة ومبذرة لها ومساهمة في تعميق الفجوة بين فئات المجتمع المختلفة.
http://www.watan.com/index.php/200810144947/2008-10-14-22-40-20.html
لا يمر يوم واحد دون ان يفتتح هذا المسؤول او ذاك معرضا او مصنعا او مدينة صناعية او عملا خيريا او مؤسسة تعليمية او مهرجانا ثقافيا فتستعرض المقصات الحادة وتحتشد الجماهير امام عدسات الكاميرات تلتقط الصور التذكارية وتتسابق الاقلام لتنقل الحدث مشيدة بالجهد الجبار والاموال الطائلة التي تصرف على هذه المشاريع التي تكرس النقلة النوعية التي يتوقعها الجمهور. وجميعها تمثل رؤية مستقبلية لعملية التطور والتنمية.
وتنتهي المهرجانات ويتصرف الجمهور مبتهلا ومرددا الدعاء والشكر والحمد على النعمة والبركة. لقد تحولت طقوس تدشين المشاريع الى روتين ممل تجاوز حدود الاحتفال والابتهاج واصبح اليوم جزءا لا يتجزأ من العملية السياسية الهادفة الى تكريس قناع جديد للسلطة تختبئ وراءه ومن خلاله تستطيع ان تنشر على جمهورها فكرة السلطة الابوية المعطاء فتضمن بذلك الشعور بالرضا والطمأنينة وتنزع من وعي جمهورها فكرة الحقوق. تظهر طقوس التدشين السلطة بمظهر الاب الحنون وليس السياسي الذي يطلب من جمهوره السمع والطاعة والخنوع. استطاعت القيادة السعودية ان تطور وتوسع فنون التدشين لتصبح عملية اساسية في ممارسة السياسة.
وتحتاج اي سلطة سياسية لا ترتكز على قاعدة شعبية واسعة او تمثيل سياسي مبني على مؤسسات المشاركة والتمثيل الشعبي الى ذراعين اساسيين اولهما استعراض القوة القمعية للدولة والتي تتضمن المهرجانات العسكرية والامنية والتي هي بدورها ترسل رسالة مهمة للرعية الداخلية والعالم الخارجي انها تملك من قوات الردع ما تملك وبذلك تفعل دور الدولة كدولة قوية قادرة على التصدي لاي خطر يهدد امنها وسلطتها. وثانيا استعراض القوة الاقتصادية من خلال تدشين مشاريع التنمية والتطور. وتحتاج الاستعراضات العسكرية والاقتصادية الى طقوس مدبرة مسبقا ومخطط لها بحكمة تتبع خطوات معروفة حتى تستطيع ان توصل الرسالة المطلوبة. وكلما كثرت التساؤلات حول دور الدولة ورؤيتها التنموية كلما تعددت الطقوس وتكاثرت وكأنها بذلك محاولة لاسكات النقد او التساؤل. يصبح عندها طقس التدشين نصا مبنيا ليس على كلمات الاطراء والمديح بل على الفعل المصور والمتلفز. يحاول الطقس المستعرض للجمهور ان ينتشل السلطة من عملية التساؤل او التشكيك في جدية اعمالها ورؤيتها المستقبلية وينتزع من الجمهور الصمت المؤقت. ولو سمحت السلطة السياسية بمجال ضيق للحرية من اجل مناقشة المشاريع وتقييمها من قبل جمهور واسع لفتحت بذلك الباب على مصراعيه للكثير من المشاهدين لان يعطوا رأيهم وليس فقط للثناء والاطراء والمديح بل لعملية تقييم جدية.
تعتقد السلطة السياسية السعودية انها قادرة على القيام بعملية هندسة اجتماعية تنقل المجتمع من مرتبة العالم الثالث الى مرتبة العالم الاول. وقد تبلورت هذه الرؤية في شعار جديد ردده احد المسؤولين الكبار في منطقة مكة المكرمة. حملت امارة هذه المنطقة شعارا جديدا 'نحو العالم الاول' في اطار ما يسمى معرض المشاريع الكبرى. ومن اجل تفعيل الشعار لا بد ان يكون هناك معرض يدشن ويفتتح برعاية كبار المسؤولين بمن فيهم رأس الدولة. ويستمر المعرض لمدة ثلاثة اشهر لعرض 14 مشروعا عملاقا حسب صحيفة سعودية محلية. هنا يلتحم الشعار مع طقس التدشين ليغير وعي المواطن من وعي مشكك في قدرة السلطة على تغيير واقعه الاقتصادي وبيئته المتلوثة ودراهمه الفاقدة لقيمتها الشرائية بسبب التضخم المرتفع الى وعي مضلل مترقب أن يأتيه الفرج بعملية اشبه ما تكون بالمعجزة. يساعد طقس التدشين على تثبيت هذه النقلة لأنه يعتمد على وعد مستقبلي ومرحلة انتظار قد تطول او تقصر الاّ انها تبقى في طيات الايام والسنوات المقبلة. ورغم فشل مشروعات تنموية سابقة في التعاطي مع مشاكل استيعاب البطالة المتزايدة ومحدودية قدرة المدن الصناعية التي تم تدشينها في السبعينات والثمانينات تطلب السلطة من جمهورها أن يؤمن بجدية المشروعات الحالية والتي تبدو اكثر طموحاً وبهرجة من سابقاتها. وان لم تنتقل السعودية الى مرتبة العالم الأول سابقاً الاّ ان المعارض الحالية ستكفل هذه القفزة البهلوانية حسب النص الرسمي لطقوس تدشين المعارض. هنا لا بد للمواطن أن يتفاءل بالخير حتى يجده.
ولكن تطرح مبادرات التنمية الاقتصادية والطقوس المرتبطة بها معضلة الدولة المركزية ودورها في التنمية. استطاعت الثروة النفطية أن تجعل الدولة السعودية العنصر الأول في عملية التنمية لفترة طويلة. ولكن بعد الضائقة الاقتصادية خلال فترة الثمانينات والتسعينات توجهت الدولة الى اشراك القطاع الخاص والانفتاح الاقتصادي وجلب الاستثمارات الخارجية في محاولة لتقليص الاعتماد على مواردها والتي هي متقلبة حسب تقلبات أسعار النفط العالمية. ورغم توسع الاقتصاد السعودي الا ان النفط العالمية بقي المصدر الرئيسي للثروة والاعتماد على العمالة الأجنبية ازداد رغم شعارات السعودة التي طرحت سابقاً. ورغم الانجازات في مجال التعليم لم يستطع الاقتصاد السعودي ان يوفر فرصاً للعمل أو نقلة نوعية للمجتمع بقي هناك الكثير من المهمشين في جيوب الفقر التي استقرت في المدن الكبيرة وانتشرت في المناطق النائية. وعلى هذه الخلفية ظهرت الصور النمطية للمجتمع السعودي وخاصة شبابه، منهم من وصفه بالكسل والخمول ومنهم من اعتقد انه إتكالي متخاذل أو مرفه مدلل لا يقبل الا ان يكون على رأس شركة أو مؤسسة. يتناسى هؤلاء الآلاف من المواطنين الذين يعملون في مهن وضيعة كالحلاقة والكنس وبيع الخضار والملابس البالية وعمليات التعقيب التي تحتاج الى التردد على مؤسسات حكومية انهكتها البيروقراطية والوساطة والمحسوبية والفساد الاداري. تتلاشى هذه الحقيقة المرة أمام بهرجة تدشين معارض مشاريع التنمية بل انها تختفي من الخطاب الرسمي والذي يكتفي بالاعتراف ببؤر الفقر والعدم بين الحين والحين وهو بذلك يقر بفشله الذريع في تثبيت الخلفية الاقتصادية الصلبة التي تضمن النقلة الى مرتبة العالم الأول.
استطاعت مشاريع التنمية السابقة والحالية ان تقر حقيقة واحدة لا يمكن انكارها. تحت ظل الدولة وبمساعدتها استطاعت السعودية ان تنغمس في متاهات طبقية اجتماعية حادة. لقد توسعت الفجوة بين الغني والفقير الى درجة خيالية نتيجة تطورات سياسية واقتصادية وعملية تنمية خلفت فرصا خيالية لاقلية صغيرة مرتبطة بالدولة وهمشت اكثرية ساحقة تقلصت قدرتها الشرائية وطموحاتها في ظل دولة من اغنى دول العالم. هذه الطبقية ليست قدر السعودية الطبيعي الذي لا يمكن تجاوزه او تصحيحه بل هي افراز من افرازات التنمية الخاطئة وسوء توزيع الثروة واحتكارها من قبل حلقات داخل الدولة او مرتبطة بها بشكل او بآخر. بالطبع لا يوجد مجتمع في العالم ليس فيه تمايز اقتصادي ولكن ان كانت للسعودية خصوصية ما فهي ناتجة عن تدخل الدولة كعامل لا يحد من الطبقية بل هو مسؤول عنها بالدرجة الاولى. ان كنا نطمع ان نصبح في عداد العالم الاول حيث تساهم الدولة في تخفيف حدة الطبقية يجب علينا ان نقيم مشاريع دولتنا التي تساهم في تكريسها لتصبح قدرنا في الماضي والحاضر. لن ندخل في عداد الدول الاولى الا اذا تقلصت الفجوة بين الطبقات الاجتماعية ووجدت الآلية للتعاطي مع مشاكلها وتداعياتها.
لن ينهض مجتمع مهما كثرت مشاريعه التنموية وطقوس تدشينها طالما ان اقتصاده يتعاطى مع طموحات الاقلية الغنية من رجال اعمال وامراء ويتناسى الاكثرية المسحوقة والمغلوبة على امرها. طقوس تدشين المعارض تتحول الى بهرجة اعلامية وقناع تتخفى خلفه السلطة حتى لا تكشف وجهها الحقيقي الذي ساهم من خلال سوء التخطيط والاحتكار بقلب معايير المجتمع وتشويه سلوكياته وزجه في متاهات الاستهلاك وسراديب الجريمة والانحراف وعمليات الهروب من الواقع عن طريق المخدرات التي هي ايضا اصبحت محورا هاما في استعراض الدولة لعضلاتها حيث لا يمر يوم دون ان تعلن الجهات المسؤولة مصادرتها لاطنان من الحبوب القاتلة.
ومهما تزايدت طقوس تدشين المعارض لن تستطيع الدولة ان تتملص من مسؤوليتها كمحتكرة للثروة ومبذرة لها ومساهمة في تعميق الفجوة بين فئات المجتمع المختلفة.
http://www.watan.com/index.php/200810144947/2008-10-14-22-40-20.html
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