Par Habib TRABELSI
Le Yémen a appelé vendredi les pays arabes riverains de la mer Rouge à «assumer leur responsabilité» pour enlever tout prétexte à une internationalisation de la sécurité dans cette voie maritime.
Cet appel intervient peu après la décision de l’Otan de renforcer son dispositif militaire dans l’Océan indien pour lutter contre la piraterie au large de la Somalie, en coordination avec l’Union Européenne (UE).
Dans une interview publiée vendredi (10 octobre) par le quotidien saoudien Al-Riyadh, le chef de la diplomatie yéménite Abou Bakr Al-Korbi a affirmé que les récents entretiens du président Ali Abdallah Saleh en Jordanie et en Egypte avaient porté sur les moyens pour les pays arabes bordant la mer Rouge d’«assumer leur responsabilité pour la sécurité et la stabilité de la mer Rouge et du Golfe d’Aden, sans s’appuyer sur des forces étrangères».
Le golfe d'Aden est une étroite bande d'eau longue de 885 km entre le Yémen et la Somalie. Il a été le théâtre, notamment depuis le début de l’année, de nombreux actes de piraterie.
«Certains Etats européens sont peut-être en train d’utiliser l’instabilité de la sécurité dans cette région comme prétexte pour intervenir et contrôler les entrées et les sorties de la mer», a déclaré M. Korbi.
«En tant que groupe arabe, toutes les affaires que nous ne réglons pas dans le cadre de notre action arabe commune sont exploitées par diverses parties (étrangères), et chacune selon ses propres intérêts dans la région», a ajouté le ministre.
Outre le Yémen, l’Egypte et la Jordanie, quatre autres bordent la mer Rouge: le Soudan, Djibouti, l'Erythrée, la Somalie, l'Arabie saoudite et Israël.
Interrogé par al-Riyadh sur la position de Ryad à ce sujet, M. Korbi a affirmé que «le royaume est favorable à une coopération des pays arabes riverains de la mer Rouge et a une responsabilité (ndlr: à assumer) dans la protection et la sécurité» de cette voie maritime d’environ 1977 km de long et d’une largeur maximale de quelque 300 km.
Le président yéménite s'était rendu début octobre en Jordanie et en Egypte, ainsi qu’en Arabie saoudite.
Plusieurs quotidiens arabes, dont des journaux yéménites, ainsi que des sites internet, ont vu dans cette tournée la préoccupation du Yémen sur ce qu'un responsable yéménite parlant sous le couvert de l'anonymat a qualifié de «plan américano-européen, initié dans le passé par Israël et rejeté par les Arabes, visant à internationaliser la mer Rouge».
Jeudi, les ministres de la Défense de l'Alliance atlantique ont décidé à Budapest de dépêcher des navires pour contribuer à la lutte contre la piraterie au large des côtes somaliennes et escorter les bateaux acheminant l'aide du Programme alimentaire mondial (PAM). Cette escorte est assumée notamment par le Canada jusqu'à fin octobre.
HT
Pour lire l'interview:
http://www.alriyadh.com/2008/10/10/article379906.html
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