24.10.08

Un juge sauve une adolescente des griffes d’un septuagénaire

Fait rare en Arabie saoudite, berceau du wahhabisme, une version rigoriste de l’islam: un juge dans la ville de Qatif (est) a annulé l’acte de mariage d’une adolescente de 14 printemps avec un septuagénaire, rapporte vendredi (24 octobre) le quotidien saoudien Al-Riyadh.

Le juge et président du tribunal, cheikh Saïd Al-Madlouh, a estimé que le contrat de mariage, conclu entre le père de l’adolescente et le vieil homme, était «nul et non avenu, étant donné l’absence d’un consentement du cœur chez la jeune fille», précise le journal.

L’adolescente, une élève en première année de l’enseignement intermédiaire, «se voit ainsi sauvée» par sa mère, une divorcée, qui avait introduit un recours en divorce avant consommation du mariage auprès du tribunal de Qatif, commente le journal.

«Après l’examen minutieux de l’affaire, il s’est avéré que la jeune fille avait été contrainte (de consentir au mariage) de peur d’être sévèrement maltraitée par son père. Pour éviter ce mariage forcé, elle a dû se refugier dans la maison de sa mère et demander son secours», a déclaré cheikh Madlouh, estimant que son jugement était «conforme à la charia et à la morale islamiques».

La recrudescence des mariages de préadolescents est de plus en plus dénoncée dans le royaume, notamment par des activistes des deux sexes et par l’association non gouvernementale chargée de la défense des droits de l’Homme dans le pays.

La ville de Qatif a été rendue tristement célèbre en 2006 et 2007 par l’affaire de «la fille de Qatif» qui avait provoqué un grand émoi dans le monde.

En 2006, cette jeune femme de 18 ans appartenant à la minorité chiite avait été enlevée en même temps que l’homme avec qui elle se trouvait dans une voiture par sept sunnites. Ils furent tous deux victimes d’un viol collectif.

La jeune femme avait été condamnée à 90 coups de fouet pour s'être trouvée dans une voiture en compagnie d'un homme n'appartenant pas à sa proche famille. Sa peine avait ensuite été alourdie à six mois de prison et 200 coups de fouet.

L'affaire avait suscité une vague d'indignation dans les pays occidentaux, notamment aux Etats-Unis, la Maison Blanche ayant alors énergiquement et publiquement souhaité que le jugement soit modifié en appel.

Et le roi Abdallah avait accordé sa grâce à la victime du viol collectif.

Lien:
http://www.alriyadh.com/2008/10/24/article382938.html

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