Par Habib TRABELSI
Des milliardaires saoudiens, inquiets pour leurs gros investissements aux Etats-Unis, suivent depuis une salle d’opérations vitrée donnant sur la mer Rouge les développements de la crise financière qui bat son plein depuis jours et réfléchissent aux moyens de freiner l’hémorragie.
Les richissimes hommes d’affaires, royalement installées dans un palais à Djeddah, sont en contact avec des experts financiers internationaux opérant notamment en Grande-Bretagne et en Suisse, pendant plusieurs heures entrecoupées de prières rituelles, rapporte mercredi (8 octobre) le quotidien saoudien Al-Madina.
Comment freiner l’hémorragie ?
Les nababs, qui ont «pour le moment» requis l’anonymat, se concertent sur les moyens de «compenser les pertes occasionnées à leurs investissements» colossaux aux Etats-Unis, précise le journal qui affirme avoir eu le privilège d’assister à trois rencontres de ces géants saoudiens de la finance.
Réfléchir tout haut, dans une ambiance romantique, au bruit des vagues qui viennent s’écraser sur l’enceinte du palais, est de nature à les aider à voir plus clair, pour éviter l’hémorragie de leurs placements, commente le journal.
«Réfléchir à haute voix avec l’aide d’experts sur des questions stratégiques et cruciales est le meilleur moyen de parvenir aux meilleures solutions», renchérit Abdel Mohsen Al-Mansour, un analyste financier saoudien interrogé par le journal.
Une société immobilière aux USA
Pour le moment, ces échanges ont dégagé quelques idées dont certaines pourraient être appliquées dans les prochains jours, selon le journal.
Ces milliardaires envisagent ainsi la possibilité de la création
d’une société immobilière aux Etats-Unis, qui profiterait de la stagnation du marché immobilier et compenserait leurs pertes en bourse.
Mais ce ne sont encore que de simples idées de grands experts internationaux, souligne encore Al-Madina.
L’ambiance prête tellement à la réflexion que l’un des participants a proposé de se réunir à bord de l’un des yachts luxueux mouillant dans la mer Rouge, «pour être plus près des vagues», ajoute le journal.
Le langage du «silence»
Outre la sérénité anxieuse des nababs, la presse saoudienne ne tarissait pas mercredi, pour le quatrième jour consécutif, d’interrogations d’éditorialistes et d’analystes économiques sur les raisons du mutisme quasi-total des autorités sur les pertes éventuelles occasionnées par la crise financière internationale aux investissements publics et privés saoudiens à l’étranger.
«Pourquoi nos institutions financières, comme l’Agence monétaire saoudienne (Banque centrale), le ministère des Finances ou la Bourse, observent-elles ce mutisme inquiétant ?», s’ interroge Machari al-Wahbi, un éditorialiste d’Al-Watan.
«Le monde entier s’interroge sur les répercussions de la crise (…). Mais pas un seul de nos ministres n’est sorti de son silence pour nous dire si on est concerné par ce qui se passe… Quelle est la situation de nos investissements à l’étranger ? Pourquoi cette peur de la transparence ?», se demande Rached Mohamed Al-Fawzane dans Al-Riyadh.
«Les calendes grecques … »
La presse continuait en même temps à publier des déclarations apaisantes de responsables de banques locales, à l’instar de celles faites le 17 septembre à la presse par le gouverneur de la banque centrale, Hamad ben Saoud Al-Sayari, affirmant que la crise financière n’avait pas eu de répercussions directes sur les banques saoudiennes et que l’état des investissements à l’étranger était «bon».
Néanmoins, le Conseil consultatif saoudien (Majless Al-Shoura) pourrait tenir «la semaine prochaine» une réunion, qui «pourrait être extraordinaire», pour «discuter de la crise la Bourse saoudienne qui a poursuivi mardi son effondrement», annonce mercredi Al-Riyadh.
La Bourse saoudienne, la première du monde arabe en termes de capitalisation, a plongé de près de 10%, enregistrant des pertes record en une seule journée depuis plusieurs années.
«Certains membres du Conseil sont tentés de proposer au gouvernement d’injecter des liquidités dans le marché boursier, à l’instar des certains pays européens et asiatiques », confie à Al-Riyadh Majdi Hariri, l’un des membres de cette instance qui n’a aucun pouvoir législatif.
HT
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