Par Habib TRABELSI
La Mecque, qui abrite la Grande Mosquée, premier lieu saint de l’islam, en Arabie saoudite, a été en 2007 le plus grand foyer de nouveau-nés abandonnés et a connu le plus grand nombre de nids de prostituées démantelés dans le royaume ultraconservateur, selon des statistiques officielles.
Selon des estimations de la Sûreté générale et du ministère des Affaires sociales, rapportées le 2 août par le quotidien saoudien , édité à Londres, Al-Hayat dans son édition locale, 280 nouveau-nés abandonnés par leurs géniteurs ont été trouvés en 2007 à travers le royaume.
Ces «bâtards» étaient, dans leur quasi-totalité, placés dans des cartons et déposés sur le parvis d’une mosquée pour être remarqués par les fidèles, selon le journal.
Sur les 280 nouveau-nés, 95, soit plus du tiers, ont été trouvés dans la région de La Mecque qui abrite, avec celle de Médine, le plus grand nombre des quelque 72.000 mosquées relevant du ministère des Affaires religieuses et des Waqfs (Biens religieux), sans compter les milliers de mosquées gérées par des particuliers.
Six bâtards par semaine à Médine
Citant une source sécuritaire, le journal précise que «chaque semaine, la police trouve en moyenne six bâtards dans la région de Médine», deuxième lieu saint de l’islam et qui abrite la Mosquée du Prophète Mahomet.
Citant des experts, le journal affirme que d’autres cas de nouveau-nés abandonnés n’avaient pas été enregistrés, pour avoir été pris en charge par des familles.
Chaque année, des candidats à l’immigration clandestine débarquent par milliers pendant la période du pèlerinage annuel à La Mecque qui accueille durant cette période plus de deux millions de fidèles.
Des prostituées à La Mecque
Selon la police et la «Commission pour la promotion de la vertu et la prévention du vice», ou police des mœurs, «488 nids de prostitution ont par ailleurs été découverts dans dix régions du royaume en 2007», La Mecque se réservant la part du lion.
Des Ethiopiennes, parmi celles entrées dans le pays pour accomplir le pèlerinage ou le petit pèlerinage (omra), figuraient à la tête du peloton, devançant nettement les prostituées d’autres nationalités, dont des Saoudiennes.
En juillet dernier, un rapport du ministère des Affaires sociales, cité par la presse, avait indiqué que «1.180 jeunes filles ont dévié du droit chemin et se sont adonnées à la drogue ou à la prostitution, en raison de l’effritement des liens familiaux et de la toxicomanie».
Selon la presse, ce sont surtout des raisons économiques et sociales, dont “le démantèlement de la cellule familiale, la violence familiale et la misère”, qui poussent les jeunes filles à la prostitution.
S’agissant du «phénomène des nouveau-nés abandonnés, Al-Hayat mentionne aussi «le mariage temporaire» en vogue grandissante dans certains pays arabes. Le géniteur disparaît dans la nature, laissant derrière lui le fruit de ce mariage conforme à la charia, et une femme désemparée. Ne sachant quoi faire de l’enfant, elle finit par s’en débarrasser.
Bon nombre de jeunes filles préfèrent avorter, rapporte Al-Hayat, qui parle d’«une expansion du commerce de l’avortement, tenu surtout par des médecins asiatiques qui facturent l’opération 500 riyals (133 USD) pour les nécessiteuses et dix fois plus pour les nanties».
Des trafiquants de tous poils ont souillé la terre pure !
Mais l’évocation par le journal de cette pratique sociale très ancienne et courante dans bon nombre de pays arabes, n’a pas laissé les lecteurs indifférents…. en raison précisément de l’importance de La Mecque et de la Kaaba (construction cubique située au centre de la Grande Mosquée) vers laquelle les musulmans de tous les temps se tournent cinq fois par jour pour prier.
L’un des lecteurs, «Al-Baghdadi» se dit «scandalisé par ces révélations». «Inimaginable, tout cela se passe sur le territoire des deux Haramaïn (La Mecque et Médine), alors que l’Arabie est réputée pour sa rigueur quant à l’application stricto sensu de la charia (loi islamique) !, s’étonne le lecteur, probablement un Irakien.
Un autre lecteur, qui a choisi pour pseudonyme «Irakien, défenseur fervent de l’islam», ne cache pas son «écœurement» contre l’Arabie saoudite, «la garante des deux premiers lieux saints de l’Islam et qui se veut leader du monde musulman».
«Comment l’enceinte du haram est abandonnée aux trafics en tout genre, au trafic d’êtres humains, au trafic de drogue, au vol, à l’homosexualité, à la prostitution et à la consommation d’alcool? C’est écœurant !! N’est-il pas étonnant de laisser se propager tant de souillure en terre pure ?», s’indigne-t-il.
Mais «Abid, des Emirats» lui rétorque que «le phénomène des enfants abandonnés n’est pas limité à la seule Arabie saoudite et n’a pas l’ampleur qu’on constate ailleurs».
«Pourquoi d’ailleurs évoquer ce sujet ?», s’interroge un lecteur d’Oman, qui va jusqu’à soupçonner l’auteur de l’article de «chercher à nuire à l’islam».
«Nous disons à tous les envieux et les détracteurs du pays des deux Haramaïn: Les chiens aboient, la caravane passe», renchérit «Omar».
HT
Lundi, 08 Septembre 2008
4.10.08
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