2.11.08

Los Angeles aurait échappé à un autre « 11/9 »

Par Habib TRABELSI

Quarante-huit heures avant le scrutin historique américain, un quotidien saoudien influent révèle que les services saoudiens de sécurité avaient fait échouer une attaque à l’aide d’un avion de ligne, planifiée par un Saoudien membre de la branche locale d’Al-Qaïda, contre Los Angeles.

«Le cerveau du plan criminel» est Ali ben Abderrahman Al-Faq’açi Al-Ghamdi (32 ans) qui s’était rendu aux autorités saoudiennes en 2003, rapporte dimanche (2 novembre) le journal Al-Watan, généralement bien informé sur les questions de sécurité nationale.

Ghamdi, qui a pour nom de guerre «Abou Bakr», s’était rendu aux autorités le 26 juin 2003, par l’intermédiaire du prédicateur saoudien Safar Al-Hawali, ajoute le journal qui ne précise pas la date exacte de l’attaque présumée.

Ghamdi était décrit par la presse locale comme «l’ingénieur des explosions de Ryad», en référence au triple attentat, le 12 mai 2003 contre des complexes résidentiels dans la capitale saoudienne (35 morts, dont neuf Américains et 12 kamikazes), les premiers de la longue série d’attaques meurtrières attribuées à l’ «Organisation d’Al-Qaïda dans la péninsule des Arabes», la branche locale de la mouvance terroriste.

Ghamdi, qui figurait parmi les 19 personnes les plus recherchées dans le royaume et rendue publique en mai 2003, est considéré par les services de renseignement américains comme «une mine d’informations» sur les éventuelles attaques planifiées par le réseau terroriste à l’aide d’avions de ligne.

Ghamdi est l’un des principaux membres présumés d’Al-Qaïda devant être jugés prochainement par un tribunal islamique, dont certains pour avoir perpétré «des explosions, des meurtres et des enlèvements à l’intérieur du territoire national», selon le ministre de l’Intérieur, le prince Nayef ben Abdel Aziz.

Conformément à la charia (loi islamique), appliquée strictement en Arabie saoudite, ces crimes sont passibles de la peine capitale.

Selon Al-Watan, «le plan criminel» qui visait Los Angeles devait être exécuté par «des membres de la minorité déviante (ndlr: Al-Qaïda dans la phraséologie saoudienne), dirigés par un Américain d’origine arabe.

Celui-ci avait été arrêté en 2003 et remis aux autorités américaines en février 2005 et avait été condamné à 30 ans de prison», a affirmé le journal dont le rédacteur en chef, Jamal Khashoggi, était le conseiller médiatique de l’ancien ambassadeur saoudien aux Etats-Unis, le prince Turki Al-Fayçal, de 2004 à 2007 et ex-responsable des services secrets saoudiens.

Les pirates de l’air présumés devaient embarquer d’un aéroport saoudien en partance pour un pays d’Amérique du sud, via un pays européen, d’où ils devaient se rendre vers un autre pays non précisé par le journal.

Ils devaient ensuite se rendre vers Los Angeles à bord d’un avion de ligne qu’ils feraient exploser à l’approche de l’aéroport de la ville américaine, «en souvenir des attentats du 11 septembre 2001», selon le journal.

Ces attentats ont été perpétrés contre les tours jumelles du World Trade Center, à New York, et le Pentagone, siège du ministère de la Défense des États-Unis, à Washington, à l'aide d'avions de ligne détournés par 19 kamikazes dont 15 Saoudiens.

Les «révélations» d’A-Watan interviennent environ 48 heures avant la fin de la course à la Maison Blanche et le coup d’envoi d’un scrutin qui pourrait être historique si Barack Obama remportait l'élection et devenir le premier président Afro-américain de l'histoire des Etats-Unis.

L’Arabie saoudite est un allié historique et un partenaire stratégique des Etats-Unis. Sa presse, qui reflète généralement les vues officielles, a dans son ensemble estimé que Barack Obama mieux placé que John McCain, en raison notamment des erreurs flagrantes commises par l’administration américaine actuelle.

Récemment, un éditorialiste du quotidien Al-Riyadh, Hachem Abdo Hachem, écrivait sous le titre: « Son Excellence, le Président Obama », qu’une défaite de McCain serait «la conséquence inéluctable des erreurs flagrantes commises par l’Administration américaine actuelle, devenue l’ennemi juré de nombreux Etats».

«Il semble que le monde entier est d’accord sur le fait qu’il ne faudrait pas pleurer les jours de (George W.) Bush et prie pour que ces jours, avec leur politique et leurs idées, ne se répètent plus», écrit dimanche l’éditorialiste d’al-Watan.

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