Par Habib TRABELSI
Le ministre saoudien du Commerce et de l’Industrie, Abdallah ben Ahmed Zinel, a désigné six hommes pour compléter le Conseil d’administration de la Chambre de commerce et d’industrie de Ryad, ignorant superbement les trois candidates écartées du scrutin, le premier auquel des Saoudiennes ont été autorisées à se présenter.
Parmi les six hommes nommés d’office figurent Khaled ben Mossaed Al-Seif et Ali ben Othman Al-Zaid, deux membres du Conseil sortant.
Deux autres sièges ont été octroyés à des candidats qui ont échoué aux dernières élections, au même titre que les candidates malheureuses, trois femmes d’affaires : Houda al-Jarissi, Amal Badreddine et Basma Qamcha.
Elles étaient en lice contre 37 concurrents déterminés à ne pas lésiner sur les moyens, surtout financiers, pour occuper les 12 sièges à pourvoir.
L’électorat était quasi-exclusivement masculin. Selon les résultats officiels, plus de 6.000 électeurs, sur les quelque 41.000 inscrits, avaient participé au vote. Cinquante-huit femmes seulement, sur les 2.600 inscrites, avaient voté.C‘est pourquoi, avant le scrutin, les trois candidates avaient confié au quotidien Al-Watan qu’elles partaient perdantes d’avance.
«Le ministère du Commerce et de l’Industrie ignore superbement les femmes », titre jeudi le quotidien saoudien al-Hayat, en soulignant que «la communauté des femmes d’affaires saoudiennes s’attendaient au moins à ce qu’une ou deux femmes soient désignée (s)».
Selon des sources proches de la Chambre, citées par Al-Hayat, la première réunion du nouveau Conseil est prévue pour «au milieu de la semaine prochaine». Elle sera consacrée essentiellement au choix du président du nouveau Conseil.
Selon ces sources, les deux concurrents sont le président sortant, Abdel Rahman Al-Jerissi, dont la liste aux dernières élections avait raflé dix des douze sièges à pourvoir, et Khaled Al-Chebili, un candidat «indépendant».
«Ceci augure d’une forte division au sein du futur Conseil d’administration», commente Al-Hayat. Cette instance a un mandat de quatre ans.
Les élections, entachées d’irrégularités, ont été vivement critiquées par plusieurs écrivains et journalistes saoudiens, certains y voyant «un grand pas en arrière» sur la voie de la démocratie balbutiante dans cette monarchie ultraconservatrice.Parmi «les irrégularités», ils ont dénoncé «les dépenses ridiculement disproportionnées par rapport à l’enjeu», «les promesses électorales mirobolantes», «les pots-de-vin et l’achat de voix flagrants», «le népotisme et le tribalisme».
Un journaliste d’«Al-Watan», Turki Al-Dekhil, a estimée que le scrutin était «des plus maudits».
«Le ministère aura-t-il l’audace de punir les candidats impliqués (dans l’achat des voix) et de rayer leurs noms de la liste des vainqueurs ?», s’était pour sa part interrogé Khaled Hamad Al-Sulaiman, son confrère de «Okaz».
20.11.08
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