Par Habib TRABELSI
L’affaire de Nathalie Morin, une Québécoise retenue par son époux saoudien depuis plus de trois ans en Arabie saoudite, était toujours dans l’impasse mardi (4 novembre) et la balle est désormais dans le camp de l'ambassade du Canada à Ryad.
Selon le porte-parole d’une ONG saoudienne, l’Association des droits de l’Homme, cité par la presse locale, le règlement de cette affaire dépendait désormais de l’ambassade canadienne à Ryad.
«Le problème demeure encore posé: l’épouse semble vouloir toujours quitter (le royaume), alors que le mari souhaite pouvoir rendre visite à ses enfants, au cas où il serait d’accord sur leur départ vers le Canada» en compagnie de leur mère, a déclaré M. Zuhair Al-Harthi, ajoutant que le règlement de cette affaire «dépend de la position de l’ambassade canadienne».
«Il s’agit de savoir si l’ambassade permettrait au mari, Saeed Al-Shahrani, de visiter ses enfants au Canada», a ajoutée M. Harthi, cité par plusieurs quotidiens saoudiens, dont Al-Riyadh.
«L’Association a déployé tous les efforts et mis tout le temps nécessaire pour aider au règlement de cette affaire, en coordination avec l’ambassade. Elle va suivre les développements de l’affaire et contribuer à une solution … si elle juge qu’une telle intervention aboutira à des résultats concrets», a ajouté le porte-parole, laissant entendre que l’affaire était toujours dans l’impasse.
Pour quitter l'Arabie Saoudite, Nathalie Morin, 24 ans, a besoin de l'autorisation écrite de son mari, qui avait toujours refusé de la laisser partir avec leurs deux fils.
En avril dernier, Johanne Durocher, la mère de Nathalie, avait affirmé que sa fille attendait un troisième enfant, contre son gré, et qu’il était urgent qu'elle rentre au Canada pour recevoir des soins médicaux.
Nathalie Morin avait rencontré Al-Shahrani en 2001 au Canada où il séjournait illégalement, avant d’être expulsé en 2002. Elle l’avait rejoint en Arabie Saoudite deux ans plus tard.Nathalie vit enfermée avec ses enfants dans une maison sommairement aménagée et son mari la frappait et la privait de sortie, avait affirmé Mme Durocher, lors d’une conférence de presse.
Ces déclarations avaient alors provoqué une levée de boucliers dans les medias saoudiens, certains journaux accusant Mme Durocher d’avoir mené «une campagne tendancieuse» contre le royaume.
«La Canadienne et belle-mère du Saoudien Shahrani, lance une nouvelle campagne télévisée (…), infestée d’informations erronées destinées à monter l’opinion publique» contre le royaume, écrivait ainsi en juillet le quotidien Al-Watan.
Plusieurs autres journaux avaient mis en exergue des déclarations de Shahrani affirmant notamment avoir décliné «deux offres alléchantes» de la part du consulat canadien à Ryad en contre partie de son accord pour le départ de Nathalie et de ses enfants, Samir (6 ans) et Abdallah (2 ans) .
«Le Saoudien Saeed Al-Shahrani a refusé deux offres alléchantes du consul canadien (…), en échange du départ de son épouse et de ses deux enfants», écrivait le 24 juillet le quotidien Al-Hayat.
«Je n’accepterais aucune offre matérielle canadienne contre la sortie de mes deux enfants d’Arabie saoudite, même si le Canada me versait tout son budget» annuel , avait déclaré Shahrani, cité par Al-Hayat.
La presse saoudienne avait alors indiqué que Shahrani vivait avec son épouse et ses enfants à Bicha (sud) l’une des villes les plus déshéritées du royaume pétrolier. Il gagnait 2.800 riyals (environ 700 US dollars) par mois.
Selon des informations publiées sur un site internet, Mme Morin avait même tenté de «mettre fin à sa vie misérable».
Des internautes en avaient alors profité pour critiquer le mariage de Saoudiens avec des étrangères, de plus en plus en vogue en raison notamment du coût élevé et de la dot et du nombre croissant de Saoudiens qui séjournent à l’étranger.
La charia (loi islamique, appliquée strictement en Arabie saoudite) interdit le mariage entre une Saoudienne et un-musulman, sauf si ce dernier se convertit à l’islam.
«Je suis plus que jamais convaincu que le mariage mixte, surtout avec des Occidentales, ne peut que tourner au drame, et les enfants en sont les principales victimes», écrivait «Fahd».
Le porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères, Rodney Moore, avait à l’époque expliqué à la presse que bien que le gouvernement canadien soit «préoccupé» par la situation de Mme Morin, il ne peut s'ingérer dans les affaires saoudiennes.
«L'Arabie Saoudite étant un pays souverain, toute entente entre Mme Morin et son époux devrait suivre les lois et les règlements saoudiens», avait-il alors déclaré.
4.11.08
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