30.11.08

Des Saoudiennes très rock jettent un pavé dans la mare wahhabite

Par Habib TRABELSI

Quatre étudiantes de l’université de Djeddah, fans de rock, viennent de faire entendre leur voix, volontairement en anglais, pour faire passer leur message au monde entier: elles ont lancé la première troupe musicale rock féminine en Arabie saoudite, une gageure dans un pays où le wahhabisme, une interprétation rigoureuse de l’islam, interdit à la musulmane d’exhiber sa voix et encore moins de l’enjoliver.

Un succès sans images

Le groupe --dont le nom, «The Accolade», est inspirée par la plus célèbre œuvre du peintre anglais Edmund Blair Leighton, illustrant une femme adoubant d’une épée un chevalier agenouillé à ses pieds – a mis sur sa page MySpace une première chanson, «Pinocchio”, allégoriquement emprunté au personnage de fiction du non moins célèbre écrivain italien Carlo Lorenzini.

«C’est une manière de dire que les Saoudiennes ne veulent plus être considérées comme des marionnettes», commente l’un des dizaines de milliers d’auditeurs de la chanson, sortie le 11 novembre, qui fait fureur dans le royaume et dans les quatre coins du monde: le tube, sans images, a déjà été déchargé plus de 73.000 fois en 18 jours.

«Félicitations ! Longue vie pour The Accolade ! J’espère qu’un jour, vous pourrez vous produire publiquement à travers le monde. La Colombie sera heureuse de vous accueillir», s’exclame Manuel, un Colombien.

«Vous êtes de braves guerrières. Vous êtes en train de faire la révolution par la musique. Vous avez le soutien du monde entier», renchérit un auditeur du Japon.
D’autres saluent ce «succès» depuis le Liban, l’Espagne, la Norvège, ou les Etats-Unis.

La police religieuse: le mutisme encore de rigueur

«Nous respectons notre patrie. Nous allons continuer notre musique sans entrer en conflit avec notre culture et nos traditions», souligne le groupe qui rêve de pouvoir «se produire librement en public et enregistrer un album dans un proche avenir», tout en appréhendant une réaction de l’un des piliers du régime : la «Commission pour la promotion de la vertu et la prévention du vice», la redoutable police religieuse chargée de faire respecter les mœurs.

La police religieuse, (ou «Moutawa», «hommes d’al-Hesba»), se montre toutefois sensiblement moins sévère à Djeddah, la grande métropole portuaire et touristique qui bénéficie d’une ouverture inexistante dans le reste du royaume ultraconservateur.

Cette police a vu récemment son pouvoir rétréci sur une décision de l’émir de La Mecque, le prince Khaled Al-Faycal, un passionné de la culture qui lui a valu le titre d’«émir de la pensée et de la poésie». Du temps où il était gouverneur de la région d’Assir, avant sa nomination en mai 2007 à la tête de la région de La Mecque, qui englobe aussi Taëf et Djeddah, le prince Khaled avait été la cible de critiques des Moutawa qui lui reprochaient son ouverture.

Récemment, le président de la Commission de la province de Djeddah et deux autres membres de cet organisme ont créé la surprise. Ils ont fait irruption dans le principal Centre de bowling de la ville où ce jeu est très populaire. Tous les habitués du Centre avaient cru à une rafle routinière. Mais, les trois étranges visiteurs, tout miel, ont retroussé les manches de leurs «thoubs» pour disputer un match contre une formation de jeunes … se payant même le luxe d’abattre le plus grand nombre de quilles et de remporter la partie. Du jamais vu, de mémoire d’un Saoudien !

Des lauriers et des insultes

Mais si la «bande des quatre» a récolté des lauriers, elle a aussi essuyé un flot d’insultes de centaines de concitoyens des deux sexes, «scandalisés» par la violation d’un tabou.

«En islam, la voix de la femme est ‘awra’, c'est-à-dire qu’elle ne doit pas être entendue par un étranger», rappelle un internaute. «La musulmane doit surtout s’abstenir d’adopter une voix ‘muzayyana’ (enjolivée, adoucie et mélodieuse) pour ne pas susciter la ‘fitna’ (la tentation) et éveiller les instincts», ajoute l’autre.

«Comble de perversion ! Ces prétendues étudiantes chantent en anglais et se font accompagner d'instruments de musique», s’indigne un troisième, en «jurant» que les jeunes starlettes «ne sont qu’un ramassis de débauchées étrangères qui avaient été naturalisées et qu’il faudrait expulser du royaume après leur avoir retiré la nationalité saoudienne».

«Nous sommes étranges, nous Saoudiens ! Lorsque quelque chose nous déplaît, nous l’imputons aux expatriés et/ou naturalisés. Il en a été de même pour Oussama ben Laden et de nombreux autres terroristes nés dans le royaume où ils ont été formés par des oulémas extrémistes saoudiens», rétorque «un observateur».

«Comble d’hypocrisie !», approuve «Al-Anoud ». «Vous vous régalez des mille et une célébrités libanaises et égyptiennes qui se déhanchent sur vos écrans. Vous dévorez des yeux Haifa Wehbe (une bombe anatomique libanaise qui fait rêver des millions de téléspectateurs arabes). Et vous interdisez à des Saoudiennes de chanter, d’apprécier cette forme moderne d’expression artistique, mondialisation culturelle oblige !».

Plusieurs autres internautes font remarquer que les pays arabes, y compris ceux du Golfe, dont l’Arabie saoudite, sont inondés de centaines de chaînes musicales satellitaires, certaines appartenant à des princes saoudiens, qui diffusent inlassablement des clips de célébrités arabes qui non seulement appâtent le public par leurs voix langoureuses et mielleuses, mais aussi montrent ostensiblement leurs poitrines siliconées et leurs formes généreuses.

Une bulle de savon … mais un pavé dans la mare

D’autres ont vu dans la polémique suscitée par «The Accolade» un nouvel épisode de la traditionnelle querelle opposant l’establishment religieux au courant libéral, composé notamment d’intellectuels et d’hommes d’affaires, qui défend âprement les droits de la femme, en particulier celui de conduire une voiture.

«Même si cette polémique est appelée à s’évaporer comme une bulle de savon, The Accolade aura servi au moins de pavé jeté dans la mare stagnante du royaume. La saoudienne chantera, tôt au tard, n’en déplaise à vos cheikhs», écrit «une Tunisienne» dont le pays se targue d’avoir donné au monde arabe sa première femme chef d’orchestre, Amina Srarfi, la fille de l’illustre compositeur et violoniste, Kaddour Srarfi.

Un internaute fait remarquer que les Saoudiens se sont en effet habitués à la musique rock depuis qu’une première troupe, animée par cinq jeunes saoudiens, a vu le jour il y a quelques années et a commencé à mettre en valeur ce genre de musique naguère encore absent des répertoires des troupes musicales saoudiennes.

«Il ne faut pas oublier non plus que la pionnière des chanteuses de la région du Golfe est … une Saoudienne, Itaab, la Star arabe» qui a vécu en Egypte puis dans les Emirats arabes unis où elle est décédée en 2007.

De nombreuses «voix» féminines ont d’ailleurs emboîté le pas à Itaab, notamment Nawal, la Koweïtienne, et Ahlam, l’Emirienne.

Une autre Emirienne, Rowaida Al-Mahrouqi, vient de défrayer la chronique avec son dernier vidéo clip, “Mahri Ghali” (ma dot vaut cher), enregistré à Beyrouth. L’une des chansons, «Ay Ay», la montre en train de prendre «un bain de chocolat», ce qui a provoqué un tollé dans la presse du Golfe, où tout aliment est considéré comme «une bénédiction d’Allah».

Cette vive réaction a amené «Rotana», le plus grand label musical du Moyen-Orient, appartenant au prince et milliardaire saoudien Al-Walid ben Talal, à interdire la diffusion du clip sur ses chaînes musicales.

===
Liens:

«The Accolade», d’ Edmund Blair Leighton.
http://www.illusionsgallery.com/Accolade.html
---
"Pinocchio"
http://www.myspace.com/accoladeofficial
---
La première troupe musicale Rock masculine en Arabie saoudite
http://www.youtube.com/watch?v=ZJB2QDFiIZw&eurl=http://cpa.hypotheses.org/428
---
Rowaida Al-Mahrouqi: «Mahri Ghali»
http://www.youtube.com/watch?v=Eb-VvboCJ7g

26.11.08

Canadien condamné à mort en Arabie: la Cour de cassation confirme le verdict

Par Habib TRABELSI

La Cour de cassation en Arabie saoudite a confirmé les peines de mort prononcées par le tribunal correctionnel de Djeddah contre le Canadien Mohamed Kohail et le Jordanien Mehanna Ezzat, jugés responsables de la mort d'un jeune ressortissant syrien, rapporte mercredi (26 novembre) le quotidien saoudien Al-Riyad, de source judiciaire.


Le Canadien d’origine palestinienne Mohamed Kohail (23 ans) et le Jordanien Muhanna Ezzat (22 ans) avaient été condamnés à mort en août dernier par le tribunal de Djeddah, après avoir été reconnus coupables du meurtre du jeune syrien Mondher Al-Haraki (19 ans), lors d’une dispute dans une cour d'école en janvier 2007.

Sultan Kohail (18 ans), le frère du Canadien, a pour sa part été condamné à un an d'emprisonnement et à 200 coups de fouet. Il doit toutefois subir un nouveau procès et risque, lui aussi, la peine de mort.

Selon Me Oubaid Ahmed Al-Ayafi, l’avocat de la famille de la victime, «la Cour de cassation dans la région de La Mecque a confirmé les peines prononcées contre Mohamed Kohail et Muhanna Ezzat».

La balle est dans le camp de la famille de la victime

«Conformément aux procédures en vigueur, le verdict sera soumis au Conseil judiciaire suprême. En cas d’approbation, le verdict sera soumis au souverain saoudien, pour être appliqué», a ajouté l’avocat.

«Les deux condamnés ont reconnu les faits lors des interrogatoires. Ils ont bénéficié de l’assistance d’avocats ainsi que de leurs témoins. Ils ont avoué de plein gré et leurs aveux ont été enregistrés et validés en présence de trois juges dans le tribunal de Djeddah», a souligné Me Ayafi.

Selon lui, «seule la famille de la victime est désormais habilitée à accorder la clémence, conformément à la charia», la loi islamique, e la strictement appliquée en Arabie saoudite et où les meurtriers, avec ou sans préméditation, sont décapités au sabre, sur la place publique.

En vertu, de la charia, la famille de la victime a le droit d’exiger le «Qisas» (ou châtiment équivalent au délit). Elle peut en revanche accorder son pardon sans aucune compensation ou bien exiger la «Diya» (ou prix du sang versé).

Selon Me Ayafi, «des tractations sont en cours pour solliciter la clémence de héritiers de la victime , après qu’une commission dans la région de La Mecque eut accepté de mener une médiation de bons offices auprès de la famille Al-Haraki».

Ultime recours: la grâce royale

Cependant, le souverain saoudien a le droit d'accorder sa grâce, conformément à l'intérêt général et politique de la nation et à la charia.

En décembre 2007, le roi Abdallah ben Abdel Aziz avait ainsi accordé sa grâce à une Saoudienne victime d'un viol collectif et condamnée à six mois de prison et 200 coups de fouet, une affaire qui avait suscité une vague d'indignation dans les pays occidentaux, y compris aux Etats-Unis.

En août 2003, son prédécesseur, le roi Fahd, avait accordé sa grâce à … un Canadien, William Sampson, et un Britannique, Alexander Mitchell, reconnus coupables de participation à une série d'attentats à l'explosif qui avaient fait un mort et des blessés en novembre 2000 à Ryad. Sampson et Mitchell avaient été condamnés à la peine capitale et Schyvens à une peine de prison.
Un ressortissant belge, Raf Schyvens, était également impliqué dans cette affaire.

En 1998, son prédécesseur, le roi Fahd, avait accordé sa grâce à deux infirmières britanniques accusées du meurtre d'une collègue australienne. Deborah Parry (âgée alors de 39 ans) avait été condamnée à être décapitée et Lucille McLaughlan (32 ans) à huit ans de prison et 500 coups de fouet.

Manœuvres diplomatiques

Le gouvernement canadien a récemment accentué ses manœuvres diplomatiques pour empêcher l'exécution du jeune Montréalais. Le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, avait récemment indiqué que des fonctionnaires canadiens avaient abordé la question avec les diplomates saoudiens à Ottawa et qu'une note diplomatique avait été envoyée aux autorités du royaume saoudien.

Un député libéral fédéral, Dan McTeague, avait récemment déploré l'inaction du gouvernement conservateur dans le dossier de Mohamed Kohail, et avait annoncé l’intention de se rendre sur place pour tenter de sauver la vie du jeune homme.

Le gouvernement canadien avait l'habitude de demander la clémence pour ses ressortissants condamnés à mort à l'étranger. Mais au printemps dernier, les conservateurs avaient laissé savoir qu'ils n'entendaient plus intervenir dans le cas de Canadiens reconnus coupables au terme d'un procès équitable dans un État de droit.


Amnesty International: inquiète


En août dernier, Amnesty International s’était toutefois déclarée «inquiète à l'idée qu'un tribunal général ait compétence pour prononcer la peine de mort».
«Sultan Kohail n'ayant que dix-sept ans, si l'Arabie saoudite venait à le condamner à la peine capitale, elle manquerait aux obligations qui lui incombent en vertu de la Convention relative aux droits de l'enfant, qui interdit l'exécution de toute personne âgée de moins de dix-huit ans au moment des faits qui lui sont reprochés», avait aussi souligné l’Organisation humanitaire indépendante dans un communiqué.

Deux sons de cloche


«Mohamed Kohail ne sera pas exécuté. Il sera gracié d’une manière ou d’une autre. Un Occidental, même d’origine arabe, n’est jamais exécuté en Arabie», assure «Mohsen», un lecteur de Riyad. «C’est un verdict sur du papier. Il en sera autrement, maintenant que les médiations ont été lancées», acquiesce «Abou Talal». «Je donne ma main à couper si Kohail a la tête tranchée», promet «Khaled».

Mais «Hmoud» proteste: «Il n’y a pas de différence entre Jordanien et un Canadien. Ils ont commis un meurtre. Ils ont avoué. Ils doivent être décapités. Il ne faut pas plaisanter avec la charia», décrète-t-il en recommandant aux journalistes saoudiens de «ne pas placer cette affaire criminelle sous le feu des projecteurs, pour ne pas la médiatiser» outre mesure.

25.11.08

القرصنة في البحر الأحمر: أصابع الاتهام توجّه إلى إسرائيل


بقلم حبيب طرابلسي
ترجمة وداد زداني

"مَن وراء عمليات القرصنة في البحر الأحمر ؟"، "قراصنة الصومال .. مَن يديرهم ؟، هذه تساؤلات محللين وكتاب افتتاحيات سعوديين الذين عبروا عن خشيتهم من "مخطط تدويل" لهذا الممر البحري، بادرت به إسرائيل في الماضي، ورفضته الدول العربية.

القرصنة في البحر الأحمر: "لب المشكلة"

لم يتهم كتاب الافتتاحيات والمحللون علنا إسرائيل بتدبير عمليات القرصنة الأخيرة والمتكررة قرب السواحل الصومالية، ولكنهم لم يخفوا تخوفاتهم من تدويل الأمن في البحر الأحمر، حيث تلعب فيه إسرائيل دورا حاسما.

كتب نواف مشعل السبهان في صحيفة "الاقتصادية" السعودية يوم الثلاثاء 25 نوفمبر: "ما يجري في القرن الإفريقي من عمليات قرصنة بحرية بات قضية جدية وخطيرة... الأمر محير ويطرح عديدا من علامات الاستفهام حول قدرات وإمكانات وتجهيزات هؤلاء القراصنة المفترض أنهم بدائيون؟ المسألة في تصوري ذات مضامين أكبر من مجرد عمليات قرصنة للحصول على فدية مالية".

وأضاف: "على خلفية ذلك بدأ يُسمع همس من بعيد أن عملية ضبط الأمن البحري تتطلب تدويل البحر الأحمر، وحين الحديث عن مثل هذا التدويل تظهر دولة العدو الإسرائيلي كعنصر فاعل فيه".

"من له مصلحة في هذا التدويل"؟ يتساءل المحلل، مشيرا إلى أن "إحدى شركات النقل البحري (مولير-ميرسك، أحد أكبر شركات النقل البحري في العالم) أعلنت تغيير خطوط سيرها من قناة السويس لرأس الرجاء الصالح".

"من له مصلحة في الضغط على مصر تحديدا بتحويل خط سير السفن التجارية بعيدا عن قناة السويس وإفقاد مصر دخلا يتجاوز 15 مليون دولار يوميا"؟ يتساءل المحلل مرّة أخرى.

"من وراء عمليـة القرصنـة"؟ هو عنوان افتتاحية "الرياض" يوم الإثنين بقلم د. هاشم عبده هاشم الذي كتب: "أعمال القرصنة الأخيرة والمتكررة، هي بفعل فاعل. وهذا الفاعل... قد يكون دولة، وقد تكون منظمة أو أكثر، وقد تكون جهة لها مصلحة كبيرة في خلق حالة قلق جديدة في المنطقة... تحقيقا للغايات الإستراتيجية المرجوة من ورائها".

ويرى الكاتب أن هذا الطرف يريد "دفع المجتمع الدولي إلى القناعة بضرورة إخضاع هذه المناطق لوصاية من نوع أو آخر، تمكنها من السيطرة على منافذ حيوية، بدعوى توفير حركة النقل الآمن ولاسيما بالنسبة لإمدادات الطاقة... ومنعا لظاهرة تدفق السلاح إلى بعض الفئات الإقليمية المثيرة للشغب في المنطقة" في إشارة إلى للميليشيات الإسلامية، "الشباب"، الذين يسيطرون على جزء كبير من الصومال.

البحر الأحمر: "رئة المملكة العربية السعودية"

كما كتب جلال عارف يوم الإثنين في صحيفة "اليوم"، أن البلدان العربية المطلة على البحر الأحمر تجد نفسها الآن أمام أربعة أخطار: "خطر تدويل أمن البحر الأحمر تحت دعوى الحرب ضد القراصنة، وخطر الأطماع الإسرائيلية في لعب دور محوري من خلال إطلالتها على البحر الأحمر، وخطر ابتزازنا باستخدام القرصنة في مواجهة البترول العربي، وكذلك الآثار الوخيمة على النقل البحري في قناة السويس".

من جهتها، تساءلت صحيفة "الاقتصادية" في افتتاحية يوم الاثنين، كيف يمكن للقراصنة استخدام "أنظمة دفاع جوي وصواريخ وأنظمة توجيه مرتبطة بالأقمار الصناعية، كما أنهم على مهارة عالية في استخدام الكمبيوترات والأجهزة الملاحية".

وأضافت الصحيفة أن "هذا يعني تغاضي دول معينة عن عملياتهم لأسباب إستراتيجية ذات بعد سياسي اقتصادي" مذكّرة أن "البحر الأحمر هو الممر البحري الوحيد في العالم الذي تسيطر عليه الدول العربية، ويجب أن يبقى كذلك".

وأكّد خبير سعودي، أمين ساعاتي، في مقال طويل نشرته "الاقتصادية" في نفس اليوم أن "الأمن في البحر الأحمر هو أمن قومي سعودي (...) خاصة أن 30 بالمائة من الإنتاج العالمي للبترول، أي النفط السعودي والخليجي، يمر عبر البحر الأحمر... كما أن موارد السعودية المائية المحلاة تأتي معظمها من البحر الأحمر، واحتياجات التنمية الشاملة والمستدامة تأتي أيضا على موانئ البحر الأحمر، وكذلك صادراتها التجارية".

"إن البحر الأحمر يعد الرئة التي نتنفس منها ونستنشق من خلالها هواء التنمية والتطوير (...) يجب أن تدعو المملكة إلى عقد اجتماع مع الدول المطلة على البحر الأحمر لوضع إطار للتعاون الإستراتيجي المشترك (...) ولكن يبدو أن قوة أجنبية وخارجية لا تتمنى الاستقرار للمنطقة، ولذلك قامت بسلسلة من الاختراقات ونشرت الفتن وزعزعة الأمن بين الإخوة الأعداء".

ويبقى المعوق الأساسي لإنشاء مثل هذه الآلية للتعاون هو رفض إسرائيل تأسيس أي طار لا تكون إسرائيل جزءا منه"، كما أضاف الخبير.

تطل على البحر الأحمر إلى جانب المملكة العربية السعودية، ثمان دول أخرى وهي اليمن ومصر والأردن والسودان وجيبوتي واريتريا والصومال وإسرائيل.

اليمن: تعبئة العرب

في شهر أكتوبر المنصرم، دعا الرئيس اليمني علي عبد الله صالح، الدول العربية المطلة على البحر الأحمر إلى "تحمل مسؤولياتها" لإزالة أية ذريعة لتدويل الأمن في هذا الممر البحري.

جاء هذا النداء عقب قرار منظمة الحلف الأطلسي تكثيف تواجدها العسكري في المحيط الهندي لمكافحة القرصنة عرض الصومال ، بالتنسيق مع الاتحاد الأوروبي.

كان الرئيس صالح قد توجّه لهذا الغرض إلى الأردن ومصر والمملكة العربية السعودية، وأكد السيد أبو بكر القربي، وزير الخارجية اليمني، آنذاك أن الرياض "ترحّب بتعاون بين البلدان العربية المطلة على البحر الأحمر لضمان أمن" هذا الممر البحري.

وصرّح السيد القربي خلال اجتماع مسؤولي الدول العربية المطلة على البحر الأحمر الذي عقد يوم 20 نوفمبر في القاهرة، بأن حضورا بحريا دوليا على مستوى المصبّ الجنوبي للبحر الأحمر يمثل "خطرا على الأمن القومي العربي".

منذ عملية اختطاف قراصنة لناقلة النفط السعودية "سيريوس ستار"، بتاريخ 15 نوفمبر، عرض البحر الأحمر، تقوم الصحافة السعودية بنشر مقالات العديد من الصحفيين والمحللين العرب، خاصة منهم المصريين، الذين يحذرون ضد "الأطماع الإسرائيلية بلعب دور محوري في البحر الأحمر"، وضد "سيطرة أمريكية-أوروبية لهذا الممر البحري الإستراتيجي".

إسرائيل في خط تسديد الجهاديين

كما تتعرض إسرائيل ل"عقاب" الجهاديين على مواقع الانترنت التي تحفل بالمقالات الملتهبة، منها مقال الأمين العام السابق للحركة السلفية الكويتية، الشيخ حامد العلي.

لقد كتب الداعية الديني الجهادي في موقعه الإلكتروني أن "الأطماع الصهيونية في البحر الأحمر لم تتوقف" مشيرا إلى ما قاله قائد البحرية الصهيونية الأسبق بخصوص "خطة جهنمية" تهدف إلى "تحويل البحر الأحمر إلى بحيرة يهودية بالتدرج".

الشيخ العلي، الذي يتقارب خطابه مع خطابات زعماء القاعدة، يتحدث في هذا السياق عن "الأطماع الصهيونية" في البحر الأحمر، فيقول: "النشاط الصهيوني المحموم حول البحر الأحمر لايتوقـف".

"لقـد بات معلوما اليوم وجود طائرات تجسس صهيونية مجهزة بمعدات تجسس متطوره في دهلك ، وقد ذكرت صحيفة عال همشمار الصهيونية وجود 60 مستشاراً عسكرياً صهيونيا في أثيوبيـا ، كما تقوم زوارق صهيونيـة من طراز (وفورا) - وبشكل دوري- بأعمال التفقد ، والدورية ، والتفتيش اليومي، باتجاه جزر (حنيش) اليمنية".

ولهذا يدعو الشيخ العلي "المجاهدين في الصومال إلى القضاء على القراصنة الذين سيقوم القراصنة الغربيون باستغلال عبثهم لصالح المخطط الصهيوصليبي القديم للهيمنة على البحر الأحمر (...) و لإجهاض المشروع الإسلامي في الصومال".

هذا وقد هدد "الشباب"، الذين يعتبرون بأن القرصنة إهانة للإسلام، بمهاجمة القراصنة إذا لم يفرج هؤلاء على "سيريوس ستار".

Piraterie en mer Rouge: Israël montré du doigt

Par Habib TRABELSI

«Qui est derrière les actes de piraterie en mer Rouge ?». «Qui manipule les pirates ?», s’interrogent des analystes et des éditorialistes, saoudiens, en redoutant «un plan d’une internationalisation» de cette voie maritime, initié dans le passé par Israël et rejeté par les Arabes.


Piraterie en mer Rouge: «le fond du problème»

Les éditorialistes et les analystes ne vont pas jusqu'à accuser ouvertement Israël de commanditer les actes de piraterie qui se multiplient au large de la Somalie, mais ils ne cachent pas leurs craintes d’une internationalisation de la sécurité en mer Rouge, dans laquelle Israël jouerait un rôle déterminant.

«Ce qui se passe dans la Corne de l’Afrique n’est pas une simple affaire de piraterie. Ces actes de piraterie suscitent diverses interrogations sur les capacités et les équipements de simples hors-la-loi qui cherchent à obtenir des rançons», écrit mardi (25 novembre) Nawaf Mechaal Al-Sabhane, dans le quotidien saoudien Al-Iqtissadia.

«Ces actes ont donné lieu à des déclarations sur une internationalisation de la mer Rouge, dans laquelle l’Etat israélien ennemi serait un élément déterminant», ajoute-t-il.

«Qui a intérêt à une telle internationalisation ?», se demande l’analyste en relevant «un autre développement inquiétant représenté par la décision d’un armateur (ndlr: A.P. Moller-Maersk, l’un des plus grands armateurs au monde) de dérouter son immense flotte marchande du canal de Suez, pour emprunter la route via le cap de Bonne-Espérance».

«Qui a intérêt à faire pression sur l’Egypte, en détournant les navires marchands du canal de Suez et en faisant perdre à l’Egypte des revenus quotidiens de plus de 15 millions de dollars ?», s’interroge encore l’analyste.

«Qui est derrière les actes de piraterie ?», titrait la veille l’éditorialiste du quotidien Al-Riyad, Dr. Hachem Abdou Hachem.

«Ces actes répétés de piraterie sont prémédités. Ils sont commandités par un Etat ou une organisation, en tout cas par une partie qui cherche à créer une tension, une inquiétude et une instabilité en mer Rouge pour y réaliser des intérêts stratégiques», écrivait-il.

Selon lui, «cette partie cherche à convaincre la communauté internationale de contrôler cette voie maritime sous prétexte d’assurer la sécurité de la navigation, d’assurer les approvisionnements en énergie et d’empêcher les fournitures d’armes aux fauteurs de troubles dans la région», dans une allusion notamment aux miliciens islamistes, les shebab, qui contrôlent une grande partie de la Somalie.

La mer Rouge: «le poumon de l’Arabie»

Plus explicite, Jalal Aref écrivait lundi dans al-Youm que les pays arabes riverains de la mer Rouge «sont désormais confrontés à quatre dangers: celui d’une internationalisation de la sécurité de la mer Rouge, sous prétexte de lutte contre la piraterie, celui des convoitises d’Israël qui cherche à jouer un rôle déterminant en mer Rouge, celui du vol du pétrole arabe par le biais de la piraterie, sans compter le coup porté à la navigation dans le canal de Suez».

Le quotidien Al-Iqtissadiya se demandait dans son éditorial de lundi «comment les pirates peuvent disposer de moyens de défense anti-aérienne, de missiles guidés par satellites, d’ordinateurs et d’appareils de navigation sophistiqués».

«Cela signifie que certains pays ferment l’œil sur ces actes de piraterie pour des raisons stratégiques, politiques et économiques», ajoutait le journal en rappelant que «la mer Rouge est la seule voie de navigation dans le monde où les pays arabes riverains sont dominants … et elle doit le rester».

Un expert saoudien, Amin Sa’ati, démontrait dans un long article publié le même journal que «la sécurité de l’Arabie saoudite et celle de la mer Rouge sont indissociables (…) puisque 30% du brut mondial, notamment saoudien et des autres pays du Golfe, transitent par la mer Rouge, que le gros de nos ressources en eau dessalée provient de la mer Rouge, que nos importations et nos exportations transitent en grande partie par la mer Rouge».

«La mer Rouge est notre poumon (…). Le royaume doit convoquer une réunion des pays riverains pour mettre au point un mécanisme de coopération stratégique. Mais il semble qu’une force étrangère ne souhaite pas la stabilité de la région. Israël demeure le principal obstacle» devant cette coopération, ajoutait l’expert.

Outre l’Arabie saoudite, huit autres pays bordent la mer Rouge: le Yémen, l’Egypte, la Jordanie, le Soudan, Djibouti, l’Erythrée, la Somalie et Israël.

Le Yémen: mobiliser les Arabes

En octobre dernier, le président yéménite Ali Abdallah Saleh avait appelé les pays arabes riverains de la mer Rouge à «assumer leur responsabilité» pour enlever tout prétexte à une internationalisation de la sécurité dans cette voie maritime.

Son appel intervenait peu après une décision de l’Otan de renforcer son dispositif militaire dans l’Océan indien pour lutter contre la piraterie au large de la Somalie, en coordination avec l’Union Européenne (UE).

Le président Saleh s’était rendu à cet effet en Jordanie, en Egypte et en Arabie saoudite. Son ministre des Affaires étrangères, Abou Bakr Al-Korbi, avait alors affirmé que Ryad était «favorable à une coopération des pays arabes riverains de la mer Rouge pour assurer la sécurité» de cette voie maritime.

S’exprimant le 20 novembre au Caire lors d’une réunion de responsables arabes riverains de la mer Rouge, M. Korbi a notamment déclaré que la présence navale multinationale à l'embouchure sud de la mer Rouge représentait «un danger pour la sécurité nationale arabe».

Depuis le détournement, le 15 novembre, du superpétrolier saoudien, le «Sirius Star», par des pirates au large de la Somalie, la presse saoudienne se fait l’écho de plusieurs journalistes et analystes de pays arabes, notamment égyptiens, qui mettent en garde contre «les visées israéliennes à jouer un rôle déterminant en mer Rouge» et contre «un contrôle américano-européen de cette voie maritime stratégique».

Israël dans la ligne de mire des jihadistes

Israël est aussi désigné à la vindicte jihadiste sur les sites internet qui regorgent d’articles incendiaires, notamment celui de l’ancien secrétaire général de mouvement salafiste koweïtien, cheikh Hamed Al Ali.

«Les visées de l’ennemi sioniste en mer Rouge n’ont jamais cessé», écrit notamment le dignitaire religieux jihadiste sur son site internet, en illustrant son long article d’une citation attribuée à un ancien commandant de la marine israélienne au sujet «d’un plan diabolique» visant à «transformer progressivement la mer Rouge en un lac juif».

Cheikh al-Ali, dont le discours s’apparente de celui des ténors d’Al-Qaïda, énumère aussi les exemples sur «l’engagement militaire sioniste en Ethiopie», en particulier «des avions-radars sophistiqués et 60 experts militaires sionistes».

C’est pourquoi cheikh al-Ali appelle «les moudjahidine en Somalie à éliminer les pirates dont les actes irresponsables seront exploités par les pirates occidentaux au profit du plan sioniste diabolique et pour faire avorter le projet islamique en Somalie».

Les shebab, qui qualifient la piraterie d'offense à l'islam, ont menacé de donner l’assaut aux pirates si ces derniers ne relâchaient pas le «Sirius Star».

23.11.08

Affaire Morin: l’époux dit avoir refusé «une offre alléchante»

Par Habib TRABELSI

L’époux de Nathalie Morin, une Québécoise retenue contre son gré depuis plus de trois ans en Arabie saoudite, a affirmé avoir décliné une offre «alléchante» du gouvernement canadien, présentée selon lui par son consul à Ryad, rapporte lundi (24 novembre) le quotidien saoudien Al-Youm.

Saeed Al-Shahrani a affirmé avoir refusé une offre alléchante du gouvernement canadien qui s’est engagé par écrit à lui assurer un permis de séjour au cas où serait d’accord sur le départ de son épouse et de ses enfants au Canada, selon le journal.

Au cas où il ne voudrait pas résider au Canada, le gouvernement s’est engagé à lui permettre de leur rendre visite et à lui faciliter les formalités du voyage, rapporte le journal.

Cette offre lui a été présentée par le consul qui lui a rendu visite dans son domicile samedi à la tête une délégation de l’ambassade canadienne pour «exercer des pressions» sur lui, a ajouté le journal.

Le 4 novembre, le porte-parole de l’Association des droits de l’Homme, une ONG saoudienne, Zuhair Al-Harthi, avait affirmé à la presse que le mari souhaitait pouvoir rendre visite à ses enfants, au cas où il serait d’accord sur leur départ vers le Canada en compagnie de leur mère.
Le règlement de cette affaire «dépend de la position de l’ambassade canadienne», avait alors ajouté le porte-parole.

Pour quitter l’Arabie Saoudite, Nathalie Morin, 24 ans, a besoin de l’autorisation écrite de son mari, qui avait toujours refusé de la laisser partir avec leurs deux fils.

En avril dernier, Johanne Durocher, la mère de Nathalie, avait affirmé que sa fille attendait un troisième enfant, contre son gré, et qu’il était urgent qu’elle rentre au Canada pour recevoir des soins médicaux.

Le quotidien Al-Youm, citant lundi Shahrani, affirme que «Nathalie a donné naissance à une petite fille qu’elle a prénommée Sarah».

Nathalie Morin avait rencontré Al-Shahrani en 2001 au Canada où il séjournait illégalement, avant d’être expulsé en 2002. Elle l’avait rejoint en Arabie Saoudite deux ans plus tard. Nathalie vit enfermée avec ses enfants dans une maison sommairement aménagée et son mari la frappait et la privait de sortie, avait affirmé Mme Durocher, lors d’une conférence de presse.

Ces déclarations avaient alors provoqué une levée de boucliers dans les medias saoudiens, certains journaux accusant Mme Durocher d’avoir mené «une campagne tendancieuse» contre le royaume.

«La Canadienne et belle-mère du Saoudien Shahrani, lance une nouvelle campagne télévisée (…), infestée d’informations erronées destinées à monter l’opinion publique» contre le royaume, écrivait ainsi en juillet le quotidien Al-Watan.

Plusieurs autres journaux avaient mis en exergue des déclarations de Shahrani affirmant notamment avoir décliné «deux offres alléchantes» de la part du consulat canadien à Ryad en contre partie de son accord pour le départ de Nathalie et de ses enfants, Samir (6 ans) et Abdallah (2 ans) .

«Le Saoudien Saeed Al-Shahrani a refusé deux offres alléchantes du consul canadien (…), en échange du départ de son épouse et de ses deux enfants», écrivait le 24 juillet le quotidien Al-Hayat.

«Je n’accepterais aucune offre matérielle canadienne contre la sortie de mes deux enfants d’Arabie saoudite, même si le Canada me versait tout son budget» annuel , avait déclaré Shahrani, cité par Al-Hayat.

La presse saoudienne avait alors indiqué que Shahrani vivait avec son épouse et ses enfants à Bicha (sud) l’une des villes les plus déshéritées du royaume pétrolier. Il gagnait 2.800 riyals (environ 700 US dollars) par mois. Selon des informations publiées sur un site internet, Mme Morin avait même tenté de «mettre fin à sa vie misérable».

Des internautes en avaient alors profité pour critiquer le mariage de Saoudiens avec des étrangères, de plus en plus en vogue en raison notamment du coût élevé et de la dot et du nombre croissant de Saoudiens qui séjournent à l’étranger.

La charia (loi islamique, appliquée strictement en Arabie saoudite) interdit le mariage entre une Saoudienne et un non-musulman, sauf si ce dernier se convertit à l’islam.

Le porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères, Rodney Moore, avait à l’époque expliqué à la presse que bien que le gouvernement canadien soit «préoccupé» par la situation de Mme Morin, il ne peut s’ingérer dans les affaires saoudiennes.

«L’Arabie Saoudite étant un pays souverain, toute entente entre Mme Morin et son époux devrait suivre les lois et les règlements saoudiens», avait-il alors déclaré.

20.11.08

غرفة تجارة الرياض: الوزارة تتجاهل السيدات

بقلم حبيب طرابلسي

قام وزير التجارة والصناعة السعودي، عبد الله بن أحمد زينل، بتعيين ستة أعضاء رجال، ليكتمل بذلك نصاب مجلس إدارة الغرفة التجارية الصناعية في الرياض، المكوّن من 18 عضواً، بعد فوز 12 بالانتخاب، متجاهلا سيدات الأعمال الثلاث اللواتي سمح لهن بالترشح لعضوية المجلس.

من بين الـستة رجال الذين حظوا بالتعيين من قبل الوزير، خالد بن مسعد آل سيف وعلي بن عثمان آل زيد، وهما عضوان من مجلس الإدارة السابق، إلى جانب مرشحين اثنين لم يحالفهما الفوز في الانتخابات، شأنهما شأن المرشحات الثلاث: هدى الجريسي وأمل بدر الدين وباسمة قمشة. وكن قد دخلن حلبة المنافسة ضد 37 مرشح من رجال الأعمال للفوز بـ 12 مقعد.

وحسب النتائج الرمية، شارك في العملية الانتخابية أكثر من 6000 ناخب من أصل 41 ألف يحق لهم التصويت. فيما شاركت 58 سيدة فقط من أصل 600 2 يحق لهن الاقتراع.

ولضعف المشاركة النسائية كان لدى المرشحات شعور بالإحباط أفصحن عنه مسبقا لجريدة "الوطن" السعودية.

في عددها ليوم الخميس الماضي، عنونت جريدة "الحياة" موضوعها في نفس السياق، مشيرة إلى أن "وزير التجارة والصناعة يتجاهل تماما النساء" مضيفة أن هذا القرار جاء " على رغم توقعات مجتمع الأعمال النسائي بأن يتضمن القرار واحدة أو اثنتين من النساء، خصوصاً بعد أن شاركت ثلاث سيدات في الانتخابات، غير أن التوفيق لم يحالفهن في الفوز في أول مشاركة نسائية للمرأة كمرشحة في انتخابات غرفة الرياض".

كما نقلت الحياة عن مصادر مقربة من الغرفة أن أول اجتماع لمجلس الغرفة الجديد والذي سيعقد خلال الأسبوع القادم، سيخصص إجمالا لاختيار رئيس مجلس إدارة الغرفة.
وفقا لنفس المصادر، يتنافس على منصب الرئيس عبد الرحمان الجريسي ، صاحب القائمة التي فازت بـ 10 مقاعد ، وخالد الشبيلي المرشح المستقل.
وترى الحياة أن الأمر ينبأ ب"إنقسام حاد داخل المجلس" الجديد والذي يتمتع بصلاحية مدتها 4 سنوات.

يجدر التذكير بأن هذه الانتخابات والتي شهدت مخالفات عدة ، كانت محل انتقادات شديدة اللهجة من طرف كتاب وصحفيين سعوديين. إذ رأوا في هذا السلوك تدهورا للمسار الديمقراطي بالمملكة.
من بين المخالفات المشار إليها : إنفاق مفرط لا يتماشى مع الرهان المعلن ، الوعود الانتخابية المبالغ فيها ، رشاوى فاضحة لشراء الأصوات ، بروز دوافع قبلية ومحسوبية.

هذا ما دفع الصحفي تركي الدخيل إلى وصفها ب"أمحق إنتخابات " في صحيفة "الوطن".
أما الكاتب كمال حمد السليمان من صحيفة "عكاظ"، فقد تساءل: "هل ستنتصر وزارة التجارة للقانون؟ هل تمتلك الجرأة للتحرك لمعاقبة المتورطين وشطب نتائج الفائزين منهم؟ أم هل ستغض الطرف، ليتلقى المخطئون الرسالة الخاطئة؟"

Chambre de Commerce de Ryad: les femmes superbement ignorées

Par Habib TRABELSI

Le ministre saoudien du Commerce et de l’Industrie, Abdallah ben Ahmed Zinel, a désigné six hommes pour compléter le Conseil d’administration de la Chambre de commerce et d’industrie de Ryad, ignorant superbement les trois candidates écartées du scrutin, le premier auquel des Saoudiennes ont été autorisées à se présenter.

Parmi les six hommes nommés d’office figurent Khaled ben Mossaed Al-Seif et Ali ben Othman Al-Zaid, deux membres du Conseil sortant.
Deux autres sièges ont été octroyés à des candidats qui ont échoué aux dernières élections, au même titre que les candidates malheureuses, trois femmes d’affaires : Houda al-Jarissi, Amal Badreddine et Basma Qamcha.

Elles étaient en lice contre 37 concurrents déterminés à ne pas lésiner sur les moyens, surtout financiers, pour occuper les 12 sièges à pourvoir.

L’électorat était quasi-exclusivement masculin. Selon les résultats officiels, plus de 6.000 électeurs, sur les quelque 41.000 inscrits, avaient participé au vote. Cinquante-huit femmes seulement, sur les 2.600 inscrites, avaient voté.C‘est pourquoi, avant le scrutin, les trois candidates avaient confié au quotidien Al-Watan qu’elles partaient perdantes d’avance.

«Le ministère du Commerce et de l’Industrie ignore superbement les femmes », titre jeudi le quotidien saoudien al-Hayat, en soulignant que «la communauté des femmes d’affaires saoudiennes s’attendaient au moins à ce qu’une ou deux femmes soient désignée (s)».

Selon des sources proches de la Chambre, citées par Al-Hayat, la première réunion du nouveau Conseil est prévue pour «au milieu de la semaine prochaine». Elle sera consacrée essentiellement au choix du président du nouveau Conseil.

Selon ces sources, les deux concurrents sont le président sortant, Abdel Rahman Al-Jerissi, dont la liste aux dernières élections avait raflé dix des douze sièges à pourvoir, et Khaled Al-Chebili, un candidat «indépendant».

«Ceci augure d’une forte division au sein du futur Conseil d’administration», commente Al-Hayat. Cette instance a un mandat de quatre ans.

Les élections, entachées d’irrégularités, ont été vivement critiquées par plusieurs écrivains et journalistes saoudiens, certains y voyant «un grand pas en arrière» sur la voie de la démocratie balbutiante dans cette monarchie ultraconservatrice.Parmi «les irrégularités», ils ont dénoncé «les dépenses ridiculement disproportionnées par rapport à l’enjeu», «les promesses électorales mirobolantes», «les pots-de-vin et l’achat de voix flagrants», «le népotisme et le tribalisme».

Un journaliste d’«Al-Watan», Turki Al-Dekhil, a estimée que le scrutin était «des plus maudits».

«Le ministère aura-t-il l’audace de punir les candidats impliqués (dans l’achat des voix) et de rayer leurs noms de la liste des vainqueurs ?», s’était pour sa part interrogé Khaled Hamad Al-Sulaiman, son confrère de «Okaz».

19.11.08

Une pub suggestive pour une pilule érectile en … Arabie

Par Habib TRABELSI

«Abou Fayçal ! N’oublie pas le devoir !», murmure une Saoudienne, le regard lascif, à l’oreille de son époux dont l’œil se porte aussitôt sur «Snafi», la pilule au pouvoir érectile «36 heures garanties», suggère une pub «made in Saudia», qui fait un carton sur le Net.

Il y a devoirs et devoir
Après avoir aidé ses trois enfants à préparer leurs devoirs scolaires, l’épouse, couverte de la tête aux pieds, demande à son mari, qui vient de rentrer au foyer, de s’acquitter de son devoir conjugal.
Le reste du spot montre la boîte aux pilules qui font rêver les Saoudiens d’une virilité retrouvée ou décuplé: mieux que le Viagra et ses «consœurs», «Snafi» procure une érection non-stop pendant «trente-six heures» et «remplit son devoir», assure le spot publicitaire: http://www.youtube.com/watch?v=fdMt7X6uLkE
Mais le plus important, c’est que «Snafi» est produit, sous licence, par une firme saoudienne, Spimaco, la société-mère étant l’américaine Eli Lilly qui fabrique «Cialis», une autre pilule contre l’impuissance qui fait rêver les habitants du Golfe (Arabie saoudite, Koweït, Emirats arabes unis, Qatar, Bahreïn et Oman).
«Enfin, une version arabe revue et améliorée du Viagra. L’homme arabe a aujourd’hui besoin de quoi recouvrer sa dignité perdue», ironisait en mai 2003, le journaliste, Turki Al-Dekhil, dans une allusion à la chute de Bagdad, quelques semaines auparavant.
On avait vu même un poète populaire saoudien dédier un poème épique au «Snafi, qui prouve que la virilité arabe est encore brûlante».
Comme partout dans le monde arabe, l’impuissance est considérée comme une humiliation et une hantise. Elle est combattue par des décoctions fantaisistes de plantes ou de denrées aphrodisiaques.

Le Viagra ouvre la voie
C’est le «Viagra» en effet, la pilule produite par le laboratoire pharmaceutique Pfizer, qui a ouvert la voie dans le Golfe en 1998 aux produits de traitement de la dysfonction érectile, et que les habitants désignent sous le vocable «stimulants sexuels».
Début 1998, le «Viagra», introduit clandestinement dans les pays du Golfe, se vendait sous le manteau, au marché noir. Le nouveau remède, dont les vertus étaient répercutés par la presse, devait ensuite être autorisé et les pharmacies inondées.
Les oulémas avaient alors décrété que la pilule était licite pour les hommes mariés et que les célibataires ne pouvaient pas utiliser ce médicament qui, selon eux, incite au vice.
Pub suggestive en Arabie, la vertueuse
Aujourd’hui, les publicitaires en Arabie, pays ultraconservateur, ne rechignent pas à mettre en scène une Saoudienne incitant son époux à se ressourcer, en prévision d’une longue nuit d’ébats amoureux.
Naguère encore, des spots publicitaires sur le Viagra, mis en ligne sur internet, étaient simplement «allusifs».

Un jeune homme essaye vainement de rentrer une paille trop souple dans un gobelet fermé par un couvercle. En désespoir de cause, il choisit une paille dure, bleue comme le comprimé miraculeux, qui crève l’orifice.
http://fr.akelhawa.com/le-viagra-en-arabie-saoudite/

Ou bien ce jeune homme armé d’un marteau qui essaye vainement d’enfoncer un clou dans un mur. Trop mous, tous les clous se plient aux premiers coups. Il s’approvisionne alors dans une boîte au couvercle bleu. Et ça marche du premier coup de marteau. http://www.youtube.com/watch?v=IaCOiwbz3WM&watch_response

Le message est certes clair.

Mais avec «Snafi», le spot gagne en audace: la femme, une Saoudienne, est montrée, douce et aguichante. Et c’est elle qui prend l’initiative de l’invitation dans un pays où la sexualité est un sujet tabou et où la pudeur est de mise.

L’Arabie, grand consommatrice de pilules érectiles
L’Arabie compte toutefois parmi les plus grands consommateurs de «stimulants sexuels».
Selon la presse locale, l’Arabie est le troisième pays au monde, avec plus de 200 millions de riyals (54 millions de dollars) de dépenses annuelles.
Un octogénaire marié à deux femmes âgées respectivement de 27 et 30 ans, consommait deux boîtes de Viagra par semaine, rapportait la presse, citant des pharmaciens, selon lesquels les jeunes, entre 16 et 30 ans, représentent leurs plus grands clients.
Même les femmes sont touchées par la manne «aphrodisiaque» qu’elles croient trouver sous forme de «gouttes, qu’elles ingurgitent avec des jus de fruits (100 SR la fiole), d’un chewing-gum de 25 SR, ou d’une crème stimulante, dont elles s’enduisent» la partie la plus intime du corps, selon la presse.
Fait insolite, le quotidien al-Watan avait rapporté qu’un grand éleveur d’ovins de la région de Taëf (ouest) a eu l’idée d’ajouter quelques pilules de Viagra dans le fourrage de l’un de ses béliers, en perte de virilité. Au bout d’une heure, le mammifère a retrouvé son ardeur génésique et a fait le tour des femelles du troupeau.

L’amour, meilleur stimulant sexuel
En janvier dernier, le quotidien Al-Riyad avait organisé un questionnaire sur les raisons de l’engouement des Saoudiens pour les «stimulants sexuels».
Certains l’avaient expliqué par «l’impuissance sexuelle due à une défaillance physique», d’autres par «la soif pour une virilité ostentatoire», d’autres encore par «la volonté de remédier au vide affectif dans un pays où l’on souffre d’enfermement social».
Mais certains ont attribué cet «engouement pour les stimulants sexuels» à «l’absence d’une véritable éducation sexuelle» et à «la froideur dans les relations sentimentales entre les couples».
«Tous les stimulants sexuels n’ont aucune raison d’exister. L’amour est le plus grand stimulant», avait tranché «Mohamed».

17.11.08

ديمقراطية على الطريقة السعودية: خطوة صغيرة إلى الأمام خطوة كبيرة إلى الخلف

بقلم حبيب طرابلسي
ترجمة وداد زداني

خطوة صغيرة إلى الأمام في المملكة العربية السعودية: نساء أعمال ترشـّحن لانتخابات مجلس إدارة غرفة التجارة والصناعة بالرياض، ولكن الاقتراع الذي تلطّخ بالممارسات غير القانونية، كان "خطوة كبيرة إلى الخلف" بالنسبة للديمقراطية المتعثرة في المملكة الوهابية.

اقتراع غير مسبوق في الرياض
لم يتم انتخاب أيّةً من المرشـّحات الثلاث، هدى الجريسي، وآمال بدر، وباسمة قمشة، والأمر ليس غريبا إذ صرّحن لصحيفة "الوطن" بأنّهن خاسرات مسبقا، في مواجهة 37 متنافسا عازمين على إنفاق الكثير من أجل الفوز بالمقاعد المتوفّرة، وناخبين أغلبيتهم الساحقة من الرجال. يبقى أملهنّ الوحيد هو أن يتم اختيارهنّ ضمن الأعضاء الستة الذين تعيّنهم السلطة مباشرة. حسب النتائج الرسمية، شارك في العملية أكثر من 000 6 ناخبا من أصل 41 ألف يحق لهم التصويت، فيما شاركت 58 سيدة فقط من أصل 600 2 يحق لهن التصويت.

في نوفمبر 2005، تم انتخاب امرأتين لأول مرة في المملكة العربية السعودية، في مجلس إدارة غرفة جدّة، المدينة التي فتحت مجال "الدمقرطة" في المملكة الوهابية، التي تم الشروع فيها بعد تفجيرات 11 سبتمبر 2001.
و شاركت النساء لأول مرة في نوفمبر 2004 في عملية الاقتراع لانتخاب مجلس إدارة الغرفة التجارية والصناعية بالرياض. وكانت المشاركة على استحياء.

نساء أعمال بالوكالة
تقوم النساء السعوديات منذ بضع سنوات بخطواتهن الأولى في عالم الأعمال، هنّ المفروض عليهنّ ارتداء الحجاب، وممنوع عليهنّ قيادة السيارة، والسفر بدون وليّ أمرها.
نظرا لمنع الاختلاط بين الجنسين المطبق بصرامة في المملكة، ينبغي على السعوديات "تكليف وليّ أمرها لتمثيلها لدى المؤسسات الرسمية ولإبرام أية صفقة مع طرف آخر"، طبقا للتشريع السعودي. وتعتبر نساء الأعمال شرط "الوكيل الشرعي" لتسيير أعمالها كأهم عقبة أمام الاستثمار في القطاع الخاص.

وكانت سوسن سليمان شادلي هي أول سيدة أعمال سعودية تحصل على سجلين تجاريين بدون وكيل شرعي سنة 2006، مما يؤشر إلى أن هذا القانون في طريقه إلى الزوال.

على الرغم من هذا القانون، تقدّر استثمارات السعوديات بأكثر من 120 مليار ريال (حوالي 32 مليار دولار)، أغلبها في قطاع الخدمات والعقار. في غرفة الرياض، تملك أكثر من 5000 سعودية سجلات تجارية، من أصل 43 ألف سجل تملكه سيدات في المملكة، حسب الصحافة المحلية.

"امحق انتخابات"
بعد الغبطة التي سادت قبل الانتخابات، ندد كتّاب وصحفيون بـانتخابات الغرفة التجارية، منتقدين خاصة "الوعود الإنتخابية العجيبة" وظاهرة "شراء الأصوات" و"المحاباة والقبلية"، كما دعا أحدهم إلى "إلغاء" نتائج الانتخابات.

فكتب تركي الدخيل في "الوطن": "شهدت الانتخابات في الغرفة التجارية، للمرة الأولى دخول المرأة ضمن المرشحين للانتخابات، لكنها تلطّخت بانحرافات مُخجلة. ولم تتوقف غرائب المرشحين للانتخابات عند الحملات التي صُرف عليها الملايين، حتى في ظل الأزمات العالمية الطاحنة، ولا على الوعود الانتخابية الغريبة، ولا على المحفزات التي قدمها بعض المرشحين للناخبين من تذاكر السفر إلى دبي، وأجهزة الكمبيوتر الشخصية، والهواتف النقالة، والهدايا الأخرى، بغية الحصول على أصواتهم".

وأضاف متأسفا: "رجال الأعمال الحاصلون على سجلات تجارية، يفترض أنهم يمثلون طبقة أكثر تميزا من عامة الناس، ولو كان بعضهم جاهلا إلى درجة تدعو إلى الشفقة. كان من المفروض أن تقودنا هذه الانتخابات خطوة إلى الأمام، لكن شراء الأصوات جعلتها أمحق الانتخابات".

سوق انتخابية
اتخذ العديد من المرشحين في الانتخابات من مكافحة البطالة والتضخم وأزمة السكن، أهم أولوياتهم، فكتبت صحيفة "الحياة" بأن مرشـّحين وعدوا الناخبين بإنشاء مصانع في بيروت وشرم الشيخ (مصر)، وفي الرياض بالنسبة للناخبات، من أجل القضاء على البطالة. كما التزم آخرون بحل أزمة السكن والسيطرة على معدلات التضخم في المملكة.

وتأسف أحد المرشحين غير الفائزين، فهد بن محمد الفريان، في صحيفة "الرياض" قائلا: "لقد عادت بنا هذه الانتخابات إلى المربع الأول، إلى القبلية الجاهلية التي حاربها الملك عبد العزيز بن سعود، رحمه الله". لقد ذكرته هذه الانتخابات بـ"مزاين الإبل" أو مسابقة الجَمال الخاصة بالجِمال ينظمها سكان الخليج المخلصين لتقاليدهم البدوية والمعروفين بحبّهم لتربية الجمال.

من جهته، تأسف خالد حمد السليمانى على "العصبية القبلية أو العرقية أو المذهبية" التي أحاطت بهذه الانتخابات، مشيرا في نفس الوقت بأن "الديمقراطية في العالم الغربي عجزت عن الفصل بين قوة الأفكار ونفوذ المال". وتساءل سليمان في مقال بعنوان "شراء الأصوات.. عيني عينك!"، نشر في 15 نوفمبر في "عكاظ" إذا كانت وزارة التجارة "ستغض النظر على هذه الممارسات غير القانونية".

وبعد أن عرض نموذجان لرسائل جوال تلقاها كثير من مشتركي الغرفة التجارية بالرياض من بعض المرشحين، تعرض عليهم هدايا مثل تذاكر سفر وإقامة في دبي أو أجهزة إلكترونية، تساءل سليمان: "هل ستنتصر وزارة التجارة للقانون الذي يجرم شراء الأصوات؟ هل تمتلك الجرأة للتحرك لمعاقبة المتورطين وشطب نتائج الفائزين منهم؟ أم هل ستغض الطرف، ليتلقى المخطئون الرسالة الخاطئة؟"

Démocratie à la saoudienne: un petit pas en avant, un grand pas en arrière

Par Habib TRABELSI

Un petit pas en avant en Arabie saoudite: des femmes d’affaires ont brigué des sièges au Conseil d’administration de la Chambre de commerce et d’industrie à Ryad, mais le scrutin, entaché d’irrégularités, était «un grand pas en arrière» pour la démocratie balbutiante dans cette monarchie.

Scrutin inédit à Ryad

Aucune des trois candidates, Houda al-Jarissi, Amal Badreddine et Basma Qamcha, n’a été élue. Aucun mystère: avant le scrutin, elles avaient confié au quotidien Al-Watan qu’elles partaient perdantes d’avance, face à 37 concurrents déterminés à dépenser énormément pour occuper les 12 sièges à pourvoir et un électorat quasi-exclusivement masculin. Il leur reste à espérer être désignées parmi les six membres à nommer directement par le pouvoir.

Selon les résultats officiels, plus de 6.000 électeurs, sur les quelque 41.000 inscrits, ont participé au vote. Cinquante-huit femmes seulement, sur les 2.600 inscrites, ont voté.

En novembre 2005, pour la première fois en Arabie saoudite, deux femmes avaient accédé, à l’issue d’élections, au Conseil d’administration de la Chambre de Djeddah, la ville qui a ouvert la voie de «démocratisation» du royaume wahhabite, entamée dans la foulée du «11 septembre 2001».

Femmes d’affaires par procuration
Les Saoudiennes, obligées de sortir voilées, interdites de conduire des voitures, de voyager sans «tuteur» mâle, font depuis quelques années leurs premiers pas, discrètement et par procuration, dans le monde des affaires.

En raison de la stricte séparation des sexes dans le royaume, les Saoudiennes sont tenues de «charger un tuteur (ou garant saoudien) de la représenter auprès des institutions officielles et pour toute tractation avec une tierce partie», en vertu de la législation saoudienne.

L’obligation de garants pour gérer leurs affaires est considérée par les femmes d’affaires comme la principale entrave à l’investissement dans le secteur privé.

En dépit de cette législation, en voie de disparition, les investissements des Saoudiennes sont estimés à plus de 120 milliards de riyals (environ 32 milliards de dollars). Le gros de ces investissements est dirigé vers le secteur des services et l’immobilier.

A la Chambre de Ryad, plus de 5.000 Saoudiennes ont des registres commerciaux, sur quelque 43.000 registres détenus par les femmes dans le royaume, selon la presse locale.

«Scrutin des plus maudits»
Après l’euphorie qui a précédé le scrutin, plusieurs écrivains et journalistes réputés ont dénoncé tour à tour «les dépenses ridiculement disproportionnées par rapport à l’enjeu», «les promesses électorales mirobolantes», «les pots-de-vin et l’achat de voix flagrants», «le népotisme et le tribalisme», l’un d’eux allant jusqu'à réclamer «l’annulation» pure et simple des résultats des élections.

«Certes, on a vu l’entrée des femmes dans les élections mais celles-ci ont été entachées d’aberrations honteuses: des millions gaspillés au moment où le monde est secoué par un désastre financier, des candidats qui font d’étranges promesses, qui offrent aux électeurs des billets d’avion et des séjours à Dubaï, sans compter des ordinateurs portables, des téléphones cellulaires et autres cadeaux, pour gagner leur voix», écrivait Turki Al-Dekhil, dans Al-Watan.

«Les hommes d’affaires, ceux qui ont des registres commerciaux sont censés être la fine fleur de la société, même si certains d’entre eux sont pitoyablement ignorants. Ces élections sont supposées être un pas en avant, mais l’achat des voix et les pots-de-vin ont en fait un scrutin des plus maudits», déplorait Dekhil.

Chômage, logement, inflation: trois chevaux de bataille
Plusieurs candidats ont fait de la lutte contre le chômage, l’inflation et la crise du logement leurs principaux chevaux de bataille.

Le quotidien Al-Hayat a rapporté que des candidats promettaient aux électeurs des usines à Beyrouth et à Charm El-Cheikh (la station balnéaire en Egypte) et aux électrices des usines à Ryad, pour éradiquer le chômage. D’autres se sont engagés à résoudre la crise de logement ou à juguler l’inflation galopante dans le royaume.

«Une chose est sure: ces élections nous ont ramenés à la case départ, au tribalisme d’antan, combattu par le roi Abdel Aziz Ibn Saoud», le fondateur du royaume, a déploré dans Al-Riyad son confrère Fahd ben Mohamed Al-Faryane, l’un des candidats malheureux.

Un souk électoral
Ces noces électorales lui ont rappelé les «Mazayin al-Ibil» ou concours de beauté pour dromadaires, organisés par des habitants du Golfe, fidèles à leurs traditions bédouines et réputés pour leur passion pour l’élevage de chameaux.

Khaled Hamad Al-Sulaiman regrettait lui «le tribalisme, le chauvinisme et le népotisme» qui ont entouré les élections, en admettant toutefois qu’«en Occident, les élections n’échappent pas au pouvoir de l’argent».

Evoquant, preuves à l’appui, le 15 novembre dans Okaz l’achat des voix des électeurs, Sulaiman se demandait si le ministère du Commerce allait «fermer l’œil sur ces pratiques illégales».

«Le ministère aura-t-il l’audace de punir les candidats impliqués (dans l’achat des voix) et de rayer leurs noms de la liste des vainqueurs ? », s’est-il interrogé.

14.11.08

حوار الأديان: الرياض تؤكد أن "المصافحة التاريخية" لم تتم

بقلم حبيب طرابلسي
ترجمة وداد زداني
مدّت المملكة العربية السعودية يدها لإسرائيل، ولكن لم تتم أية مصافحة بين الملك عبد الله والرئيس الإسرائيلي شمعون بيريز خلال مؤتمر حوار الأديان، الذي اختتم يوم الخميس في مقر الأمم المتحدة بنيويورك، حسبما تم التأكيد عليه بإلحاح يوم الجمعة في الرياض.

وشددت صحيفة "الوطن" السعودية يوم الجمعة على أن "المملكة العربية السعودية يحسب لها أن تكون هي من مدت اليد الأولى" لإسرائيل، مؤكدة أن المملكة "ليس لديها مشكلة مع أي دين كان" ومذكرة بالصدى الذي أثاره خطاب الملك السعودي لدى "المعسكر الآخر، معسكر الأعداء (...)عندما وقف الرئيس الإسرائيلي شيمون بيريز ليخاطب خادم الحرمين الشريفين قائلاً: "صاحب الجلالة ملك السعودية كنت أنصت لرسالتكم وأود أن يصبح صوتكم هو الصوت الغالب في المنطقة بأسرها".

كما قالت الصحيفة أنه "لم تتم أية مصافحة بين خادم الحرمين الشريفين والرئيس الإسرائيلي" مؤكدة أن "العشاء الذي نظمه الأمين العام للأمم المتحدة تم الفصل بين الطاولات فيه".

وأضاف كاتب افتتاحية "الوطن" أن "المملكة تريد الإشارة إلى أنه "لن يتم عمل لقاء مباشر ولا مصافحة (بين مسؤولي البلدين) إلا بعد أن تتوقف إسرائيل عن انتهاك الحقوق الفلسطينية وأن تخطو خطوات جادة في سبيل السلام الذي باتت كُرته اليوم في ملعبها".

وأبرزت العديد من الصحف الأخرى يوم الجمعة "المعلومة" التي كشفتها صحيفة "الوطن" ذاتها، بأن الرئيس الإسرائيلي أبلغ، قبل لقاء نيويورك (12 و13 نوفمبر)، "من قبل مسؤولين في الأمم المتحدة، ألا يحاول مصافحة خادم الحرمين قبل أو بعد خطاب" العاهل السعودي.

من جهته، كتب خالد الغنامي، في صحيفة الوطن كذلك، أن "هذه المصافحة ليست محرمة دينيا، لكنها تحتاج لثمن سياسي يقدمه الطرف الإسرائيلي، بأن يكون هناك تعبير عملي عن الرغبة الحقيقية في السلام يتجاوز مجرد الاعتراف بالمبادرة العربية للسلام "، مؤكدا أن الدولة العبرية "لم تقدم شيئا في سبيل السلام سوى المراوغة ومحاولة الالتفاف على القرارات الدولية".

وكان عبد الباري عطوان، رئيس تحرير صحيفة "القدس العربي" التي تصدر في لندن، قد دق ناقوس الخطر عشية المؤتمر.
فبعد أن نبه إلى أن "هناك مدرسة سعودية تضغط باتجاه التطبيع مع إسرائيل وإقامة علاقات سياسية تحالفيه معها، لمواجهة المد الإيراني "، قال عطوان: "لا نستطيع منع المصافحة، ولكننا نملك الحق في النصح. نقول للعاهل السعودي القِ كلمتك وامشِ، ولا تصافح أحدا".

وأضاف عطوان: "قد يجادل البعض بأن الآخرين طبّعوا وصافحوا، ومن بينهم أصحاب القضية (الفلسطينيين)، وزعماء دول كبرى مثل مصر، ولكن العاهل السعودي هو "خادم الحرمين الشريفين "، وليس أي زعيم عربي أو مسلم آخر، ولبلاده مكانة خاصة في العالمين العربي والإسلامي".

و كالعادة، أثارت الافتتاحية عددا كبيرا من ردود الأفعال من قبل مستخدمي الانترنت من كل أنحاء القطر العربي، خاصة المملكة العربية السعودية، وكانت أغلبيتها في نفس اتجاه رئيس التحرير" الكاريزمي".

وقد اغتنم عدد كبير منهم الفرصة لإدانة كل "المصافحات التاريخية"، بدءً بمصافحة القائد الفلسطيني السابق ياسر عرفات، مع رئيس الوزراء الإسرائيلي آنذاك، إسحاق رابين، في سبتمبر 1993، في البيت الأبيض، لترسيخ اتفاق اوسلو بصفة رمزية.

وعبّر آخرون عن استيائهم ضد العاهل السعودي الذي رعى مؤتمر نيويورك، متهما إياه بأنه "يريد استرضاء الغرب الذي لا يفتأ ينتقد المملكة السعودية الوهابية المتحجرة".

من جهته، تساءل "مُقبل" قائلا: "كيف يمكن تفسير حماس الملك عبد الله لحوار الأديان في حين أنه لا يستطيع مطلقا تحمل أي حوار مع الإصلاحيين السعوديين الذين يزجهم في السجن فقط لأن رأيهم لا يعجبه"؟

و"توقع" "مقبل" أن "تفتح القمة حول حوار الأديان المجال أمام بناء أماكن مقدسة للكافرين في شبه جزيرة العرب".

لكن بعض القراء الآخرين، عبّروا عن آراء مغايرة تماما إذ أشاد عدد كبير منهم "بالمبادرة التاريخية للملك عبد الله الذي وضع بلاده في الواجهة الأمامية للساحة الدولية" محذرين في نفس الوقت المملكة العربية السعودية من "فخّ تطبيع متسرّع مع العدو الصهيوني".

ويرى محمد المحتسب بأن "المصافحة ليست هي القضية... القضية تكمن في التنازل عن المبادئ والتهاون في الحقوق، فليصافح القادة من شاؤوا ولكن لا يفرطوا بالمبادئ ولا يضيعوا الحقوق ولا يبيعوا أوطانهم بأبخس الأثمان وأوهى الوعود ... وليس هذا هو الحال كما يبدو بالنسبة للملك عبد الله".

كما استعمل البعض الآخر أسلوب السخرية. فقالت السيدة بوران بشير: "دعهم يتصافحون أمام الكاميرات وأمام العالم ويتبادلون القبلات علنا بدلا من اللقاءات السرية والخلوات غير الشرعية" في إشارة إلى "التمييز الجنسي" القائم في المملكة العربية السعودية.

وأضافت: "إن بعض الحكومات العربية تفضل مد أيديها إلى العدو الصهيوني الذي استباح الأرض وهتك العرض ويخطط لابتلاع الوطن العربي بأكمله، على الجار المسلم (إيران) الذي يطالب بطرد المحتل واسترجاع الأرض والشرف والكرامة".

Dialogue interreligieux: la poignée de mains historique n’a pas eu lieu, insiste Ryad

Par Habib TRABELSI

L’Arabie saoudite a tendu la main (à Israël) mais aucune poignée de mains n’a été échangée entre le roi Abdallah et le président israélien Shimon Peres lors de la conférence sur le dialogue interreligieux qui s'est achevée jeudi au siège des Nations unies à New York, se targue-t-on de souligner vendredi à Ryad.

«Le royaume saoudien peut compter à son actif le fait d’avoir été le premier à tendre la main» à Israël, se félicite vendredi l’influent quotidien saoudien Al-Watan, en soulignant que le royaume «n’a aucun problème avec aucune religion» et en rappelant l’écho suscité «dans le camp ennemi» par le discours du souverain saoudien.

«Mais aucune poignée de mains n’a été échangée entre le Serviteur des deux saintes Mosquées (à La Mecque et à Médine) et le président israélien Shimon Peres», soutient le journal, en soulignant que durant le dîner auquel les deux dirigeants ont pris part à l’invitation du chef de l’ONU, ils n’étaient pas assis à la même table.

«Le royaume veut signifier par là qu’il n’y aura de rencontre directe ou d’échange de poignée de mains (entre responsables de deux pays) que lorsque Israël cessera de violer les droits des Palestiniens et fera un pas sérieux sur la voie de la paix. La balle est donc dans son camp», conclut l’éditorialiste d’Al-Watan.

Plusieurs autres quotidiens mettent en avant vendredi une «révélation» du même quotidien Al-Watan, selon laquelle, avant la rencontre de New York (les 12 et 13 novembre), le président israélien avait été «informé par des responsables de l’ONU qu’il ne devait pas essayer de serrer la main au Serviteur des deux saintes Mosquées, ni avant, ni après le discours» royal.

«Du point de vue religieux, l’échange de poignées de mains n’est pas illicite. Mais Israël doit en payer le prix», écrit pour sa part Khaled Al-Ghanmi, également dans Al-Watan, en soulignant que «l’Etat hébreu n’a encore rien apporté en faveur de la paix, en dehors des tergiversations et des fuites en avant».

A l’avant-veille du sommet de New York, le très populaire rédacteur en chef d’Al-Quds al-Arabi, un journal édité à Londres, Abdel Bari Atwan, avait tiré le signal d’alarme, en «recommandant» au souverain saoudien de ne pas serrer la main M. Peres ou à aucun autre responsable israélien.

«Certes, nous ne pouvons pas empêcher la poignée de mains, mais nous avons le droit de donner un conseil: nous disons au souverain saoudien: prononcez votre discours et quittez la tribune ! Ne serrez la main à personne», écrivait notamment Atwan.

«D’aucuns pourront arguer que d’autres dirigeants arabes --dont les premiers concernées par la cause (ndlr: les Palestiniens) et ceux de grands pays comme l’Egypte-- ont normalisé leurs relations avec Israël et donné l’accolade à des dirigeants israéliens», consentait-il.

«Mais le souverain saoudien n’est pas n’importe quel dirigeant arabe. C’est le Serviteur des deux saintes Mosquées ! Son pays a un statut particulier dans le monde arabe et musulman», arguait Atwan.

Comme d’habitude, son éditorial, reproduit sur plusieurs sites internet, a donné lieu à une avalanche de réactions et de commentaires de lecteurs de l’ensemble du monde arabe, notamment d’Arabie saoudite. Comme d’habitude, la quasi-totalité des avis allaient dans le sens du rédacteur en chef charismatique.

Bon nombre d’entre eux en ont profité pour vouer aux gémonies toutes «les poignées de mains historiques», à commencer par celle, en septembre 1993, de l’ancien leader palestinien Yasser Arafat avec le Premier ministre israélien à l’époque, Yitzhak Rabin, sur la pelouse de la Maison Blanche, scellant symboliquement l’accord d’Oslo.

D’autres internautes ont déversé leur fiel sur le souverain saoudien, qui a parrainé la rencontre de new York, l’accusant notamment de «chercher à plaire à l’Occident qui critique en permanence le royaume wahhabite archaïque».

«Comment expliquer la ferveur du roi Abdallah pour le dialogue des religions, alors qu’il ne tolère aucun dialogue avec les réformateurs saoudiens qu’il emprisonne simplement parce que leur opinion ne lui convient pas ?», s’est interrogé «Moqbil».

«Le sommet sur le dialogue des religions donnera le coup d’envoi à la construction de lieux de culte des mécréants dans la péninsule des Arabes», prédisait-il.

Certains lecteurs ont toutefois émis des avis différents. Plusieurs d’entre eux ont salué «l’initiative historique du roi Abdallah qui a placé son pays au devant de la scène mondiale», en mettant toutefois en garde l’Arabie saoudite contre «le piège d’une normalisation hâtive avec l’ennemi sioniste».

«Echanger une poignée de mains avec les ennemi n’est pas un problème. Le vrai problème, c’est de renoncer aux principes et de lésiner sur les droits, c’est de vendre son pays à vil prix. Ce n’est certainement pas le cas du roi Abdallah», a estimé «Mohammed al-Mohtasab».

D’autres ont optée pour la dérision.

«Laissons-les se serrer les mains au grand jour, laissons-les se donner l’accolade devant les caméras de télévision ! Ceci est préférable aux réunions secrètes et aux khilwas illégitimes», ironise «Mme Boraan Béchir», en référence à la ségrégation sexuelle en vigueur en Arabie saoudite.

Et Boraan d’ajouter: «d’ailleurs, certains gouvernements arabes préfèrent tendre la main à l’ennemi sioniste, plutôt qu’à l’Iran, le pays voisin musulman qui cherche à chasser l’occupant et recouvrer les territoires spoliés et laver l’honneur bafoué».

13.11.08

Dialogue des religions

Un événement/Deux opinions

L’événement: Il s’agit de la rencontre à l'Assemblée générale de l'ONU (à New York, les 12 et 13 novembre) sur le dialogue interreligieux, parrainée par le roi Abdallah ben Abdel Aziz d’Arabie saoudite, en présence notamment du président israélien Shimon Peres qui a salué l’initiative «sans précédent» du souverain saoudien.

1 – La presse saoudienne

Plusieurs jours avant la conférence, la presse locale a consacré de nombreux articles, signés des plus grands éditorialistes saoudiens, saluant l’ «initiative historique du Serviteur des deux saintes Mosquées», le roi Abdallah ben Abdel Aziz.

Les éditorialistes ont souligné à l’envi que le parrainage de ce sommet à l’ONU par «le roi de l’humanité», représentait «un grand succès diplomatique» pour le royaume saoudien.

Ils ont mis en exergue le fait que le roi Abdallah avait déjà à son actif la présidence, du 16 au 18 juillet 2008 à Madrid, d’une conférence mondiale sur le dialogue entre l’islam, le christianisme et le judaïsme, organisée par la Ligue islamique mondiale, basée à La Mecque.

Cette conférence avait été convoquée sur une proposition du roi Abdallah, dont le pays ultraconservateur est guidé par le wahhabisme, une doctrine rigoriste de l’islam.

Voici deux extraits de la presse:
«Le sommet historique (à New York) a commencé par la conférence islamique à La Mecque, qui s’est élargie à Madrid, pour se transformer en une rencontre internationale sous l’égide de l’ONU (…).
Par son initiative, le roi Abdallah ne cherchait pas à briller aux dépens d’autres (ndlr: dirigeants), mais il avait compris que sa responsabilité en tant que représentant du pays qui abrite les deux saintes Mosquées (ndlr: la Grande Mosquée à La Mecque et la Mosquée du prophète à Médine), dans un monde sous l’emprise du fanatisme et de la violence, lui incombait de prendre cette initiative», écrivait notamment, le 12 novembre, l’éditorialiste d’Al-Riyad, Youssef Al-Koweilit.

http://www.alriyadh.com/2008/11/13/article387637.html

«L’appel au dialogue de la part du Roi de l’Humanité, l’homme des réformes et des initiatives historiques, est significatif de la politique pacifique du royaume envers tous.
Cette initiative émane de berceau de l’islam. Le parrainage de cette initiative par l’ONU confirme la renommée de l’Arabie saoudite sur la scène mondiale», lisait-on le même jour Okaz.

http://www.okaz.com.sa/okaz/osf/20081113/Con20081113240497.htm


2 – Le mouvement islamique pour la réforme en Arabie (MIRA, opposition en exil, à Londres).
Voici de larges extraits d’un communiqué publié sur son site internet, à la veille du sommet:

«Le mouvement tient à apporter les commentaires suivants, sur cet événement:
I - Comment Abdallah Ben Abdel Aziz peut-il adopter le dialogue alors qu’il ne tolère aucune action pacifique dans son pays ? Comment se rend-il à Madrid et à New York pour le dialogue, alors qu’il emprisonne des professeurs d’université, des intellectuels et des prédicateurs pour la simple raison que leur opinion ne lui convient pas ?

II - Comment Abdallah adopte-t-il le dialogue international, alors que l’information dans son pays est celle de la voix unique ? Comment peut-il accepter de partager la chaire avec Peres et ses semblables, alors qu’il a le monopole total de l’information dans le pays dont il est souverain ?

III - En quoi les personnalités politiques sont-elles concernées par le dialogue des religions ? Indépendamment des formalités de cette invitation, sur quelle base Shimon Peres est-il invité? Pouvons-nous dire, en toute sérénité, que ceci s’inscrit davantage dans le cadre de la normalisation avec Israël que dans celui d’un dialogue des religions ?

IV - Abdallah prétend et confirme avoir eu le feu vert des oulémas, alors que nous n’avons pris connaissance d’aucun communiqué de l’instance des Grands Oulémas sur ce dialogue, et nous n’avons appris aucune position avérée des oulémas à ce sujet. Lorsque les oulémas sont interrogés sur ce dialogue, ils répondent comme s’ils étaient interrogés pour la première fois sur la question (…).

V - Nous savons que l’instance des Grands Oulémas, avec toute sa composante, lors de ses précédentes prises de position, considère que cette méthode de dialogue est prohibée. En répondant à une question sur ce dialogue, les oulémas passent en revue les différentes manières de dialoguer, l’interlocuteur en déduit que leur fatwa n’autorise pas ce type de dialogue. Comment Abdallah ose-t-il s’opposer à la position des cheikhs sur lesquels repose sa prétendue légitimité ?
(…).

Cet enthousiasme pour le prétendu dialogue, même s’il est à l’opposé de l’orientation de l’école religieuse dominante et même s’il suscite une gêne chez les Al-Saoud, puisqu’il porte atteinte aux fondements mêmes de la doctrine wahhabite, et pour les oulémas devant leurs sujets, reflète la détermination du roi Abdallah et de son équipe des relations publiques, à donner satisfaction à l’Occident, et pas seulement les gouvernements. Les gouvernements occidentaux sont en effet, déjà satisfaits du dévouement d’Abdallah et de ses frères et de leur souci de servir l’Occident. Cependant l’opinion publique occidentale, représentée par les médias et les centres de recherche, critiquent en permanence le royaume wahhabite archaïque et associent ses gouvernants au terrorisme et à l’extrémisme.

Abdallah veut obtenir satisfaction auprès de l’opinion publique occidentale, et pour cela, il est prêt à en payer le prix, même en ignorant les oulémas et toute l’école de Nejd (ndlr: une région du centre du royaume. Elle fut conquise sur l’Empire ottoman par Abdel Aziz ben Abdel Rahman Al-Saoud qui s’y tailla un émirat grâce à son alliance avec le wahhabisme entre 1899 et 1932. Le Nejd devint en 1932 une province de l’Arabie saoudite actuelle). C’est dans ce même souci qu’il veille à la normalisation avec Israël sous couvert de dialogue religieux.

Par ailleurs, le silence observé par les oulémas concernant l’attitude d’Abdallah, prouve que ceux-ci sont prêts à soutenir leur gouverneur même s’il fait fi des fondements de la religion et des priorités de la doctrine. Ceci conforte notre conviction que ces oulémas suivront leur gouverneur où qu’il aille, et sont prêts à céder même en ce qui concerne les grandes causes de la doctrine religieuse, si le gouverneur le leur demande.

(Traduit de l'arabe par Widad ZEDANI - Relu par Habib TRABELSI)

12.11.08

Un événement – Deux versions

L’événement: la «démission» d’un prince saoudien
Version officielle: Saudi Press Agency (SPA)

Le roi Abdallah ben Abdel Aziz d’Arabie saoudite a démis de ses fonctions le gouverneur de la province de Najrane (sud-ouest), «à sa propre demande», a annoncé mardi (4 novembre) l’agence officielle SPA.

Le souverain saoudien a démis le prince Mechaal ben Saoud ben Abdel Aziz de ses fonctions de gouverneur de la province de Najrane, «à sa propre demande», a rapporté l’agence, citant un décret royal qui ne précise ni le motif du départ ni le nom du successeur du prince Mechaal.
***

Version de Madawi AL-RASHEED, une Saoudienne basée en Grande-Bretagne, professeur d’Anthropologie sociale au King’s College de Londres.

(Traduit par: Widad ZEDANI - Relu par: Habib TRABELSI)

Arabie Saoudite : la minorité réussit à destituer un prince
Le Roi Abdallah, a limogé le prince Mechaal ben Saoud, gouverneur de la province de Najrane, une région à minorité d’Ismaéliens dans le sud-ouest du royaume.

L’Etat saoudien avait pris le contrôle de cette province aux dépens du Yémen, en 1934. Mais la province souffre de pauvreté et de marginalisation, alors que des projets de développement sont entrepris dans d’autres régions du royaume, entraînant ainsi l’exode d’un grand nombre de ses habitants vers les grandes villes en quête d’emplois et de services.

Dans l’objectif de faire de la population ismaélite locale une minorité, l’Etat a organisé une sorte d’«immigration» orientée avant de désigner, à la tête de la province, un prince sans aucun lien social ou historique avec la région. En effet, le gouvernorat des provinces administratives représente un «butin» que l’Etat répartit entre les membres de sa famille.

Les provinces stratégiques reviennent au cercle proche du centre du pouvoir (telles que Ryad, la province méridionale – riche en pétrole- ou La Mecque), alors que les autres provinces, de moindre importance, reviennent aux princes de second rang.

Ainsi, la province de Najrane était gouvernée par un des fils du roi défunt Saoud Ben Abdelaziz, qui a été «démis de ses fonctions à sa demande», selon la version officielle.

Nul n’ignore que les fils du Roi Saoud n’occupent pas de postes sensibles. Aussi est-il très aisé de les destituer et de les remplacer, au gré des intérêts de l’Etat.

La province de Najrane a connu une importante activité politique depuis 2000. Une rébellion contre le pouvoir répressif du prince a eu pour conséquence l’interpellation de 400 citoyens.

Des médias étrangers et des organisations des droits de l’Homme ont dénoncé la marginalisation de la minorité ismaélite qui a fait entendre sa voix à l’extérieur du pays tout comme la minorité chiite avait réclamé ses droits dans la province méridionale, il y a plus de vingt ans.
Après des heurts avec le pouvoir et les forces de sécurité, l’Etat a dû changer de méthode en 1993 et ouvrir le dialogue avec les symboles du mouvement politique chiite.
Aujourd’hui, c’est au tour de la minorité ismaélite d’imposer la destitution du prince.

L’Arabie Saoudite ne semble réagir qu’aux affrontements violents. L’attitude du pouvoir saoudien face à la question des Ismaélites en est la preuve. La majorité passive devrait alors peut-être en tirer des leçons, elle qui continue à suivre des méthodes d’opposition «civilisées» comme les communiqués, les pétitions, et récemment la grève de la faim.

Quelle que soit la durée de la grève de la faim, le pouvoir ne répondra pas aux exigences de la majorité de libérer les prisonniers d’opinion. Tant que cette majorité demeurera silencieuse, le pouvoir ne destituera pas de prince directement responsable de l’arrestation de centaines d’activistes et d’opposants, surtout si ce prince règne sur un Etat dans l’Etat, contrairement au «petit» gouverneur de Najrane.

L’Etat dévoile quelques fois les pratiques des gouverneurs de petites provinces afin de jouer son rôle de protecteur de la société, mais il demeure impuissant face aux dépassements de centaines de responsables de provinces stratégiques.

Son impuissance prouve la sélectivité avec laquelle il traite les questions importantes, surtout que son autorité fléchit dès qu’il s’approche des «symboles forts» qui jouissent d’une immunité immuable. Ils sont seuls à être au-dessus des lois qu’ils promulguent eux-mêmes et qu’ils appliquent à leur convenance, sans rendre de comptes, et sans la moindre transparence.

La province de Najrane est devenue l’exemple à suivre par la majorité dans son action politique, dans un Etat toujours plongé dans l’injustice, à arrêter et juger de façon totalement arbitraire. Aucune grève de la faim ne réussira à libérer des prisonniers politiques sauf si elle est exploitable au plan médiatique pour faire reluire l’image de certains hauts responsables.

La question des prisonniers politiques est une question humanitaire au premier degré, et ne doit pas être exploitée politiquement, à des fins occultes. Malheureusement nous avons une majorité éparpillée, incapable de s’unir et de poursuivre son projet de réforme.

Sa capacité à faire face à la répression reste limitée, et certains de ses symboles préfèrent temporiser, de peur de perdre une fonction, ou de se voir interdits de voyager ou d’être arrêtés de façon arbitraire. Ainsi, le pouvoir se charge d’eux individuellement, tout en sachant que c’est la meilleure manière d’écraser dans l’œuf toute action politique.

La tyrannie des gouverneurs des provinces restera inchangée, malgré le limogeage du prince de Najrane. Elle ouvre la voie à d’autres moyens de pression dans d’autres provinces, tant que ces postes demeurent le monopole des princes qui y sèment le désordre en toute impunité.

Même si cette question n’est toujours pas réglée aujourd’hui, c’est quand même le début de la fin de l’individualisme saoudien et de la suprématie du centre sur les autres localités qui ne veulent plus être considérées comme une propriété individuelle que l’Etat octroie à ses proches.

Pourvu que la majorité silencieuse apprenne de la minorité l’art d’arracher ses droits.

(Publié dans Al-Quds al-Arabi, le quotidien arabe édité à Londres).
http://www.watan.com/index.php/200811105754/2008-11-10-22-27-05.html

10.11.08

في السعودية، تحترق الطالبة ولا تسقط عباءتها

بقلم حبيب طرابلسي
ترجمة وداد زداني

خير للبنات في المملكة العربية السعودية أن تحترق من أن تَراهُنَّ عين رجل أو أكثر أن تلمسهن يد ذكر، مما تتأسف له مثقفات سعوديات يتذكرن مأساة حريق مكة المكرمة في مدرسة بنات قبل حوالي سبع سنوات.

ممنوع طلب النجدة
"يحدث ذلك فقط في مدارس البنات: في حالة نشوب حريق، ليس للمديرات أو المعلمات الحق في تبليغ الدفاع المدني، حتى ولو رأين ألسنة النيران تأكل المباني وتقصف الأرواح"، كما كتبت أمل زاهد، يوم الأحد 9 نوفمبر، في صحيفة "الوطن".

"تلك الأرواح الشريرة الحاملة لميكروب الأنوثة (...) دفنُها بعوراتها خير من فضيحة رؤية رجال الدفاع المدني لها"، كما أضافت زاهد مشيرة إلى ذكرى 11 مارس 2002 المأساوية.

الممنوع من أجل ... الموت
في ذلك اليوم، احترقت 15 طالبة في حريق مدرستهن في مكة المكرمة، "المدرسة 31"، إذ في المملكة العربية السعودية، تحمل مدارس البنات مجرد "أرقام"، عكس مدراس البنين التي عادة ما تحمل أسماء الصحابة، أو العلماء المسلمين، أو القادة العرب.

نقلت الصحافة المحلية آنذاك، عن شهود عيان منهم بعض رجال الدفاع المدني، أن العديد من أفراد هيئة الأمر بالمعروف والنهي عن المنكر، أو شرطة الأخلاق، قد أعاقوا جهود فرق الإنقاذ.

ففي "المدرسة 31"، مُنعت الطالبات من الخروج بدون عباءة من الحريق، مُنعت من اجتياز باب المدرسة دون حضور محرم. كما مُنع رجال المطافئ من الاقتراب من البنات، من أجل إنقاذهن، احتراما لقاعدة "الخلوة الشرعية".

فـ"الخلوة"، أو اللقاء بين رجل وامرأة لا ينتميان إلى نفس العائلة المباشرة، تُعتبر مخالفة للشريعة الإسلامية التي تطبق تطبيقا صارما في العربية السعودية. وهي تخضع للعقاب بالجلد أو السجن.

مدارس "محاصرة" بدون مخرج طوارئ
أضافت زاهد أنه: "إلى جانب منع الاتصال بالدفاع المدني، ترفض إدارة تعليم البنات الكشف على المدارس وإزالة السياجات الحديدية منها ليتسنى للدفاع المدني إخماد الحرائق".

لقد أُنشِئت إدارة تعليم البنات سنة 1960، عند بداية تعليم البنات العام في المملكة، أي أكثر من ثلاثين سنة بعد وضع نظام تعليم للذكور. وقد عارض آنذاك جزء من الهيئة الدينية التي يدعمّها العديد من الأهل المحافظين، طويلا فكرة التعليم العام للبنات.

حريق كل يومين
"هل روح المرأة أدنى من روح الرجل"؟ تتساءل من جهتها هتون أجواد الفاسي، مؤرخة وكاتبة سعودية، مشيرة إلى أن مدارس البنات، والمحلات والمشاغل النسائية، "ليس لها إلا مدخل واحد هو نفسه المخرج، مما يتعارض مع قوانين السلامة في العالم كله ووفق تعليمات الدفاع المدني السعودي نفسه".

وأضافت هتون فاسي لصحيفة "الرياض" أن "الإدارة ليس لها الحق في تبليغ الدفاع المدني في حالة نشوب حريق"! معبّرة عن أسفها أن مأساة مكة المكرّمة لم تقرع ناقوس الإنذار. وقالت أن "منذ بداية السنة الدراسية، بتاريخ 26 أكتوبر، سجّل حوالي حريق في كل يومين، في المنطقة الشرقية".

وأكدت أيضا أمل زاهد أن "عدد الحرائق قُدّر بـ260 في خمس سنوات، في المنطقة الشرقية" لوحدها في المملكة الشبه صحراوية حيث تقارب درجة الحرارة فيها الـ50 درجة مئوية، مقترحة على كل أب وأم "كحل للإشكالية ... شراء معطف واق من النيران لابنتهما، وتزويدها بأسطوانة إطفاء للحرائق حرصا على سلامتها".

سيدات الإطفاء... في المملكة العربية السعودية
أمام تزايد الحرائق، قام عدد كبير من مدارس البنات بإنشاء فرق للدفاع المدني النسائي، مكلّفة بالتدخل السريع.
هكذا تمكّنت فرقة من نساء الإطفاء يوم الأحد من احتواء حريق نشب في غرفة الوسائل التعليمية ل"الثانوية 22 للبنات" في المدينة المنوّرة، وأدّى إلى إصابة إحدى الطالبات، كما نقلت صحيفة "الرياض" (10 نوفمبر).

لقد أرسلت فرقة من الدفاع المدني في عين المكان، ولكنها اكتفت "بالمساندة الخارجية"، حسبما أوضح الناطق الإعلامي للدفاع المدني بالمنطقة.

مفارقة
كما أكّد اللواء حامد بن سيف الجعيد، مدير الدفاع المدني بالمنطقة الشرقية، ردّا عن أسئلة صحيفة "اليوم" حول تزايد الحرائق في مدارس البنات، أن "إدارة التربية والتعليم للبنات والبنين هي المسؤولة عن هذه الحرائق، باعتبار أنها يجب أن توفر كافة متطلبات السلامة داخل مدارسها" التي عادة ما تكون مباني قديمة وبالية... يا لها من مفارقة في هذا البلد الذي يُعتبر أكبر منتج ومصدّر عالمي للذهب الأسود.

العباءة حتى الموت
علّق مختلف قرّاء صحيفتي الوطن والرياض قائلين: "تحترق الطالبة ولا تسقط عباءتها"، "مدارس البنات في عرعر قنابل موقوتة"، "الطالبات معرضات للشوي في أي لحظة".

كما استاء أحدهم قائلا: "جدير بالذكر أن السعودية إحدى الدول الأطراف في اتفاقية الأمم المتحدة للقضاء على جميع أشكال التمييز ضد المرأة".

9.11.08

Plutôt brûler que se dévoiler

Par Habib TRABELSI

Les filles en Arabie saoudite peuvent brûler vives mais jamais s’exposer au regard d’un homme et encore moins être touchées de la main d’un mâle, déplorent des intellectuelles saoudiennes qui se souviennent encore d’un incendie meurtrier dans une école de filles à La Mecque, il y a près de sept ans.

Interdit d’appeler au secours

«Cela ne se produit que dans les écoles de filles: en cas d’incendie, directrices et enseignantes n’ont pas le droit de prévenir la défense civile, même si les flammes sont en train de dévorer le bâtiment et d’emporter les âmes», écrit dimanche (9 novembre) Amal Zahed dans le quotidien Al-Watan.

«Ces corps maléfiques, qui portent le microbe de la féminité, méritent d’être enterrés plutôt que de subir le scandale d’être exposés au regard des hommes de la défense civile», déplore encore Zahed, en évoquant le souvenir macabre du 11 mars 2002.

Interdire et promouvoir … la mort

Ce jour-la, quinze écolières avaient été brûlées vives dans l’incendie de leur école à La Mecque, plus précisément l’école de filles N.31: en Arabie, les écoles de filles sont désignées simplement par des numéros, contrairement aux écoles de garçons, généralement baptisés aux noms de compagnons du prophète Mahomet, de savants musulmans ou de dirigeants arabes.

La presse locale, citant plusieurs témoins oculaires, dont des agents de la défense civile, avait alors rapporté que les opérations de sauvetage avaient été entravées par des membres de la «Commission de la promotion de la vertu et de la prévention du vice», ou police des moeurs.

A l’école N. 31, il était interdit aux élèves de sortir dévoilées du brasier. Il leur était interdit de franchir la porte de l’école sans la présence d’un tuteur mâle. Il était interdit aux sapeurs-pompiers d’approcher les filles, même pour les sauver, respect de la «khilwa» légale oblige !

La «khilwa», ou rencontre entre un homme et une femme n'appartenant pas à la même famille immédiate, constitue une infraction à la charia (loi islamique) strictement appliquée en Arabie. Elle est passible de peines allant de coups de fouet à l'emprisonnement.

Ecoles «assiégées» et sans issue de secours

«Outre l’interdiction de contacter la défense civile, la Direction de l’enseignement des filles refuse d’enlever les grilles qui clôturent les écoles, ce qui entravent le travail des hommes de la défense civile, notamment en cas d’incendie», proteste encore Zahed.

La Direction de l’enseignement des filles a été créée en 1960, avec le début de l’enseignement public des jeunes filles dans le royaume, soit plus de trente ans après la mise en place du système d'enseignement pour les garçons. A l’époque, une partie de l’establishment religieux avait opposé une résistance à l’enseignement public des filles.

Un incendie tous les deux jours

«La vie d’une femme vaut-elle moins que celle d’un homme ?», s’interroge pour sa part Hatoun Al-Fasi, historienne et écrivaine saoudienne. Elle relève que «les écoles de filles, ainsi que les ateliers et magasins pour femmes, ne disposent que d’une seule porte d’entrée et de sortie, c’est-à-dire sans issue de secours, contrairement aux règles internationales de sécurité et aux consignes de la défense civile saoudienne».

«Et en plus, l’administration n’a pas le droit de contacter la défense civile en cas d’incendie !», s’exclame Al-Fasi dans le quotidien Al-Riyadh, en déplorant que la tragédie de La Mecque n’ait pas sonné l’alarme. Selon elle, «depuis le début de l’année scolaire, le 26 octobre, il y a eu en moyenne un incendie tous les deux jours dans la province orientale».

«En cinq ans, il y a eu 260 incendies, rien que dans la province méridionale» du royaume semi-désertique où le mercure peut flirter avec les 50 degrés Celsius, écrit pour sa part Zahed qui suggère aux parents d’«acheter pour leurs filles des combinaison ignifuges et des extincteurs portables».

Des pompières … en Arabie

Devant la recrudescence des incendies, bon nombre d’écoles de filles ont mis sur pied leurs propres équipes féminines de défense civile, chargées d’interventions rapides.
Ainsi, une équipe de pompières a réussi dimanche à maîtriser un incendie qui s’est déclenché dans le laboratoire du lycée de filles N.22 à Médine et s’est soldé par une blessée, rapporte lundi (10 novembre) Al-Riyadh.

Un contingent de la défense civile a été dépêché sur place, mais s’est contenté d’«un soutien de l’extérieur» de l’école, a précisé le porte-parole de la défense civile locale.

Un paradoxe

Interrogé par le quotidien Al-Youm sur la recrudescence des incendies dans les écoles de filles, le directeur de la défense civile de la province orientale, le général Hamed ben Youssef Al-Jaied, en a imputé la responsabilité à la Direction de l’Enseignement et de l’Education.

Selon lui, «la Direction est censée assurer tous les moyens de sécurité dans les écoles gouvernementales», en général des édifices vétustes et dans un état de délabrement, un paradoxe dans ce pays, le plus grand producteur et exportateur mondial d’or noir.

L’abaya ou la vie

«Brûlée vivante pour ne pas laisser tomber son abaya ! ». «Nos écoles de filles sont des bombes à retardement». «Nos filles risquent à tout moment de mourir grillées dans ces écoles-dépotoirs», commentent les nombreux lecteurs d’Al-Watan et Al-Riyadh.

«L’Arabie saoudite avait pourtant ratifié la convention des Nations unies pour l’élimination des discriminations à l’égard des femmes», s’indigne l’un d’eux.

6.11.08

مجموعة العشرين: مجلس التعاون الخليجي، "بقرة حلوب" لكن بدون ضغوط ولا قيود (إقتصاد)

بقلم حبيب طرابلسي
ترجمة وداد زداني

أبدت دول خليجية تتوفر لديها إمكانيات مالية ضخمة استعدادها للمساعدة على حل الأزمة المالية العالمية التي لم تنته فصولها بعد وذلك بالمساهمة في برنامج صندوق النقد الدولي خلال قمة مجموعة الـ20، يوم 15 نوفمبر المقبل في واشنطن، ولكنها ستسعى هذه المرة لرفض أي نوع من الضغوط والقيود.

وكان رئيس الوزراء البريطاني، غوردون براون، قد صرّح عقب جولته الأخيرة في الخليج (يوم الثلاثاء 4 نوفمبر) أنه حصل على "ردود إيجابية" من الدول الثلاثة (المملكة العربية السعودية، وقطر، والإمارات العربية المتحدة) التي زارها.

ولا شك أن الدول الثلاثة مؤهلة للمساعدة على الحل لما تمتلك من إمكانات ضخمة في صناديقها السيادية. فوفقا للإحصاءات المتداولة في الصحف الخليجية، تبلغ القيمة المالية للصناديق السيادية لدول المجلس نحو 1500 مليار دولار (أو تريليون ونصف تريليون دولار)، تستحوذ الإمارات على حوالي 875 مليار دولار و السعودية تمتلك 300 مليار دولار و الكويت نحو 250 مليار دولار وقطر حوالي 40 مليار دولار.

يهدف برنامج صندوق النقد الدولي الذي تقدر قيمته بـ250 مليار دولار، إلى مساعدة البلدان المتأثرة بالأزمة المالية الدولية التي اندلعت في 15 سبتمبر المنصرم، في وول ستريت.

وكان وزير خارجية الإمارات، الشيخ عبد الله بن زايد آل نهيان، قد أكد حتى قبل جولة براون الخليجية بأن بلاده ستبذل قصارى جهدها، بالتعاون مع الدول الخمسة الأعضاء، من أجل مساعدة المجتمع الدولي على الخروج من تبعات وتداعيات الأزمة المالية العالمية.

وأشار الشيخ عبد الله في مؤتمر صحفي مشترك مع نظيره في جمهورية ألمانيا الاتحادية، فرانك شتاينماير، أن دول المجلس اختارت المملكة العربية السعودية لعرض وجهة نظرها مجتمعة، في واشنطن.

غير أن الصحف السعودية، التي عادة ما تعكس الآراء الرسمية، واصلت يوم السبت (8 نوفمبر)، لليوم السابع على التوالي، تأكيدها على أن بلدان الخليج عازمة على "عدم الخضوع للضغط"، وحتى على "فرض شروطها".

وقد اقترح السيد عبد الله القويز، الأمين العام المساعد الأسبق لمجلس التعاون الخليجي المكلف بالشؤون الاقتصادية، سلسلة من "التوصيات" الموجّهة بصفة غير مباشرة للملك عبد الله بن عبد العزيز، الذي ستمثل بلاده مجلس التعاون الخليجي (العربية السعودية، الكويت، الإمارات العربية المتحدة، قطر، بحرين، وعُمان)، في اجتماع مجموعة الـ20 والتي تضم كلا من: الولايات المتحدة الأمريكية ، الصين ، اليابان ، كندا ، فرنسا ، ألمانيا ، روسيا ، المملكة العربية السعودية ، تركيا ، إندونيسيا ، الهند ، كوريا الجنوبية ، إيطاليا ، الأرجنتين ، البرازيل ، أستراليا ، المكسيك ، بريطانيا ، جنوب أفريقيا ، و الاتحاد الأوروبي.

أوصى السيد القويز، وهو كذلك وكيل سابق لوزارة المالية والاقتصاد الوطني للشؤون الاقتصادية السعودية، بإنشاء "جهاز أو هيئة مستقلة أو مرتبطة بصندوق النقد الدولي مشابهة لمجلس الأمن الدولي لديها سلطة تنفيذية، من أجل مراقبة المؤسسات المالية وشركات الاستثمار الأمريكية".

وأضاف السيد القويز أنه "من المتوقع أن يطلب من بلدان مجلس التعاون المساهمة لتوفير موارد إضافية للصندوق، وسيكون ذلك مقابل الحصول على امتيازات إضافية ومحسوسة" موصيا هذه البلدان برفض "أي قيود على استثمارات صناديق الثروات السيادية العائدة لدول المجلس" في الولايات المتحدة وأوروبا، التي كانت تقدّر بحوالي 1500 مليار دولار قبل انطلاق الكارثة المالية.

كما صرّح السيد القويز في مقال نشرته الصحيفة السعودية "الاقتصادية"، أنه "ينبغي مطالبة الدول الأوروبية بعدم وضع بنود سياسية ضمن اتفاقية التجارة الحرة التي يجري التفاوض بشأنها بين دول مجلس التعاون والاتحاد الأوروبي".

وكان السيد القويز قد دعا في مقال نشرته نفس الصحيفة في أول سبتمبر المنصرم دول المجلس إلى إعادة النظر في مفاوضاتها "العقيمة" مع الاتحاد الأوروبي ومتهما البرلمان الأوروبي بـ"عرقلته" من خلال تقديم "تسعة مطالب" سياسية، من بينها مطلب خاص بحقوق الإنسان في بلدان مجلس التعاون .

يقوم مجلس التعاون الخليجي الذي تم تأسيسه بتاريخ 25 مايو 1981، منذ سنة 1988، بمناقشة هذه الاتفاقية مع الاتحاد الأوروبي، التي طالما تم الإعلان عن إبرامها، ولكنها لا تزال في طريق مسدود.

إن دول الخليج التي تأثرت بالأزمة المالية، خاصة تدهور أسواقها المالية، وانخفاض شديد لأسعار النفط على خلفية التخوف من تراجع مستويات النمو الاقتصادي العالمي، "ترغب في المشاركة في صنع القرارات الخطيرة المتعلقة بحالة المال والاقتصاد في السوق العالمية"، كما قال عبد الخالق عبد الله، أستاذ العلوم السياسية في جامعة الإمارات.

من جهته، قال كاتب افتتاحية الوطن يوم الأربعاء: "لم يكن للدول الخليجية يد في الأزمة... والحل هو إعادة هيكلة النظام المالي العالمي"، مضيفا أن "الغرب الذي يبدو أنه يسعى خلف مصالحه لا يعبأ كثيرا بمصالح الدول الخليجية. على الدول الخليجية أن تسعى هي الأخرى خلف مصالحها. أيّ أموال تقدمها الدول الخليجية يجب أن تتم بشروطها وبضماناتها أنها ستعود إلينا. فالوضع الخليجي اليوم لا يسمح بأن نذرف الدم من أجل الآخرين".

كما كتب راشد محمد الفوزان، متألّما، عشية زيارة براون إلى المملكة العربية السعودية: "حين ارتفعت أسعار النفط أصبحت هناك مطالب وضغوط على المملكة لضخ مزيد من النفط لخفض السعر وقد حدث. والآن الأزمة العالمية تطالب "الدول النفطية الخليجية" كما تسميها الصحافة حتى إنها لا تذكر أسماء الدول ذات السيادة والوجود، بمساعدة "العائلات البريطانية" وكأن بلادنا لا توجد بها عائلات ولا فقراء ولا محتاجون".

وواصل الفوزان في صحيفة الرياض قائلا: "أتمنى أن يقوم الوزير البريطاني بزيارة لجنوب الرياض، وجنوب المملكة وشمال المملكة وغيرها، وأن يعلم أن لدينا بطالة، وأزمة مياه، وأزمة تعليم ومخرجات، وتحديات سياسية لا تنتهي، وأن لدينا نصف سكان المملكة لا يملك منزلا، والقائمة تطول..."، مشيدا رغم كل هذا بـ"ملك الكاش العالمي" على جهوده من أجل القضاء على الفقر.

وكان العديد من كتاب الافتتاحيات، في شهر أغسطس المنصرم، عشية اجتماع جدة بين بلدان منتجة وبلدان مستهلكة للنفط، من أجل توقيف التهاب الأسعار، قد انتقدوا بشدة قرار الرياض باستعدادها على استخراج المزيد من النفط الخام.

قد كتب عبد الله ناصر الفوزان في 18 أغسطس المنصرم في صحيفة "الوطن": "هل نحن محتاجون لكل هذا الإنتاج الضخم؟ الإجابة ... وهي أننا لا نحتاج ذلك لأننا الآن نحول جزءاً كبيراً من هذا الإنتاج اليومي إلى أرصدة دولاريه تبقى في البنوك الغربية. هم يخزنون البترول ونحن نخزن الدولارات في بنوكهم"! لماذا نجامل الدول المستهلكة على حساب مستقبل أبنائنا وأحفادنا؟ أعتقد أننا نقترف خطأ كبيراً في حق أبنائنا وأحفادنا مجاملة لمن لا يقدر تضحياتنا...؟؟ ".

واستاء "زكي" في منتدى حوار الانترنت: "لسنا بقرة حلوب. كل يوم تستعملون الفيتو ضدنا في مجلس أمنكم. أبناؤنا يذوقون الأمرين للحصول على تأشيرة دخول بلدانكم للتعلم فقط! أنتم أول من يقفل الأبواب لمجرد أن مجموعة من بعض الأشخاص من بين ملايين هاجموكم، وكأننا كلنا إرهابيون... ها قد جاءت الفرصة لدول الخليج لتعيد لنا ولو بعض الاعتبار".

أخيرا، صرّح إياد مدني، وزير الثقافة والإعلام، عشية توجه الملك عبد الله إلى واشنطن مرورا بالمغرب الأقصى، أن الرياض "ستؤكد على ضرورة مراجعة أسلوب المراقبة على المصارف الدولية وكذلك أسلوب عمل المؤسسات المالية العالمية".

ويرى الخبير الاقتصادي و عضو اللجنة المالية والاقتصادية بمجلس النواب في البحرين، دكتور جاسم حسين، أن "إعادة الحياة للاقتصاد العالمي من شأنه تقديم خدمة لاقتصاديات دول المجلس، إذ من الممكن ارتفاع أسعار النفط من جديد".

ويضيف الدكتور جاسم في تقرير نشرته "الاقتصادية"، يوم السبت (8 نوفمبر): "بل توفر فرصة المساهمة في حل الأزمة المالية فرصة لتعزيز المكانة الاقتصادية لدول التعاون على الصعيد العالمي, خصوصا بالنسبة إلى المستثمرين الدوليين".

وكان الشيخ عبد الله بن سليمان المنيع، عضو هيئة كبار العلماء وعضو اللجان الشرعية في عدد من البنوك، قد أكد في محاضرة بجامعة الملك سعود بالرياض أن الأزمة المالية التي يمر بها العالم حالياً، "كشفت عورة الرأسمالية وآذنت بانتهاء عصرها كزميلتها في المذهب الاشتراكي وإن الوقت قد حان للالتزام بالنموذج الإسلامي وتطبيق أحكامه".


ويشاطره الرأي الدكتور سامي سعيد حبيب، إذ يرى في "الاقتصادية" أن " العالم الرأسمالي يعيش انحداراً أخلاقياً وعسكرياً واقتصادياً انتهى بأزمة مالية عالمية بسبب الحرية المطلقة للرأسمالية بينما في الإسلام الوسطي الدواء الناجع لكل معضلات البشرية".

و ضيف حبيب : "إن الحضور الإسلامي في هذه القمة يشكل نسبة 15% من المؤتمرين ، و يمكن للحضور الإسلامي أن يطرح على العالم الحل البديل و النقلة النوعية الاقتصادية المنتظرة المبنية على مبادئ العدالة الاجتماعية".