31.12.08

"Plomb durci" révèle la division des Saoudiens sur le droit au rassemblement

Par Habib TRABELSI

L'opération militaire israélienne "Plomb durci" dans la bande de Gaza, qui a fait descendre dans la rue des centaines de milliers de manifestants dans plusieurs pays du monde, a mis en exergue la profonde division des Saoudiens sur le droit au rassemblement, interdit de facto dans le royaume.


Un paradoxe

«La loi en vigueur dans le royaume interdit les manifestations qui suscitent le désordre et perturbent l’ordre public. Les forces de sécurité s’opposeront à toute tentative d’organiser des marches ou des manifestations», a déclaré lundi (29 décembre) le général Mansour Turki, le porte-parole du ministère de l’Intérieur.

Le général Turki était interrogé sur des informations faisant état d’une manifestation pro-palestinienne le même jour dans la région d'Al-Qatif, dans l'est du royaume, à majorité chiite. Selon des habitants, la police a fait usage de balles de caoutchouc et de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants dont une dizaine ont été légèrement blessés et quelques uns arrêtés.

Le général Turki, cité mardi par le quotidien Al-Riyadh, a démenti qu’un rassemblement ait eu lieu à Qatif, théâtre, le 18 décembre, d’une manifestation de plusieurs centaines de personnes, à l’appel du chef du Hezbollah libanais Hassan Nasrallah.

L’Arabie saoudite avait pourtant ratifié la Déclaration universelle des droits de l’Homme, dont l’article 20 stipule notamment que «toute personne a droit à la liberté de réunion et d’associations pacifiques».
Dans le passé, Human Rights Watch, avait critiqué le gouvernement saoudien pour le refus à ses citoyens de droits fondamentaux, dont celui à la liberté d’expression, de rassemblement et d’association.

«Comment peut-on être signataire de cette Déclaration et ne pas l’appliquer ?», s’est interrogée Myriam Ibrahim, une saoudienne parmi plusieurs centaines de lecteurs qui ont commenté, aux premières heures de la journée, les déclarations du responsable saoudien, rapportées aussi par plusieurs sites internet.

Pour les manifestations

Près de la moitié des lecteurs ont exprimé, généralement sous des pseudonymes, leur désapprobation, leur mécontentement, voire leur indignation.

«Le royaume est le seul pays au monde où tout est interdit. Sommes-nous les seuls à avoir raison et tous les autres sont dans l’erreur ?», s’est pour sa part demandé «Abou Nabil».

«Si les gouvernements arabes ne veulent pas bouger, laissons au moins aux peuples le droit d’exprimer leur solidarité avec leurs frères palestiniens. Autrement, notre silence sera compris comme une approbation des atrocités israéliennes à Gaza», écrit Hussein Abdallah. ""

«Trêve de protestations, de condamnations, d’indignations et de lamentations ! Nos frères sont massacrés sous nos yeux. De quel droit vous interdisez les rassemblements, alors que vous fermez l’œil sur les défilés de milliers de fans de football ?», se demande «Abou Dhari ».

«La répression ne doit pas perdurer. Laissez les masses s’exprimer, sinon la frustration pourrait dégénérer en violence», conseille «un citoyen avisé».

Contre les manifestations

C’est justement la crainte d’éventuels débordements que la majorité de l’autre camp se range du côté du général Turki.

«Certains extrémistes pourraient profiter de ces rassemblements pour électriser les foules et réaliser leurs desseins maléfiques», «Al-Asmari».

«Les manifestations sont une aubaine pour la minorité déviante (ndlr: les partisans d’Al-Qaïda dans la phraséologie saoudienne) pour semer le désordre», approuve Abdallah Al-Qahtani.

D’autres lecteurs justifient leur opposition aux manifestations par des arguments divers.

«Les manifestations sont une hérésie occidentale. Elles n’ont aucun lien avec l’islam. Or, notre pays applique la charia (loi islamique) et nos sages gouvernants savent bien que les manifestations sont nuisibles. Nous devons donc leur obéir en tout», explique «Khaled».

«D’ailleurs, nos vénérables cheikhs ben Baaz, Al-Outhaimin, Al-Fawzan, Al-Rajhi et d’autres encore ont démontré que les manifestations sont illicites parce qu’elles génèrent la sédition», acquiesce Ahmed Al-Harbi, en se référant à des oulémas officiels, dont l’ex-grand mufti saoudien Abdel Aziz ben Baaz, décédé en 1999.

Certains font de la surenchère

«De toute façon, les manifestations c’est l’arme des lâches, ceux qui cherchent à avoir bonne conscience. Si elles étaient efficaces, la Palestine aurait dû être libérée depuis longtemps. Celui qui veut aider les Palestiniens, ils ont la prière. C’est l’arme du croyant et c’est aussi une forme de jihad» (guerre sainte), suggère «Abou Mohamed».

«Et pourquoi ne pas ouvrir carrément la porte du jihad pour libérer la Palestine, à l’instar de l’Afghanistan?», renchérit «Abou Salama», en référence aux milliers d’ «Afghans arabes», dont des Saoudiens, qui ont combattu à la solde des Etats-Unis, lors de l’occupation soviétique dans les années 80.

D’autres ne savent pas sur quel pied danser

«Certes, les manifestations sont nuisibles, mais nos dirigeants se contentent de dépêcher des avions pour évacuer les blessés. Pourquoi le ministère de l’Intérieur n’organise-t-il pas des rassemblements bien encadrés dans les stades ou les places publiques ? Ainsi, le monde entier saura que nous rejetons l’agression flagrante perpétrée contre nos frères palestiniens», suggère «Abderrahmane Al-Qadhi».

«Mieux que le stade. Pourquoi ne pas autoriser les fidèles à se rassembler dans les mosquées, chaque lundi et jeudi, et consacrer une heure de prières pour le salut de nos frères».

«Rowaida» propose mieux. «Il est possible de manifester sur le Net…. Ainsi, on s’exprime librement sans provoquer du désordre».


Entre fatwa et sit-in

Ce débat se déroule après la promulgation par un éminent imam saoudien, cheikh Awadh Al-Qorni, d’une fatwa (décret religieux) appelant les musulmans à attaquer les intérêts israéliens partout dans le monde, en représailles à l’opération «Plomb durci».

Le débat intervient deux jours avant un sit-in que 24 activistes saoudiens, dont des avocats et des universitaires, se proposent d’organiser à Ryad, «bon gré mal gré» les autorités qui ont menacé de l’interdire.

"الرصاص المصبوب" تكشف عن انقسام آراء السعوديين حول الحق في التظاهر


بقلم حبيب طرابلسي – ترجمة وداد زداني



أبرزت العملية العسكرية الإسرائيلية "الرصاص المصبوب" في قطاع غزة، التي جعلت مئات الآلاف من المتظاهرين ينزلون إلى الشوارع في العديد من البلدان في العالم، انقساما عميقا لدى السعوديين في نظرتهم إلى الحق في التظاهر، الممنوع فعليا في المملكة العربية السعودية.



مفارقة

"التظاهرات من الأعمال التي تشيع الفوضى بالحياة وتخل بالنظام العام ... الجهات الأمنية ستمنع أي محاولات لإقامة تظاهرات أو مسيرات"، هذا ما قاله يوم الاثنين 29 ديسمبر، اللواء منصور بن سلطان التركي، الناطق الرسمي لوزارة الداخلية.



كان اللواء التركي يرد على أسئلة حول مظاهرة لمساندة الفلسطينيين نظمت في نفس اليوم بمنطقة القطيف، شرق المملكة، ذات الأغلبية الشيعية. وحسب بعض السكان، فإن الشرطة استعملت رصاصا مطاطيا والغازات المسيلة للدموع لتفريق المتظاهرين إذ تم جرح حوالي عشرة منهم وتوقيف البعض الآخر.



لقد كذّب اللواء التركي في تصريح لصحيفة "الرياض" حدوث تجمع بالقطيف التي شهدت يوم 18 ديسمبر، مظاهرة لمئات الأشخاص، تلبية لنداء الأمين العام لحزب الله اللبناني حسن نصر الله .



غير أن المملكة العربية السعودية قد وقعت على الإعلان العالمي لحقوق الإنسان، الذي تنص المادة 20 منه على أن "لكل شخص الحق في حرية الاشتراك في الجمعيات و الاجتماعات السلمية ".

وتساءلت مريم إبراهيم قائلة: "هل يمكن أن نوقـّع على اتفاقية مع العالم ثم لا ننفذها"؟ وهي سعودية من بين مئات القرّاء الذين علّقوا في الساعات الأولى من يوم الثلاثاء (30 ديسمبر) على تصريحات المسؤول السعودي عبر مختلف مواقع الانترنت.



مؤيدون للمظاهرات

عبّر قرابة نصف القراء، أغلبهم تحت أسماء مستعارة، عن نقدهم، وغضبهم، وحتى استيائهم.

فقال "شرس": "نحن الدولة الوحيدة في العالم التي لا تسمح بالمظاهرات. كل شيء عندنا ممنوع، كل شيء يشيع الفوضى ويخل بالآداب. أريد أن أعرف: الخلل فينا أو في دول العالم؟"

بينما كتب حسين عبد الله: "إذا كانت الحكومات لا تريد أن تحرك ساكنا، على الأقل اتركوا الشعوب تتظاهر وتعبر عن تضامنها مع إخوانها الفلسطينيين، وإلا سيظن العالم بأننا راضون عن ما يجري في غزة".



يكتب "أبو ضاري" من جهته: "يكفينا الشجب والاستنكار! إخواننا يقتلون أمام ناظرينا. بأي حق أمنع من التعبير عن رأيي وفي أي شريعة؟ التعبير عن الرأي ممنوع... إلا السير في طريق الملك عبد الله بالدراجات النارية والتشجيع إذا فاز الهلال"؟



أما "أبو نبيل"، فيرى أن "المظاهرات في المفهوم العالمي لم تعد إشاعة الفوضى والإخلال بالنظام. بل أصبحت وسيلة لإ يصال صوت الشعب لأصحاب القرار".



فيرد عليه "شعبان" قائلا: ""المظاهرات في الدول القمعية لا تجدي نفعا. لكن في أمريكا و أوروبا مثلا، فهي مهمة لأن الحكومات فيها منتخبة والشعوب باستطاعتها الضغط عليها بالمظاهرات".



كما علق "مواطن ناصح" قائلا: "الكبت سيولّد الانفجار ...لأن كتم الأنفاس لا يمكن أن يستمر".



ومعارضون لها

جاءت أغلبية الجهة المقابلة مؤيّدةً للواء التركي خشية من تجاوزات محتملة.

فقال "الأسمري": "هنالك من المتشددين من يريد أن يستغل الأوضاع لتأجيج الشباب كي يحققوا أهدافهم السابقة". وأضاف عبد الله القحطاني من جهته: "المظاهرات فوضى وفرصة لأصحاب القلوب المريضة" (يقصد بذلك أنصار القاعدة).



ويقوم قراء آخرون بتبرير معارضتهم للمظاهرات بمختلف الحجج.

فيقول "خالد": "أصلا هذه المظاهرات جاءتنا من الدول الغربية الكافرة، فهي ليست من ديننا لأن الدين الإسلامي يمنع كل المفاسد، والمظاهرات لا تجلب إلا الخراب والخروج على ولاة الأمر وحكومتنا تطبق الكتاب والسنة وولاة الأمر يتصدون لكل الأفكار الهدامة".



ويضيف "أحمد الحربي": "الشيخ بن باز والعثيمين والفوزان والراجحي وغيرهم من العلماء أنكروا المظاهرات وأنها لا تجوز وبينوا أنها من أسباب الفتنة"، في إشارة إلى علماء رسميين، منهم الشيخ عبد العزيز بن باز، المفتي العام السابق للسعودية، الذي توفي سنة 1999.



أما "عادل"، فيرى أن "المظاهرات غير حضارية ولا تمت إلى الديمقراطية بصلة: آلاف من الأشخاص في الشوارع يرددون شعارات ويكسرون ويخربون!".



والبعض يمارس المزايدة


يقول "أبو محمد": "على كل حال، المظاهرات سلاح الجبناء، لو كانت للمظاهرات فائدة لكانت تحررت فلسطين من زمان. من يريد أن يساعد الفلسطينيين عليه بالدعاء فهو سلاح المؤمن... وهو شكل من أشكال الجهاد".



وأكّد "أبو سلامة": "ولماذا لا يفتح باب الجهاد لتحرير فلسطين، كما هو الحال في أفغانستان"؟ إشارة إلى آلاف "الأفغان العرب" منهم السعوديون، الذين حاربوا لحساب الولايات المتحدة، خلال الاحتلال السوفييتي في الثمانينات.



وآخرون حائرون

"التظاهر في الشوارع مرفوض، لكن لماذا لا تسمح وزارة الداخلية بإقامة فعاليات منظمة للتنديد بهذا العدوان في ملاعب كرة القدم أو الساحات الكبيرة لكي يعلم العالم أننا لا نقبل بهذا العدوان السافر ضد إخواننا الفلسطينيين"؟ كما قال عبد الرحمن القاضي.



لكن "عبد الله في بلاد الله" له اقتراح أفضل: "البديل المناسب للمظاهرات هو الاعتكاف ساعة من الزمان في بيوت الله بين صلاتي المغرب والعشاء من كل يوم اثنين وخميس تخصص للدعاء والابتهال إلى الله أن يتولى غزة وأهلها بعنايته ورعايته".



وتقترح "رويدا" من جهتها أحسن من ذلك فتقول: "ممكن التظاهر على النت أو المنتديات لإن إشاعة الفوضى أمر مرفوض".



بين الفتوى والتجمع الاحتجاجي

جاء هذا النقاش عقب إصدار فتوى من قبل الإمام السعودي المعروف، الشيخ عوض القرني، لفتوى تدعو المسلمين إلى استهداف المصالح الإسرائيلية في أي مكان من العالم، كرد فعل على عملية "الرصاص المصبوب".

وتواردت أنباء غير مؤكدة عن توقيف للشيخ القرنى من قبل رجال أمن سعوديين ونقله إلي الرياض للتحقيق معه.



كما جاء قبل إعتصام سلمي ينوي تنفيذه 24 ناشطا سعوديا، من بينهم محامون وجامعيون، في الرياض من الساعة الواحدة حتى الساعة الثانية ظهر الخميس، تضامنا مع سكان قطاع غزة .

وأكد الإصلاحيون عزمهم على تنفيذ الاعتصام "حتى وإن لم يحصلوا على إذن من السلطات في المملكة". وقد هددت السلطات بمنع التجمع.

Budget 2009: Collossal figure, lost dreams, cruel reality

Saudi pledges to inject half of ‘historic budget’ in major developments projects amid low public expectations.

By Habib Trabelsi

Despite the global financial crisis, oil-superpower Saudi Arabia has pledged to inject 60 billion dollars, almost half of its 2009 budget, in major development projects from its huge reserves estimated at 450 billion dollars.

Since the announcement on December 22 of the "largest budget in the history of the kingdom", many voices have praised the government for its willingness to move forward in its strategic projects, despite the drastic fall in the price of crude while the world is gripped by the financial turmoil.

Other discordant voices said that many Saudis were struggling in the real daily difficulties and did not care about the astronomical numbers. "Yahia Al-Khassafi is one of these Saudis," wrote Hamoud Abu Taleb on December 27, a prominent columnist of the daily Al-Madina.
Yahia, the "inventor" in spite of himself

Indeed, Yahia is indigent. He feeds eight mouths, including a disabled child who he has to take almost daily to the hospital which is one kilometer away from his home perched in the high mountains of the southern province of Jizan. So Yahia invented a family "cable" of wealth, reported the daily Al-Watan on December 25 with a photo as a back-up.

The photo shows him suspended between sky and earth, a third of the body buried in a vulgar metallic case rolling on a cable with a disproportionate pulley. Yahia is clinging to the case with one hand and holding his son with the other: a high-risk exercise of a tightrope walker.

"What do all these billions, which are dedicated to health, education, transport and social welfare, bring to Yahia who nibbles a meager allocation for each consultation?” asks Abu Taleb.
Numbers and achievements

The day before, the same columnist acknowledged that "the figures of the ‘budget of prosperity’ are enormous," referring to 475 billion riyals (127 billion USD) allocated to public expenditure, including SR 225 billion (over 60 billion USD ) for social services, up 36% compared to the previous fiscal year.

"The main thing for citizens is to turn these figures into achievements, to fulfill promises on the field (...). However, many projects of previous years have not yet started to emerge. They either stalled or did not give the expected improvement of vital services such as health, education or others," he wrote in the headline "the figures and the reality."

Two days earlier, Ali Moussa Al-Saadi of Al-Watan, kickstarted a series of vitriolic articles in the local press. He emphasized that "the colossal figures of the budget will remain ink on paper, like the multi-billion projects in previous years unless accompanied by concrete achievements."

"My children always live in rented homes turned into schools of fortune. I always struggle to buy a bottle of drinking water. We still dream of the clinic which is slow to materialise. The streets of our neighborhood have been waiting for fifteen years to be paved, while the neighborhood is located in the most beautiful avenue of Jeddah. When the night falls, the street plunges into total darkness, in the absence of light," wrote the editorialist.

Daydreams of deprived Saudis
Several other journalists and analysts followed suit.
"Despite the record surplus of about SR 590 billion (157 billion USD) and revenue of about SR 1.100 billion (293 billion USD), generated from oil sales, the majority of Saudi citizens can rely on their modest salaries, while the whole world sees a Saudi as a traveling oil barrel," said Saud Al-Balwi in Al-Watan.

The writer reviewed Saudis’ main "daydreams": "They dream of hospitals where they are unlikely to have problems" such as medical errors due to negligence or the poor state of medical and health infrastructure and in some institutions. They dream of decent housing, because a homeless citizen is like a stateless person."
"We should also count the nightmares of water and electricity cuts,” added Balwi, deploring "the existence of numerous and large holes through which infiltrates the endemic corruption" in state institutions.

Other Saudis speaking on websites complain of poverty in one of the richest countries but "where more than a quarter of the population (estimated at some 17 million people) is below the poverty line."

Since King Abdullah ascended to the throne in August 2005, poverty is no longer a taboo: the local press has spoken of Saudis forced to sell a kidney to treat a relative, discharge debts or continue studies. It is not shameful anymore to mention the thousands of families living in squalid housing in corrugated iron.

Enough of convenience! Of transparency!
The economist and journalist of Al-Riyadh, Mohammed Rashid Al-Fawzan, asked on December 27 about the achievements of fiscal year of 2008, which had foreseen even more colossal expenditure (136 billion USD), announced many projects and raised great hopes."

"But we still see endless queues of people in search of drinking water. As for hospitals, that's another story! Budget follows budget and our problems on the ground are always the same," wrote Fawzan, before recommending "observers and analysts avoid saying that ‘everything is perfect', but require ministries to be fully transparent about their current achievements."
2009 budget: The most "intelligent"

Fawzan eyed tens of analysts, who took it in turns in the press and on television to talk about their support of “the budget of prosperity in this crunch time," the "budget of development and challenge "or, better still, the "intelligent budget.”

"Intelligent, because it distorted all expectations" of analysts and study centers. Intelligent, because it kept the momentum of development in force in the Kingdom for nearly five years. Of highest intelligence, because it instilled into Saudis optimism marred by caution," wrote on Issa Al-Halyane on December 25, a columnist in Okaz.

King Abdullah, the main sponsor of the "historic budget", was paid a huge respect. The Saudi grand mufti, Sheikh Abdel Aziz Al-Sheikh, who chairs the Council of Senior Ulema, the highest religious authority in the country, urged ministers and officials to implement the recommendations of King Abdullah in order to "protect the nation’s wealth."

The opposition pours out its everlasting criticism of the regime
The Movement for Islamic Reform in Arabia (MIRA, opposition in exile in London), took the opportunity to attack the regime.
In a lengthy press release, MIRA said that the figures announced by the government were "null and void." It denounced "the lack of transparency, while any verification (by an independent party) of these numbers is impossible, and the authorities who are imposing the greatest secrecy on economic data, including those related to income, expenditure and investments."

After engaging in complicated calculations on the basis of data obtained from its sources, MIRA concluded that government revenues in 2008 were of "at least 1650 SR billion - of which 1300 billion from oil sales - 550 billion more than the 1100 SR billion announced by the government."
"But the huge revenues recognized by the state will neither reduce unemployment, nor provide citizens a better standard of living and housing," stressed MIRA according to which "the problem is the lack of political participation, transparency and control (of the management of public Treasury). It is not enough to announce the figures."

Translated by Dr. Saad Guerraoui, a senior editor at Middle East Online
http://www.middle-east-online.com/english/saudi/?id=29454

28.12.08

ميزانية 2009: أرقام خيالية وأحلام موءودة وواقع مرير

بقلم حبيب طرابلسي
ترجمة وداد زداني

رغم الأزمة المالية العالمية، التزمت المملكة العربية السعودية، القوة النفطية العظمى، بدعم مشاريعها التنموية الكبرى بمبلغ 60 مليار دولار، أي حوالي نصف ميزانية 2009، باستعمال جزء من احتياطاتها الضخمة التي تقدر بـ450 مليار دولار أمريكي.

منذ الإعلان في 22 ديسمبر عن "أكبر ميزانية في تاريخ المملكة"، برزت أصوات عديدة تشيد بالحكومة وتمدح عزمها المضي قدما في مشاريعها الإستراتيجية رغم تدهور أسعار النفط، في مرحلة يسود فيها الذعر والاستسلام معظم الدول ويهدد بالإفلاس معظم الاقتصاديات العالمية.

من جهة أخرى، ارتفعت أصوات مخالفة قائلة أن عددا كبيرا من السعوديين يعانون من صعوبات يومية حقيقية، ولا يبالون بالأرقام الخيالية.
و"يحيى الخسافي هو أحد هؤلاء"، كما كتب حمود أبو طالب في صحيفة "المدينة" بتاريخ 27 ديسمبر.

يحيى، "المبتكر"... رغما عنه
يحيى ليس له دخل سوى مساعدة زهيدة من الضمان الاجتماعي وله أسرة تتكون من ثمانية أفراد منهم ابن معاق عليه أن ينقله بشكل شبه يومي إلى المستشفى الذي يبعد حوالي كيلومتر من منزله الواقع في فيفاء، بمنطقة جازان الجبلية. فابتكر يحيى "تلفيريكا" عائليا وصنعه بيديه، كما أظهرته الصورة التي نشرتها صحيفة الوطن يوم 25 ديسمبر المنصرم.

الصورة تبيّن المواطن يحيى معلّقا بين السماء والأرض، يتأرجح داخل صندوق معدني يشدّه كيبل حديدي يمرّ بمرتفعات شاهقة، ويمكن أن يسقط في أي لحظة. يشدّ يحيى الصندوق بيد، ويشدّ باليد الأخرى ابنه المعاق في حركة بهلوانية شديدة الخطورة. رابط الصورة :
http://www.alwatan.com.sa/news/newsdetail.asp?issueno=3009&id=83288

يقول أبو طالب متسائلا: "كيف سيكون رد فعل المواطن يحيى لو حدثناه عن الميزانية الأخيرة وأرقامها؟ بماذا سيشعر يا ترى لو أخبرناه بالمليارات التي خُصصت للرعاية الاجتماعية والصحية والتعليمية والطرق..."؟ وهو يستعمل يوما بعد يوم المساعدة المقطوعة من الضمان الاجتماعي التي لا تكفي لمصاريف شهر واحد من المراجعات لابنه المعاق.

أرقام وإنجازات
لقد اعترف كاتب الافتتاحية قبل ذلك بيوم بأن "أرقام الميزانية التي اعتدنا على وصفها بميزانية الخير، تعتبر أرقاما ضخمة" في إشارة إلى 475 مليار ريال (127 مليار دولار أمريكي) المخصصة للنفقات العمومية منها 225 مليار ريال (أكثر من 60 مليار دولار) خاصة بالخدمات الاجتماعية، أي بزيادة قدرها 36 بالمائة بالمقارنة مع السنة الجبائية السابقة.

"المواطن تعنيه ترجمة الأرقام إلى إنجازات، كما يقول أبو طالب في مقال عنوانه "الأرقام والواقع"، مضيفا أن "المواطن ليس معنيا بكل ما يقال عما ستحققه الميزانية، وإنما يعنيه ترجمة الأقوال إلى حقائق، ويعنيه تحقيق الوعود (...). هناك عدد من المشاريع الجديدة التي لا زالت تتعثر أو لم تبدأ بعد. وهناك مشاريع لتحسين خدمات حيوية (صحة، تربية وغيرها...) أصابها العجز".

وكان علي سعد الموسى، زميله من صحيفة "الوطن"، قد فتح الباب لسلسلة من المقالات شديدة الانتقاد بعد مقالات المديح والإطراء في الصحافة المحلية. فأكد الموسى أن "أرقام الميزانية الضخمة ستبقى حبرا على ورق على غرار المشاريع التريليونية للسنوات الماضية التي لم تجد ما يقابلها في شوارعنا وأحيائنا ومدننا المختلفة".

كما تحدث كاتب الافتتاحية عن "ضخامة الأرقام وضآلة تأثيرها على الواقع" فقال: "كل أبنائي يذهبون صباحا لمدارس على شكل فلل مستأجرة. ما زلت أشتري الماء بالصهريج. ما زالت حارتنا تنتظر طبقة من الإسفلت لشوارعها التي رصفت قبل 15 عاما بطبقة أسفلت تجارية" (من النوع الرديء)، ما زلنا ننتظر المستوصف الصحي بحلول سحرية وكأننا لسنا على الخريطة. نصف الحارة أمامي يغرق ليلا في الظلام بلا أعمدة من نور رغم أنها على أكبر شارع تجاري بالمنطقة" (جدة).

أحلام يقظة لسعوديين يعيشون الحرمان
جاء العديد من الصحفيين والمحللين يحتذون بزميلهم، منهم سعود البلوي الذي كتب: "رغم فائض الميزانية المقدر بـ590 مليار ريال سعودي (157 مليار دولار أمريكي) والمداخيل العامة التي تقارب 1100 مليار ريال (293 مليار دولار)، خاصة من عائدات النفط، فإن المواطن لا يلمس تحسنا وكأنه لا يستفيد منها شيئا".

ويضيف البلوي قائلا: "جعلت الأزمة العالمية العالم ينظر للإنسان السعودي وكأنه برميل بترول متحرّك، فيما الحقيقة أن غالبية السعوديين لا يعتمدون على أي مصادر اقتصادية أخرى إلا على دخلهم المحدود الناتج عن العمل الحكومي".

ويستعرض الكاتب أهم "أحلام اليقظة" لدى السعوديين فيقول: "يحلمون بأن تختفي مشكلات المرضى التي بدأت تظهر كرأي عام من خلال صفحات اجتماعية مخصصة في بعض صحفنا المحلية... المواطن البسيط لا يمتلك منزلا وهذه مشكلة مقلقة بالنسبة له، لأن المنزل كالوطن تماما ، فمن لا مأوى له كالذي لا وطن له".

ويضيف البلوي: " هم المواطن هو أن يغيب عنه هاجس العطش الذي يلاحقه كشبح في كل صيف والذي يتزامن مع انقطاع مكرر للكهرباء...". ويتأسف البلوي لوجود "ثغرات كثيرة وكبيرة يتسلل منها غول الفساد إلى مختلف الأمكنة" في مؤسسات الدولة.

ويعبّر سعوديون آخرون عن آرائهم عبر مواقع الانترنت آسفين على ظاهرة الفقر السائدة في أحد البلدان الأكثر غنى، والذي يعيش أكثر من 25 بالمائة من سكانه الأصليين، أي ما يقارب 17 مليون نسمة، تحت عتبة الفقر، حسب تقديرات غير رسمية.

ومنذ وصول الملك عبد الله إلى الحكم في سنة 2005، لم يعد موضوع الفقر من التابوهات، فقد تحدثت الصحافة المحلية عن سعوديين وسعوديا عرضوا كليتهم للبيع من أجل علاج أحد الأقرباء، أو تسديد ديون، أو لمواصلة الدراسة.

في السعودية، لم يعد أحد يخجل من التحدث عن آلاف العائلات التي تعيش في بيوت الصفيح والبيوت الآيلة للسقوط في بعض مناطق المملكة، مثل مدينة عرعر أو جزيرة تاروت بمحافظة القطيف، وذلك بسبب الفقر وارتفاع أسعار الأراضي و مواد البناء.

كفى مجاملة... قليل من الشفافية
تساءل راشد محمد الفوزان، الصحفي الاقتصادي في صحيفة "الرياض"، في عدد 27 ديسمبر عن "الإنجازات الفعلية لسنة 2008 التي كانت تتوقـّع نفقات أضخم (136 مليار دولار أمريكي)، وكانت تحمل كذلك الكثير من المشاريع والآمال والوعود".

وأضاف: "لا نزال نرى أزمة المدارس على مستوى المملكة لازالت فلل سكنية و بيوت مواطنين (مستأجرة) ولا تحمل من سمات المدارس النموذجية شيئا، لا نزال نرى طوابير المحتاجين للمياه في كل صيف ولم يتغير شيء كثير، أما المستشفيات، فهي قصة أخرى (...) نحن نطوي ميزانية وراء ميزانية ومشكلاتنا على الأرض لا تتغير".

و يضيف الفوزان قائلا: "يجب علينا كمحللين ومراقبين أن نبتعد عن المجاملة أو إظهار أن كل شيء "تمام" ... يجب أن نكاشف الوزارات والهيئات الحكومية: ماذا كانت الإنجازات على الأرض آخر العام"؟

ميزانية 2009: ميزانية ذكية
لقد استهدف الفوزان عشرات "المحللين" الذين تتابعوا، عبر الصحافة المكتوبة أو المرئية، للتحدث الواحد تلو الآخر مستندين على الأرقام، عن "ميزانية الخير والبركة" و "ميزانية والرخاء في زمن التحديات الاقتصادية العالمية"، و"ميزانية تحديات التنمية"، وكذلك "الميزانية الذكية".

"ذكية لأنها جاءت مخالفة للتوقعات التي ترسخت على خلفية قراءات سابقة لسلسلة طويلة من الميزانيات والتي غالبا ما يكون الانكماش أبرز ملامحها وفقا لأكثر القراءات تحفظا لأسعار النفط (...) ذكية لأنها حافظت على جذوة الزخم التنموي التصاعدي الذي يحدث في البلاد منذ خمس سنوات تقريبا (...) في منتهى الذكاء لأنها بثت روحا من التفاؤل – غير المشوب بالحذر- لدى المواطن في هذه المرحلة (...) ذكية جدا لأن مشاريعها المعتمدة سوف تستفيد من الركود العالمي بالحصول على مزايا سعرية وتحقيق مكاسب مركبة للبلاد"، كما كتب عيسى الحليان يوم 25 ديسمبر في "عكاظ".

لقد كان الملك عبد الله، الذي أكد في كلمة عند إعلان الميزانية على "تحقيق الرخاء والتنمية، محل إشادات مؤكدة.

من جهته، دعا الشيخ عبد العزيز بن عبد الله آل الشيخ، المفتي العام للسعودية الذي يترأس مجلس كبار العلماء أعلى سلطة دينية في البلاد، الوزراء والمسؤولين المعنيين بتطبيق توصيات الملك عبد الله من أجل "المحافظة على ثروات الوطن".

المعارضة تتحدث عن أرقام مختلقة وتطالب بالمشاركة السياسية والشفافية والمحاسبة

اعتبرت "الحركة الإسلامية للإصلاح" أن أرقام الميزانية التي أعلنت عنها الحكومة "ليست لها قيمة"، منددة ب"غياب الشفافية والمحاسبة".

وجاء في بيان مطول نشر على موقع الحركة المعارضة التي يرأسها الدكتور سعد الفقيه وتهدف إلى "الإصلاح الشامل بعد تغيير النظام بالوسائل السلمية" و تنشط من لندن، ما يلي:
"في غياب مؤسسة رسمية مستقلة للتدقيق والمراجعة الحسابية، لا يمكن لأي جهة أو شخص أن يراجع هذه الأرقام، بسبب السرية المطلقة التي تمارسها الحكومة السعودية على معلوماتها الاقتصادية سواء في الواردات أو في المصروفات أو في الاستثمار".

وبعد أن قامت بحسابات معقـّدة على أساس "المعطيات التي تحصلت عليها من مصادرها الخاصة"، وتوصلت الحركة إلى هذا الاستنتاج: "إذا كانت واردات الدولة من النفط لا تقل عن 1300 مليار ريال ووارداتها من الدخل غير النفطي لا تقل عن 350 مليار فإن الدخل الكلي لا يقل عن 1650 مليار ريال. بمعنى أن الدولة أخفت خبر 550 مليار ريال، هي فعلا من واردات الدولة".

وأكدت الحركة أيضا أن رغم الدخل الكبير المعلن، "لم ير المواطن ولا الوطن آثاره في تخفيف البطالة ولا تحسين الأوضاع المعيشية ولا زيادة السكن ولا تحسين أوضاع الخدمات ولا البنية التحتية" .

وخلصت إلى القول: "الميزانية ليست مشكلة أرقام بل هي مشكلة غياب المشاركة السياسية وغياب الشفافية وغياب المحاسبة".

Budget 2009: chiffres astronomiques, rêves perdus et réalité cruelle

Par Habib TRABELSI

En dépit de la crise financière mondiale, l'Arabie saoudite, superpuissance pétrolière, s’est engagée à injecter 60 milliards de dollars dans de grands projets de développement, soit près de la moitié de son budget 2009, en puisant dans ses énormes réserves, estimées à 450 mds USD.

Depuis l’annonce, le 22 décembre, du «plus grand budget de l’histoire du royaume», de nombreuses voix n’ont pas tari d’éloges dithyrambiques à l’adresse du gouvernement pour sa volonté d’aller de l’avant dans ses projets stratégiques, malgré la chute draconienne des cours du brut et alors que le monde entier est pris de panique.

D’autres voix, discordantes, se sont fait entendre pour dire que bon nombre de Saoudiens se débattent dans les difficultés quotidiennes réelles et ne se soucient guère des chiffres astronomiques. «Yahia Al-Khassafi est l’un de ces Saoudiens», écrivait le 27 décembre Hamoud Abou Taleb, un éminent éditorialiste du quotidien Al-Madina.


Yahia, l’«inventeur» malgré lui

En effet, Yahia est sans ressources. Il nourrit huit bouches, dont un enfant handicapé qu’il doit conduire quasi-quotidiennement à l’hôpital situé à un kilomètre, à vol d’oiseau, de sa demeure perchée dans les hauts sommets de la province méridionale de Jizan. Alors, Yahia a inventé un «téléphérique» familial de fortune, rapportait le 25 décembre le quotidien Al-Watan, photo à l’appui.

La photo le montre suspendu entre ciel et terre, le tiers du corps enfoui dans une vulgaire caisse métallique roulant sur un câble à l’aide d’une poulie disproportionnée, Yahia s’accrochant acrobatiquement à la caisse d’une main et serrant son fils de l’autre: un exercice d’équilibriste à haut risque.

«Qu’importe pour le citoyen Yahia tous les milliards destinés à la Santé, à l’Education, au Transport et à l’Assistance sociale» qui grignote sa maigre allocation à chaque consultation ?, s’interroge Abou Taleb.

Les chiffres et les réalisations

La veille, le même éditorialiste reconnaissait que «les chiffres du ‘budget de la prospérité’ sont énormes», en référence notamment aux 475 milliards de riyals (127 mds USD) alloués aux dépenses publiques, dont 225 mds SR (plus de 60 mds USD) pour les services sociaux, en augmentation de 36% par rapport au précédent exercice fiscal.

«L’important pour le citoyen c’est de transformer ces chiffres en réalisations, c’est de concrétiser les promesses sur le terrain (…). Or, de nombreux projets des précédents exercices n’ont pas commencé à voir le jour, ils piétinent ou bien n’ont pas donné l’amélioration escomptée des services vitaux tels que la santé, l’éducation ou autres», écrivait-il sous le titre «les chiffres et la réalité».

Deux jours auparavant, son confrère d’Al-Watan, Ali Saadi Al-Moussa, donnait le coup d’envoi d’une série d’articles au vitriol dans la presse locale. Il soulignait que «les chiffres colossaux du budget resteront de l’encre sur du papier, à l’instar des projets trillionaires des exercices précédents, s’ils ne sont pas accompagnés de réalisations concrètes ».

«Mes enfants fréquentent toujours des maisons louées, transformées en écoles de fortune. Je bataille toujours pour acheter un bidon d’eau potable. Nous rêvons encore du dispensaire qui tarde à voir le jour. Les rues de notre quartier attendent depuis quinze ans d’être asphaltées, alors que ce quartier est situé dans l’avenue la plus commerçante de la ville (Djeddah). La nuit tombée, il plonge dans l’obscurité totale, faute d’éclairage», écrivait l’éditorialiste.

Des rêves éveillés de Saoudiens déshérités

Plusieurs autres journalistes et analystes lui emboitèrent le pas.
«Malgré l’excédent record de près de 590 mds SR (157 mds USD) et les recettes publiques d’environ 1.100 mds SR (293 mds USD), générés notamment par les ventes de pétrole, la majorité des citoyens saoudiens ne comptent que sur leurs salaires modestes, alors que le monde considère tout Saoudien comme un baril de pétrole ambulant», écrivait Saoud Al-Balwi dans Al-Watan.

L’écrivain passait en revue les principaux «rêves éveillés» des Saoudiens: «Ils rêvent d’hôpitaux où ils ne risquent pas d’avoir de problèmes» comme les erreurs médicales dues à la négligence ou à l’état de délabrement des infrastructures médicales et sanitaires dans certains établissements. Ils rêvent d’un logement décent, parce qu’un citoyen sans abri est comme un apatride».

«Il faut aussi compter les cauchemars des coupures d’eau et d’électricité», poursuivait Balwi, en déplorant «l’existence de nombreuses et grandes failles par où s’introduit la corruption endémique» dans les institutions de l’Etat.

D’autres Saoudiens s’exprimant sur des sites internet se plaignent de la pauvreté dans un pays des plus nantis mais dont «plus du quart de la population autochtone (estimée à quelque 17 millions de personnes) est au-dessous du seuil de la pauvreté».

Depuis l’arrivée au pouvoir du roi Abdallah, en août 2005, la pauvreté n’est plus un sujet tabou: la presse locale a parlé de Saoudiens obligés de vendre un rein pour soigner un parent, pour s’acquitter de dettes ou pour poursuivre des études. Il n’y a plus de honte non plus à parler de milliers de familles vivant dans des logements insalubres en tôle ondulée.

Trêve de complaisance ! De la transparence !

Le journaliste-économiste d’Al-Riyadh, Rached Mohamed Al-Fawzan, s’est interrogé le 27 décembre sur «les réalisations effectives de l’exercice 2008, qui avait prévu des dépenses encore plus colossales (136 mds USD), annoncé de nombreux projets et suscité de grands espoirs».

«Or, nous voyons toujours des queues interminables de citoyens en quête d’eau potable. Quant aux hôpitaux, c’est une autre histoire ! Les budgets se succèdent et nos problèmes sur le terrain sont toujours les mêmes», écrivait Fawzan, avant de recommander aux «observateurs et aux analystes d’éviter de dire que ‘tout est parfait’ mais d’exiger des ministères toute la transparence sur leurs réalisations effectives».

Budget 2009: le plus «intelligent»

Fawzan visait les dizaines d’analystes, qui se sont relayés, via la presse écrite ou les télévisions, pour parler tour à tour et chiffres à l’appui, du «budget de la prospérité en temps de crise», du «budget du développement et du défi» ou, mieux encore, du «budget intelligent».

«Intelligent, parce qu’il a faussé toutes les prévisions» des analystes et des centres d’études. Intelligent, parce qu’il a conservé l’élan du développement progressif en vigueur dans le royaume depuis près de cinq ans. De la plus haute intelligence, parce qu’il a insufflé chez les Saoudiens un optimisme, non entaché de prudence», écrivait le 25 décembre Issa Al-Halyane, un éditorialiste de Okaz.

Le roi Abdallah, principal commanditaire du «budget historique», a eu droit à des hommages appuyés. Le grand mufti saoudien, cheikh Abdel Aziz Al-Cheikh, qui préside le Conseil des grands oulémas, la plus haute autorité religieuse du pays, a pour sa part exhorté les ministres et les responsables concernés à mettre en application les recommandations du roi Abdallah pour «sauvegarder les richesses de la nation».

L’opposition déballe ses sempiternelles critiques du régime

En revanche, le Mouvement islamique pour la réforme en Arabie (Mira, opposition en exil à Londres), en a profité pour faire le procès du régime.
Dans un long communiqué, le Mira a estimé que les chiffres annoncés par le gouvernement étaient «nuls et non avenus». Il a dénoncé «l’absence de transparence, dans la mesure où toute vérification (par une partie indépendante) de ces chiffres est impossible, les autorités imposant le plus grand secret sur les données économiques, notamment celles relatives aux revenus, aux dépenses et aux investissements».
Après s’être livré à des calculs compliqués sur la base de «données obtenues de ses sources», le Mira a conclu que les recettes publiques en 2008 étaient d’«au moins 1.650 mds SR -- dont 1.300 mds provenant des ventes du pétrole-- soit 550 mds de plus que les 1.100 mds SR annoncés par le gouvernement».
«Mais les grands revenus reconnus par l’Etat ne vont ni diminuer le chômage, ni assurer aux citoyens de meilleures conditions de vie et de logement», a souligné le Mira selon lequel «le problème réside dans l’absence de participation politique, de transparence et de contrôle (de la gestion du Trésor public). Il ne suffit pas d’annoncer des chiffres».

22.12.08

الشرطة الدينية: من "حمار ابليس" إلى شاشة الشر

بقلم حبيب طرابلسي
ترجمة وداد زداني

قبل حوالي نصف قرن، اضطرت الشرطة الدينية السعودية إلى السماح، بشروط، باستعمال الدراجة -أو "حمار إبليس"- للسعوديين آنذاك، وها هي اليوم من جديد في حرب ضد السينما وتشن معركة ... "فاشلة مسبقا"، حسب اللبراليين.

"مناحي" يضحك السعودييين ... "في عقر دارهم"
انطلقت الحرب الجديدة بعد عرض الفيلم السعودي "مناحي"، الذي أنتجته مجموعة "روتانا"، شركة الإنتاج الموسيقي والسينماتوغرافي التابعة للأمير والملياردير وليد ابن طلال، في جدة والطائف، قرب مكة.

ويعتبر هذا العرض الذي صادف الاحتفال بعيد الأضحى المبارك، الأول من نوعه منذ نهاية السبعينات عندما قامت "هيئة الأمر بالمعروف والنهي عن المنكر" ذات النفوذ الكبير والمكلفة بفرض تطبيق الشريعة الإسلامية، بمنع أي عرض عمومي للأفلام.

لقد جلب عرض هذا الفيلم طيلة تسعة أيام أكثر من 000 20 هاوي سينما، حوالي نصفهم من النساء.
وقد سهرت "استديوهات روتانا"، حرصا منها على عدم تنفير التيار المحافظ، على فصل الجنسين في قاعتي عرض (مركز الملك عبد العزيز الثقافي في أبرق الرغامة بجدة و قاعة الفخامة في برج قلب الطائف) نظرا لمنع قاعات السينما في المملكة المحافظة .

ويقوم بتمثيل دور "مناحي"، وهو بدوي ساذج يواجه المجتمع العصري، الممثل السعودي فايز المالكي، المعروف لدى الجمهور عبر الشاشة الصغيرة. كما يُعرض الفيلم الذي تشارك في بطولته الممثلة السورية منى واصف، في نفس الوقت بمصر والكويت وقطر والبحرين . و سبق لفيلم "مناحي" أن عرض في جنيف وباريس.

وفي هذه المرة، شهد السعوديون الفلم على أرضهم و لم يسلكوا جسر الملك فهد للتوجه إلى البحرين من أجل مشاهدة الفيلم، كما حدث في سنة 2006 بالنسبة لفيلم "كيف الحال"؟ الذي أنتجته مجموعة الوليد ، ابن أخ العاهل السعودي عبد الله بن عبد العزيز.

"مناحي" يثير استياء رئيس الشرطة الدينية
"كلنا يعلم أن السينما شر وفيها مفسدة، ونحن نرفض هذا الشر"، هذا ما انفجر به رئيس الهيئة، الشيخ إبراهيم الغيث، خلال محاضرة بتاريخ 19 ديسمبر في الرياض، مؤكدا أنه "سمع عن عرض لفيلم في جدة"، وهي مدينة تحظى بتفتح لا مثيل له في باقي أنحاء المملكة.

و أضاف الشيخ الغيث غاضبا: "هناك حفنة من الصحفيين سخروا أقلامهم للنيل من الهيئة"، عندما أجاب على صحفي كان يسأله عن "إصرار رجال الحسبة (أو "المطاوعة"، أعضاء الشرطة الدينية) على عدم الابتسامة للمواطنين".

وقال الشيخ بهذا الصدد، أنه يطالب أعضاء الهيئة بالابتسامة، واصفا منتقدي الهيئة بـ"الحاقدين ولا يعلمون حقيقة ما يحدث".

إن حربا خفيّة قائمة بين الهيئة الدينية والتيار الليبرالي الذي يضم مثقفين وصحفيين ورجال أعمال.

معركة فاشلة مسبقا
لقد أثارت تصريحات الشيخ الغيث التي نقلتها الصحف السعودية غداة المحاضرة، جدلا حادا بين المحافظين الذين يعتبرون السينما "تعبيرا فنيا غربيا فاسقا" و"الليبراليين" الذين يرون بأن عرض "مناحي" يعلن عن نهاية "الممنوع" الذي يثقل على السينما، كما كان الحال قبل ذلك بالنسبة للتلفزيون الفضائي.

يقول سلطان، أحد القراء المؤيدين للعلامة الديني: "الشيخ على حق"، مضيفا "إن الليبراليين يريدون السينما لنشر ما عجزوا عنه من رذائل في التلفزيون".

ولكن منتقدي الشيخ كانوا أكثر شدة. فيقول "سمير" مثلا: "في الماضي قالوا أن الدراجة كانت حصان إبليس، من اختراع الشيطان، وانتهى الأمر بالقبول، كما قبلوا بعد ذلك بالسيارة، والراديو، والتلفزيون، والهاتف النقال".


"حمار إبليس"
قبل أكثر من نصف قرن، كان السعوديون يحتاجون إلى رخصة، تسلمها الهيئة، لاستعمال الدراجة التي كانت تعتبر آنذاك اختراعا شيطانيا ، حسبما كشفته في شهر أكتوبر المنصرم صحيفة "الرياض".

كان يجب على السعودي قبل أن يستعمل الدراجة أن يوفر شروطا صارمة من بينها الالتزام أمام رئيس البلدية، والموثقين، والشهود، ورئيس القبيلة، بعدم استعمال دراجته إلا في حالة "الضرورة" وللتنقل فقط بين بيته ومكان عمله.

ويقول "سامي" من جهته: "هؤلاء المنافقون يرفضون كل ما هو حديث، وهم أول من يتمتع به. الشعب يريد الترفيه يكفي الكبت"!

السينما... التلفزيون، نفس الشيء
"يا سادة، ويا علماء، ويا شيوخ، هل فتوى تحريم السينما تنطبق على التلفزيون والانترنت والجوال؟ إذا كانت الإجابة نعم فهلموا بنا نحمل حقائبنا ونعود أدراجنا إلى ما قبل التاريخ... فنحن كلنا فاسدون"! كما كتب محمد الفهيد في "الوطن"، الصحيفة التي كانت في الماضي ضحية مواجهة بين المحافظين والليبراليين.

كما تساءل يوم السبت محمد بن عبد اللطيف آل الشيخ، كاتب وصحافي ليبرالي وأحد أكبر منتقدي التيار الديني الصارم، في مقال بصحيفة "الجزيرة" قائلا: "ما هو الفرق فعلا بين السينما والتلفزيون"؟ مضيفا أن "السينما شاشة تلفزيون ضخمة في صالات عرض مُجهزة، ومريحة، ليس أكثر. الذي يرفضها لا يمكن أن يكون منطقيا إلا إذا رفض في نفس السياق التلفزيون".

وأضاف الصحفي أن "هؤلاء الممانعين هم نفس الفئة التي تعودنا منها دائما أن ترفض أي جديد متذرعة في البداية بذرائع واهية، ومع الزمن، وكما هي العادة، يتعودون، وتنتهي ممانعاتهم إلى تاريخ سيقرؤه أبناؤنا وأحفادنا يوما ويتندرون عليه. والأمثلة ماثلة للعيان، يمتلئ بها تاريخنا، وما يزال يئن منها حاضرنا"، في تلميح إلى منع المرأة من سياقه سيارة.

رئيس الهيئة يتراجع
تراجع الشيخ الغيث يوم الأحد، حسبما نقلته الصحافة المحلية، مؤكدا أنه لا يرفض السينما... لكن بشروط.

فقد صرح الشيخ الغيث للصحفيين بعد لقاء مع الشيخ صالح الحصين، رئيس "مركز الملك عبد العزيز للحوار الوطني"، قائلا: "لا نرفض إقامة قاعات سينما... شرط أن يتم عرض أفلام جيّدة لا تتنافى مع الشريعة الإسلامية".

وأضاف الغيث: "نحن لم نقل أننا نرفض السينما ولكنني أوضحت أنه لم تتم استشارتنا في عدد من المناسبات التي كان طابعها سينمائياً، وأنا أقول أن السينما قد يعرض فيها الخير ولكننا نرفض استخدامها فيما يفسد. وهذا ما قلته حين سألت عنها. ونعلم أن هناك فتاوى في تحريمها سبق إصدارها من قبل علمائنا في المملكة".

ومنذ تصريح الشيخ الغيث إلى اليوم (22 ديسمبر) لم تصدر من المفتي العام للمملكة أو من هيئة كبار العلماء أية فتوى بالسماح بالعروض العمومية للأفلام
في قاعات السينما بالمملكة.

وقام الشيخ الغيث، الذي له رتبة وزير، بالتوقيع مع الشيخ الحصين على مذكرة تفاهم لتنمية لغة وثقافة الحوار بين منسوبي الهيئة أنفسهم وبينهم وبين المجتمع (المواطنين والصحفيين والدبلوماسيين) حسب الصحافة.


وتعتبر الهيئة منذ عدة سنوات موضوع انتقادات شديدة فيما يخص الطرق العنيفة التي يستعملها بعض أعضائها، من قبل منظمات إنسانية وإصلاحيين سعوديين يعتبرون أن هذه الهيئة عائق أمام كل تفتح في المملكة، خاصة منذ وصول الملك عبد الله، وهو مدافع شديد للحوار، إلى الحكم في شهر أغسطس 2005.

حرب مواقف
كتب بندر السليمان، على الموقع الإلكتروني "السياسي" أن "الصراع على دخول السينما في السعودية يبدو صراعا من أعلى وليس من أسفل".

كما أوضح أن "ثقافة السينما ازدهرت مع دخول القنوات الفضائية المتخصصة. فالبحرين (وكذلك دبي) تستقبل ملايين السعوديين في كل عام ليحضروا أحدث الأفلام الجديدة. فالمجتمع السعودي قد حسم تقريبا هذا الخلاف".

واختتم المحلل مقاله قائلا: "فالتمسك بالمواقف الرافض للسينما هو موقف يدخل في معركة الصراع على المواقع. يخشى رجال الدين أن يقدموا تنازلا يعقبه مزيد من التنازلات التي تنتهي بطردهم تماما من اللعبة".

من جهته يقول "خالد"، أحد مستخدمي الانترنيت: "إن اللبراليين يتحاشون إظهار نشوة الانتصار حتى لا يستفزون الهيئة الدينية".
ويتساءل "خالد": "نريد الوصول إلى القمر لكن تحت ضوابطنا الشرعية. فما المانع ؟".

اليوم، لا حاجة إلى دور للسينما
أما هاني الظاهري، الكاتب الصحفي، فله تساءل من نوع آخر: "لماذا تطالبون بالسينما؟".

يقول الظاهري في صحيفة "الإقتصادية": "كلما هدأ النقاش وخف الجدل في الوسط الإعلامي السعودي عن إمكانية افتتاح دور للسينما في السعودية، عاد وانبعث من جديد بشكلٍ يوحي بأن هذه السينما مطلب أساسي للناس وأن مشاكلهم انتهت بأجمعها ولم يتبق إلا قضية الترفيه!".

ويضيف الكاتب: "اليوم، يمكنك أن نشاهد أحدث الأفلام السينمائية وأنت مستلقٍ على أريكتك عبر جهاز الـ DVD دون الحاجة إلى دفع التذاكر ومزاحمة الناس والإزعاج المصاحب لهذه العملية".

21.12.08

Police religieuse: de l’«âne d’Iblis», à l’écran du mal

Par Habib TRABELSI

Il y a un demi-siècle, la police religieuse saoudienne se résignait à tolérer, sous conditions, l’usage de la bicyclette, ou «âne d’Iblis» pour les Saoudiens de l’époque. Aujourd’hui, elle repart en guerre contre le cinéma et déclenche une bataille … «perdue d’avance», selon des libéraux.


«Menahi», fait tordre de rire les Saoudiens … à domicile

La nouvelle guerre a été provoquée par la projection d’un film saoudien «Menahi», produit par le groupe «Rotana», la société de production musicale et cinématographique du prince et milliardaire Walid ben Talal, à Djeddah et à Taëf, aux portes de La Mecque.

Cette projection, à la faveur de l’Aïd El-Edha (la fête du Sacrifice), est une première depuis la fin des années 1970, lorsque la puissante «Commission pour la promotion de la vertu et la prévention du vice», chargée de faire appliquer la charia (loi islamique), avait interdit toute projection publique de films.

La projection a drainé pendant neuf jours plus de 20.000 cinéphiles, dont près de la moitié de spectatrices.

Pour ne pas effaroucher le camp conservateur, «Rotana studios» a veillée soigneusement à la séparation des sexes, dans les deux salles de projection de fortune, les salles de cinéma étant frappées d’interdiction dans le royaume ultraconservateur.

«Menahi», un bédouin naïf aux prises avec la société moderne, est interprété par le Saoudien Fayez al-Maliki, déjà rendu célèbre par le petit écran. La comédie, qui compte aussi parmi ses vedettes la Syrienne Mouna Wassef, était en même temps projetée en Egypte, au Koweït, au Qatar et à Bahreïn, après Genève et Paris.

Mais cette fois les Saoudiens n’ont pas été obligés d’emprunter le pont-digue du roi Fahd et se rendre dans le petit royaume de Bahreïn pour voir le film, comme ce fut le cas en 2006 pour «Keif al-Haal ?» (comment ça va ?), produit également par le groupe du neveu du souverain saoudien Abdallah ben Abdel Aziz.

«Menahi» irrite le chef de la police religieuse

«Tout le monde sait bien que le cinéma est un grand mal et une dépravation. Nous rejetons ce mal», a fulminé le président de la Commission, cheikh Ibrahim Al-Ghaith, lors d’une conférence le 19 décembre à Ryad. Il a affirmé avoir «eu vent de la projection d’un film à Djeddah», une métropole qui bénéficie d’une ouverture inexistante dans le reste du royaume.

«Il y a une poignée de journalistes qui se sont voués au dénigrement de la Commission», a de nouveau tempêté cheikh Ghaith, en réponse à un journaliste qui l’interrogeait sur «l’obstination des hommes d’al-Hesba (ou Moutawa, les membres de la police religieuse) à ne pas sourire aux citoyens».

«Je recommande à mes frères de sourire», a répliqué cheikh Ghaith en qualifiant les détracteurs de la Commission d’«ignorants ou de rancuniers».

Une guerre sourde oppose l’establishment religieux au courant libéral composé notamment d’intellectuels, de journalistes et d’hommes d’affaires.

Une bataille perdue d’avance

Les propos de cheikh Ghaith, reproduits le lendemain par les journaux saoudiens, ont suscité une vive polémique entre des conservateurs qui voient dans le cinéma «une expression artistique occidentale immorale» et des «libéraux» pour qui la projection de «Menahi» allait sonner le glas de l’interdit qui pèse sur le cinéma, comme avant lui ceux qui pesaient sur la télévision satellitaire.

«Le cheikh a raison. Les libéraux veulent propager par le cinéma les vices qu’ils ont échoué à répandre par la télévision», approuve «Sultan», l’un des lecteurs qui ont épousé la cause du dignitaire religieux.

Mais ses détracteurs étaient plus virulents.

«Dans le passé, ces ignorants ont dit que la bicyclette était l’âne d’Ibliss, une invention diabolique, puis ils ont fini par l’accepter, comme ils se sont résignés ensuite à accepter l’automobile, la radio, la télévision et le téléphone portable», rétorque «Samir».

L’«âne d’Ibliss»

Il y a plus d’un demi-siècle, les Saoudiens avaient besoin d’un permis, délivré par la Commission, pour pourvoir monter à bicyclette, considérée alors comme une invention satanique, révélait en octobre dernier le quotidien Al-Riyadh.

Pour enfourcher un vélo, le Saoudien était astreint à des conditions draconiennes. Il devait notamment s’engager, devant le maire, des notaires, des témoins et le chef de sa tribu, à n’utiliser sa «monture» qu’«en cas de nécessité» et pour se rendre uniquement de son domicile à son lieu de travail.

«Ces hypocrites rejettent tout ce qui est moderne, puis ils sont les premiers à en profiter. Trêve d’hypocrisie, le peuple en a assez des frustrations !. Il a besoin de se divertir», renchérit «Sami».

Cinéma… télévision, du pareil au même

«Vénérables oulémas, est-ce que l’interdiction du cinéma s’applique aussi à la télévision, à l’internet et au téléphone portable ? Dans l’affirmative, nous sommes tous des dépravés. Dans ce cas, faisons nos bagages et revenons à la préhistoire», écrit Mohsen Al-Fouhaid, dans Al-Watan, un quotidien qui, dans le passé, avait fait les frais d’un bras de fer entre les conservateurs et les libéraux.

«Quelle différence en effet entre le cinéma et la télévision ?», s’interrogeait samedi Mohamed ben Abdellatif Al-Cheikh, un écrivain et journaliste libéral et l’un des principaux détracteurs du courant religieux rigoureux.

«Le cinéma est un écran de télévision géant (…), Celui qui le rejette doit logiquement rejeter la télévision», poursuit le journaliste dans un article au vitriol publié par Al-Jazira.

«Mais les extrémistes finissent toujours par accepter ce qu’ils interdisent au début sous des prétextes fallacieux. Nos enfants et nos petits-enfants se moqueront des interdictions qui ont jalonné notre passé et dont nous souffrons encore», conclut le journaliste dans une allusion notamment à l’interdiction à la femme de conduire une voiture.

Le chef de la Commission bat en retraite

Dimanche, cheikh Ghaith, cité par la presse locale, se rétractait, en affirmant ne pas s’opposer au cinéma … sous condition.

«Nous ne nous opposons pas à l’établissement (de salles de) cinéma, à condition qu’on y projette de bons films … qui ne s’opposent pas à la charia», a déclaré aux journalistes cheikh Ghaith, après une rencontre avec le président du «Centre du roi Abdel Aziz pour le Dialogue national», Cheikh Salah Al-Husayn.

«Je persiste à dire qu’on peut projeter (dans les salles de cinéma) des films pour le bien (des spectateurs). Mais nous refusons leur utilisation comme lieux de dépravation», a ajouté cheikh Ghaith.

Cheikh Ghaith, qui a rang de ministre, venait de cosigner avec cheikh Husayn un mémorandum d’accord, pour inculquer aux membres de la police religieuse «la culture du dialogue» et leur apprendre à traiter avec les citoyens, les journalistes et les diplomates, selon la presse.

La Commission fait l’objet depuis plusieurs années de critiques virulentes pour les méthodes brutales utilisées par certains de ses membres, de la part d’organisations humanitaires internationales et de réformistes saoudiens qui considèrent cet organisme d’Etat comme une entrave à toute ouverture dans le royaume, surtout depuis l’accès au pouvoir, en août 2005, du roi Abdallah, farouche partisan du dialogue.

Guerre de positions

«La bataille pour l’introduction du cinéma en Arabie saoudite est en fait un conflit au sommet et non à la base», écrit l’analyste Bandar Souleiman, sur le site al-Siyassi.

«La culture cinématographique s’est répandue grâce aux télévisions satellitaires spécialisées. Des millions de Saoudiens se rendent chaque année à Bahreïn (ndlr: et à Dubaï) pour voir les nouveautés à l’affiche. La société saoudienne a presque tranché le débat», explique-t-il.

«Il s’agit d’une guerre de positions: en faisant une concession sur le cinéma, l’establishment religieux craint de céder davantage de terrain et de sortir complètement du jeu», conclut l’analyste.

«De même, les libéraux se gardent bien de tout triomphalisme, pour ne pas effaroucher l’establishment religieux», l’un des piliers du régime, estime «Khaled», un internaute.

Khaled souhaite voir les Saoudiens «atteindre la lune, sans perdre leurs repères» religieux.

19.12.08

Arabie, eldorado des escrocs

Par Habib TRABELSI

Plus de cinq milliards de dollars sont subtilisés chaque année par des charlatans de tout poil qui écument le monde arabe, en particulier les riches monarchies du Golfe, avec en tête l’Arabie saoudite, haut lieu de prières et terrain fertile pour les amateurs d’argent facile.

Malgré les mises en garde des autorités saoudiennes contre des escrocs et des charlatans jamais à court d’imagination, malgré la vigilance de la redoutable police religieuse, la presse locale fait état régulièrement d’opérations d’escroquerie aux procédés variés et des plus extravagants.

Des escrocs se faisant passer pour des hauts responsables proposant par courrier des contrats juteux mais toujours en demandant des «avances de paiement», des associations islamiques philanthropiques fictives demandant des dons pour des programmes de bienfaisance, mais surtout des «magiciens» prétendant «faire accoucher» de l’argent.

Ces maîtres-trompeurs sont quasi-exclusivement de «nationalités» africaines, en particulier des Nigérians et des Tchadiens, mais aussi des ressortissants arabes, notamment des Soudanais, selon la presse.

Ils persuadent leurs victimes que leur argent peut «faire des petits», grâce à une poudre bénie et grâce au concours des génies.

Bon nombre d’entre eux entrent dans le royaume pour accomplir le pèlerinage annuel à La Mecque ou la omra (petit-pèlerinage) puis se perdent dans la nature et se transforment en résidents clandestins.

Depuis le 16 novembre, la presse saoudienne a fait état de cinq coups de filet qui ont permis l’arrestation de quatorze charlatans au total –treize de «nationalités africaines» et un Egyptien – opérant généralement par groupes de trois, à La Mecque, à Médine ou à Djeddah.

Parmi les victimes, figurait un Saoudien de 36 ans qui a vu ses rêves d’enrichissement magique se volatiliser en même temps que ses 400.000 euros d’économies.
La police devait ensuite lui restituer 128.000 euros récupérés après l’arrestation des quatre «magiciens» africains.

La recette des «accoucheurs» est simple et presque toujours identique: d’abord, ils persuadent leur victime crédule que son argent peut être «multiplié» autant de fois qu’il le souhaite.

Pour cela, ils n’ont besoin que d’une petite démonstration au cours de laquelle le candidat à l’enrichissement facile assiste à la transformation, par un tour de prestidigitation, d’un bout de papier noir en un billet de 100 dollars. L’intéressé mord à l’hameçon.

Il font ensuite «couver» la somme à «multiplier» pendant au moins 48 heures dans une mallette après l’avoir saupoudrée d’une substance «magique» et placée dans une chambre obscure remplie de fumée d’encens.

Les charlatans préfèrent généralement des devises étrangères

Certains candidats à l’enrichissement commencent par faire «couver» de petites sommes. D’autres, pressés de devenir encore plus riches, mettent des millions … une fois pour toutes.

Certains escrocs parviennent à s’envoler avec leur butin avant la fin de la «couvaison».

La presse fait souvent état d’arrestations, mais la plupart des victimes, honteuses de leur naïveté, avalent la pilule et n’alertent pas la police.

Dans les Emirats arabes unis, lieu d’élection pour affairistes de tout poil, 72 cas d’«accouchement d’argent», impliquant 133 charlatans, ont été recensés en 2007, rapportait récemment le quotidiens Al-Khaleej, citant des statistiques de la police de Dubaï

Pendant les neuf premiers mois de 2008, seulement 36 cas ont été enregistrés et 63 personnes arrêtées, se félicitait la police de l’émirat, eldorado des escrocs et théâtre ces dernières années de plusieurs grandes opérations frauduleuses.

Selon une étude réalisée par un expert égyptien. Mohamed Abdel Adhim, plus de cinq milliards de dollars sont dépensés chaque année dans le charlatanisme dans le monde arabe, les principales victimes étant les femmes, proies faciles attrape-nigauds.

Selon lui, «les crimes de charlatanisme ne touchent pas seulement les analphabètes. Certaines victimes ont un haut niveau d’éducation. La moitié des femmes arabes croient dans le pouvoir de la magie. Les divorcées et les vieilles filles surtout recourent aux charlatans et aux guérisseurs pour trouver des maris».

En Arabie saoudite, où ceux qui s’adonnent à la magie, au charlatanisme et à la sorcellerie, peuvent encourir la peine capitale, en fonction de la gravité du crime, la «Commission pour la promotion de la vertu et la prévention du vice», la police religieuse chargée de veiller à l’application de la charia (loi islamique), annonce souvent l’arrestation de charlatans ou de faux guérisseurs par le Coran.

Le 18 décembre encore, la Commission a arrêté à Médine «un magicien qui abusait sexuellement de ses patientes, habitées présumées par le djinn, en prétendant pouvoir chasser le Malin en leur lisant des versets coraniques», rapportait le quotidien Al-Riyad.

Outre le pouvoir d’extirper le djinn par son membre viril, l’«Africain affirmait être capable d’exhumer les trésors enfouis dans les tréfonds de la terre».

17.12.08

"الخليجي" و"الأوروبي": نحو نهاية عشرين سنة من النقاش البيزنطي

بقلم حبيب طرابلسي
ترجمة وفاء زداني

يبدو أن المفاوضات اللامتناهية وغير المجدية لتوقيع اتفاقية التجارة الحرة بين بلدان مجلس التعاون الخليجي والاتحاد الأوروبي، وهو شريكها التجاري الأول، محكوم عليها بالفشل وقد يتم دفنها في "مسقط"، بمناسبة القمة السنوية لهذا التجمع الإقليمي العربي.

قبل أسبوعين من اجتماع قادة بلدان التعاون الخليجي (المملكة العربية السعودية والبحرين والإمارات العربية المتحدة والكويت وسلطنة عُمان وقطر)، حذر الشيخ حمد بن جاسم بن جبر آل ثاني، رئيس الوزراء القطري، من "وقف" المفاوضات من قبل البلدان الأعضاء الستة التي تترأسها حاليا قطر إلى غاية قمة مسقط، يومي 29 و30 ديسمبر المقبل.

أكّد الشيخ حمد بأن "المفاوضات من أجل اتفاقية التجارة الحرة مع شريكنا الأوروبي استغرقت وقتا أطول من اللازم" مشيرا إلى أن هذه النقاشات "لم تؤد إلى أية نتيجة".
وأضاف الشيخ حمد بأن الاتحاد الأوروبي كان على وشك التوقيع على الاتفاقية عبر الرئيس الفرنسي نيكولا ساركوزي، الذي يترأس حاليا الاتحاد الأوروبي، في نهاية شهر نوفمبر المنصرم خلال زيارته إلى الدوحة، وأمير قطر، الشيخ حمد بن خليفة آل ثاني، لكن "الاتحاد الأوروبي تراجع في اللحظات الأخيرة".

من جهته، يعتبر الرئيس ساركوزي بأن التوقيع على الاتفاقية قبل نهاية السنة من الأولويات، حسبما أكدته، قبل الزيارة، آن ماري ايدراك، كاتبة الدولة للتجارة الخارجية.

وأعتبر الشيخ حمد بأن "التوقيع على الاتفاقية قبل نهاية السنة أمر صعب، ويجب على الاتحاد الأوروبي أن يدرك بأن النقاش لا يمكن أن يستمر إلى الأبد".

وحذر الشيخ حمد، خلال مؤتمر صحفي مع نظيره السنغافوري، لي هيسين لونغ، في الدوحة حيث تم التوقيع على اتفاقية التجارة الحرة بين مجلس التعاون الخليجي وسنغافورة، بأن "مجلس التعاون الخليجي سيقوم باتخاذ قرار بإيقاف الحوار الذي لن يؤدي إلى نتيجة مع الأوروبيين».

طبقا لهذه الاتفاقية، وهي الأولى من نوعها بين مجلس التعاون الخليجي وبلد خارج منطقة الشرق الأوسط، ستدخل 99 بالمائة من المنتجات السنغافورية أسواق دول مجلس التعاون من غير تعرفة جمركية، كما ستمنح الاتفاقية كافة سلع ومنتجات دول مجلس التعاون الخليجي حرية دخول سنغافورة بدون تعرفة، كما بين السيد لي.

وقد بلغت قيمة التبادلات التجارية بين بلاده وبلدان المجلس إلى نحو 27,53 مليار دولار أمريكي في سنة 2007، بزيادة قدرها 127 بالمائة بالمقارنة مع 2002، وهو رقم قياسي.

ودعا الشيخ حمد الإتحاد الأوروبي إلى النظر في المثل الجيد الذي حدث مع سنغافورة قائلا: "اننا استغرقنا نحو ثلاث سنوات فقط حتى تم التوقيع على الاتفاقية مع سنغافورة، بينما استغرق الوقت مع الجانب الأوروبي 17 عاما".

ولم يذكر الشيخ حمد أسباب فشل هذه النقاشات التي تم الشروع فيها في سنة 1988 والعودة إليها ثانية في سنة 2001. لكن العديد من مسؤولي مجلس التعاون الخليجي أعادوا مسؤولية تعثر المفاوضات للاتحاد الأوروبي، متهمين إياه بعرقلة التوقيع على الاتفاقية من خلال فرض مطالب سياسية في كل مرة.

ففي شهر يونيو المنصرم، صرح الأمين العام لمجلس التعاون عبد الرحمن العطية، بأن "بلدان المجلس ترفض الشروط السياسية التي يريد الأوروبيون فرضها من أجل التوقيع على الاتفاقية".

كما قال السيد عطية عقب اجتماع وزاري مشترك للمجلس في جدة أن "الاتحاد الأوروبي اتخذ شراكة إستراتيجية مع إسرائيل التي يريد فرضها على بلدان مجلس التعاون. لكن هذه الأخيرة ترفض إقامة علاقات مع إسرائيل قبل التوقيع على اتفاقية سلام شامل تسمح بإقامة دولة فلسطينية وتضع حدا للاستعمار".

وحذر السيد العطية بأن "جولة المفاوضات المقبلة ستكون حاسمة: إما التوقيع على اتفاقية، وإمّا وقف المفاوضات".

من جهته، طلب عبد الله القويز، الأمين العام المساعد السابق لمجلس التعاون الخليجي، المكلف بالشؤون الاقتصادية، وذو النفوذ العالي، في سبتمبر المنصرم من مسؤولي المجلس بـ"وقف المفاوضات حول مشروع اتفاقية التجارة الحرة"، مؤكدا أنها "عقيمة".

كما اتهم السيد القويز، الذي كان أيضا كاتب دولة في وزارة المالية والاقتصاد السعودية، البرلمان الأوروبي بـ"عرقلة المفاوضات من خلال تحديد تسعة مطالب، خاصة واحد منها حول حقوق الإنسان" في بلدان المجلس، في بيان صدر يوم 24 أبريل المنصرم.

غير أن سلطات هذه البلدان التي كثيرا ما تنتقدها المنظمات الدولية بسبب عدم احترامها لحقوق الإنسان، أعلنت في السنوات الأخيرة عبر عمليات إشهارية كبيرة، إجراءات لصالح حقوق الإنسان.

وكانت هذه البلدان كلها ممثلة، من قبل منظمات غير حكومية لا تزال تسعى إلى كسب شرعية شعبية، في "المؤتمر العربي الأول لحقوق الإنسان" الذي استضافته الدوحة يومى 14 و15 ديسمبر الجاري في إطار احتفال الجامعة العربية بالذكرى الستين لليوم العالمي لحقوق الإنسان.


حتى المملكة العربية السعودية، التي كانت في الماضي ترفض رفضا باتا كل منظمة أو جمعية من المجتمع المدني ترى بأنها لا توافق الشريعة الإسلامية (المطبقة تطبيقا صارما في المملكة)، أرسلت وفدا إلى الدوحة في إطار "شهر العسل" بين المملكة وقطر التي تحسّنت علاقاتهما بصفة ملموسة بعدما كانت متوترة عادة.

ويواصل السيد القويز قائلا: "يبدو أن قائمة مطالب الاتحاد الأوروبي لن تتوقف وأن الأوروبيين محرجون بهذه المفاوضات" مضيفا أنهم "غير مقتنعين بأن هذه المفاوضات ستأتي بفوائد تجارية إضافية، فالاتحاد الأوروبي هو الشريك التجاري الأول لمجلس التعاون، ولديه منذ أكثر من ربع قرن فائض تجاري معتبر ودائم مع المجلس الذي تتوجه استثماراته بحجم كبير ودون انقطاع نحو أوروبا".

كما قال بأن استثمارات بلدان المجلس في أوروبا قدرت بأكثر من 100 مليار دولار بين 2002 و2006، أي حوالي 20 بالمائة من استثماراتها في الخارج، بينما لم تتجاوز استثمارات بلدان الخليج الستة 13 مليار دولار أمريكي خلال نفس الفترة، أي حوالي 1 بالمائة من مجمل استثمارات البلدان الأوروبية في الخارج.

وفي سنة 2006، وصلت التبادلات بين الاتحاد الأوروبي ومجلس التعاون الخليجي إلى أكثر من 110 مليار دولار (75 مليار يورو). هكذا قدّر الاتحاد الأوروبي صادراته نحو بلدان الخليج بـ47,4 مليار يورو مما يجعله زبونها الخامس، بينما صدّرت بلدان الخليج نحو أوروبا ما قـُدّر بـ35,2 مليار يورو من البضائع، خاصة الخام منها، والمنتوجات البتر وكيماوية والألمنيوم، حسب الإحصائيات الأوروبية. ويأتي ثلث واردات بلدان الخليج من الاتحاد الأوروبي.

ويختتم الاقتصادي الكبير قائلا: "في الأخير، يبدو واضحا أن المفاوضات لا تستجيب لانتظارات الطرفين" مقدما ثمانية اقتراحات تعاون بين التجمعين الإقليميين.

من بين اقتراحات السيد القويز تجدر الإشارة إلى "برنامج تصنيع مشترك يكون للقطاع الخاص فيه الدور الرائد ويتم تمويله بشكل مشترك"، و"إلغاء نظام تأشيرات الدخول بين المنطقتين وعلى الأخص بالنسبة لرجال الأعمال"، و"إنشاء المؤسسات التعليمية والتدريبية من قبل الاتحاد الأوروبي في دول مجلس التعاون، حتى يوجد كادر خليجي مدرب على الخبرة الأوروبية ومتعود على السلع والتكنولوجيا الأوروبية".

وخلال المؤتمر الصحفي، قال الشيخ حمد -- الذي تؤكد بلاده على غرار شركائها من مجلس التعاون، بأنها تجاوزت الأزمة المالية العالمية -- أن "الاتحاد الأوروبي هو شريك مجلس التعاون الخليجي الأول، وإذا يهمه توسيع هذه الشراكة يجب أن يعيد النظر بالمفاوضات".

CCG/UE: vers un épilogue de vingt ans de palabres

Par Habib TRABELSI

Les interminables et vaines négociations pour un accord de libre-échange entre les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) et l’Union Européenne (UE), leur premier partenaire commercial, semblent vouées à l’échec et risquent d’être enterrées à Mascate, à la faveur du sommet annuel de ce groupement régional arabe.

A deux semaines de la réunion des dirigeants des pays du CCG (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar), le Premier ministre du Qatar, cheikh Hamad ben Jassem ben Jabr Al-Thani, a agité la menace d’une inéluctable «suspension» des négociations par les six monarchies dont Doha assure la présidence jusqu’au sommet de Mascate, les 29 et 30 décembre.

«Les négociations pour un accord de libre-échange avec notre partenaire européen ont duré trop longtemps», a déclaré cheikh Hamad, estimant que ces discussions «n’ont conduit à aucun résultat».

Selon lui, l’accord, devait être signé fin novembre par le président français Nicolas Sarkozy, également président de l'UE, lors de sa dernière visite à Doha, et l'émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, «mais l’UE s'est rétractée au dernier moment».

Le président Sarkozy considère que la signature de cet accord avant la fin de l’année est une priorité, avait indiqué avant la visite Anne-Marie Idrac, la secrétaire d’Etat au Commerce extérieur.

«La signature de l’accord avant la fin de l’année est difficile et L’UE doit savoir que ces discussions ne peuvent pas durer indéfiniment», a ajouté cheikh Hamad.

«Les pays du CCG vont probablement prendre prochainement la décision de suspendre ces discussions», a averti cheikh Hamad lors d’une conférence de presse avec son homologue singapourien, Lee Hsien Loong, à Doha où un accord de libre-échange a été signé entre le CCG et Singapour.

En vertu de cet accord, le premier du genre entre le CCG avec un pays hors de la région de Proche-Orient, "99% des produits du Singapour vont pouvoir entrer sur les marchés du CCG en exonération des droits de douane", s'est réjoui M. Lee.

Son pays a vu ses échanges commerciaux avec le CCG atteindre le chiffre record de 27,53 milliards USD en 2007, en augmentation de 127% par rapport à 2002.

«Nous avons mis seulement trois ans (de dialogue) avant de signer un accord avec Singapour, alors que nos négociations avec la partie européenne ont duré 17 ans», a commenté cheikh Hamad, sans évoquer les raisons de l’échec de ces discussions, entamées en 1988 et relancées en 2001.

Cependant, plusieurs responsables du CCG en avaient imputé la responsabilité de l’enlisement des négociations à l’UE, l’accusant d’entraver la signature de l’accord en posant à chaque fois des exigences politiques.

En juin dernier, le secrétaire général du CCG, Abdel Rahman Al-Attiya, avait déclaré que "les pays du Conseil rejettent les conditions politiques que les Européens veulent leur imposer pour signer l'accord".

«L’UE a adopté un partenariat stratégique avec Israël qu’elle tente d’imposer aux pays du C.C.G. qui refusent l’instauration de relations avec Israël jusqu’à la signature d’un accord de paix global qui permettra la formation d’un Etat palestinien et mettra fin à l’occupation», avait notamment dit M. Attiya à l’issue d’une réunion ministérielle du CCG à Djeddah.

M. Attiya avait même averti que «le prochain round de négociations sera décisif: soit la signature d’un accord, soit l’arrêt des négociations».

Pour sa part, l’ancien et très influent secrétaire général adjoint du CCG pour les Affaires économiques, Abdallah Al-Quwaiz, avait demandé en septembre dernier aux responsables du CCG d’«arrêter les négociations sur le projet d’accord de libre-échange», estimant que celles-ci étaient «stériles».

M. Quwaiz, également ancien secrétaire d’Etat au ministère saoudien des Finances et de l’Economie, avait aussi accusé le Parlement européen d’avoir «entravé les négociations en posant, dans un communiqué publié le 24 avril dernier, neuf exigences, en particulier une relative aux droits de l’Homme» dans les pays du CCG.

Pourtant, les autorités de ces pays, souvent critiquées par des organisations internationales pour leurs manquements aux droits de l'Homme, ont annoncé ces dernières années à grand renfort de publicité des mesures en faveur des droits humains.

Ces pays étaient tous représentés par des ONG encore en quête de légitimité populaire à une conférence organisée la semaine dernière à Doha à l'occasion de la célébration du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Même l’Arabie saoudite, naguère encore allergique à toute organisation ou association de la société civile qu’elle juge incompatibles avec la charia (la loi islamique, appliquée strictement dans le royaume), a dépêché une délégation à Doha, à la faveur de la «lune de miel» entre l’Arabie et le Qatar dont les relations, traditionnellement tendues, se sont nettement améliorées.

Mais, écrivait encore M. Quwaiz, «il semble que la liste des exigences de l’UE ne va pas s’arrêter et que les Européens sont embarrassés par ces négociations».

«D’ailleurs, ils ne sont pas convaincus que ces négociations leur apporteront des profits commerciaux supplémentaires: l’UE, principal partenaire commercial du CCG, a depuis plus d’un quart de siècle un excédent commercial très important et permanent avec le CCG dont les investissements affluent massivement et sans interruption vers l’Europe».

Selon lui, les investissements des pays du CCG en Europe sont estimés au total à plus de 100 milliards de dollars entre 2002 et 2006, soit près de 20% de leurs investissements à l’étranger, alors que les investissements européens dans les six pays du Golfe n’ont pas dépassé les 13 mds USD durant la même période, soit près de 1% de l’ensemble des investissements des pays européens à l’étranger.

En 2006, les échanges UE-CCG se sont élevés à plus de 110 milliards de dollars (75 milliards d’euros). L’UE a ainsi chiffré à 47,4 milliards d’euros ses exportations vers le CCG, qui constitue son 5e client, alors que les pays du CCG ont exporté vers l’UE pour 35,2 milliards d’euros de marchandises, notamment du brut, des produits pétrochimiques et de l’aluminium, selon des statistiques européennes. Le tiers des importations des pays du CCG provient de l’UE.

«En définitive, Il est clair que les négociations ne répondent pas aux attentes des deux parties», avait conclu l’éminent économiste, avant de suggérer huit propositions de coopération entre les deux groupements régionaux.

M. Quwaiz avait proposé notamment «la mise en place d’un programme commun d’industrialisation cofinancé par les deux groupes et dans lequel le secteur privé aurait le rôle prédominent», «l’abrogation des visas d’entrée, en particulier pour les hommes d’affaires des deux groupes de pays» et «la création par les pays de l’UE d’institutions de formation et d’entrainement de cadres rodés à l’expertise, à la technologie et à la production européennes».

«L’UE est le plus grand partenaire du CCG. Si elle veut élargir ce partenariat, elle doit reconsidérer" sa position à l’égard de l’accord, a encore dit cheikh Hamad, dont le pays, se félicite, au même titre que ses partenaires du CCG, d’avoir surmonté la crise financière mondiale.

6.12.08

Hajj 2008: Satan lapidé aux cailloux «stérilisés»

Par Habib TRABELSI

Une première au pèlerinage annuel à La Mecque: les fidèles n’auront plus à se baisser à Mouzdalifa pour ramasser des cailloux servant à la lapidation de Satan, symbolisé par trois blocs de béton à Mina, les autorités saoudiennes, au service des «invités de Dieu», fourniront des
projectiles «stérilisées».

Des cailloux «prêts-à-lancer»

Désormais, chaque fidèle recevra une pochette en velours contenant de petits cailloux «bien triés, propres, lavés sept fois à l’eau et asséchés au soleil», bref «stérilisés», a rapporté vendredi (5 décembre) l’agence saoudienne de presse SPA, citant Mohamed Al-Amoudi, un responsable de ce projet inédit.

Selon la tradition, c’est à Mina, à proximité de La Mecque, que Satan surgit à trois reprises, d’abord devant Abraham, puis devant sa femme Hagar et ensuite leur fils Ismaël. Pour lui signifier leur mépris, Abraham et sa famille lui lancèrent chaque fois sept cailloux. Ce geste a été perpétué par les musulmans.

Après le stationnement dans la plaine d’Arafat, moment fort du pèlerinage, l’impressionnante marée humaine déferle vers Mouzdalifa, à une dizaine de km plus à l’ouest, pour ramasser les projectiles, des graviers de la grosseur d’une fève.


«Soldats de Dieu» à l’assaut de l’«ennemi d’Allah»

Plus de deux millions de «soldats de Dieu», en rangs serrés et armés de dizaines de millions de «Jamarats» (braises), se rendent ensuite à Mina, une vallée aride située à une dizaine de km de la ville sainte, pour mener des assauts, trois jours d’affilée, contre les trois blocs de béton d’environ 25 mètres de haut situés sur un parcours exigu de 272 mètres, symbolisant l’«ennemi de Dieu».

Sa lapidation est un rituel à haut risque. A la moindre panique, c’est la catastrophe. Des bousculades meurtrières ont endeuillé le hajj à plusieurs reprises depuis près de deux décennies.


Pour parer à de nouvelles tragédies, le gouvernement saoudien affirme avoir déboursé des centaines de millions de dollars pour assurer la fluidité de mouvement de la marée humaine, en faisant construire notamment sur le site de Mina des ponts à trois niveaux et faciliter ainsi le déroulement de ce rite.

Une «fatwa» pour … soulager les fidèles

La «gardienne des lieux saints de l’islam» veut maintenant «soulager les fidèles, en particulier les plus âgés d’entre eux, en leur évitant d’aller ramasser les cailloux sur les montagnes, après avoir accumulé la fatigue du stationnement à Arafat et du déferlement vers Mouzdalifa.
Les fidèles pourront ainsi consacrer plus de temps au recueillement», a expliqué Amoudi.

Le projet avait obtenu le feu vert des autorités religieuses, «par le biais d’une fatwa (décr
et religieux) autorisant sa réalisation», a précisé M. Amoudi, dont les propos ont été reproduits par de nombreux sites internet.

«Paradoxalement, pour le commun des fidèles, le nombre de ‘hassanates’ (gains spirituels) est proportionnel aux épreuves, à la souffrance physique et à l'effort, dont celui de ramasser soi-même des cailloux», commente un internaute.

«Balles» récupérables

Mais les fidèles pourront s’approvisionner aussi dans les milliards de graviers déversés au préalable par tonnes par des camions à Mouzdalifa.

A la fin de la grêle de cailloux, les éboueurs doivent faire place nette. Ils mettent en général plusieurs heures pour ramasser les projectiles lancés sur l’un des trois objectifs, de quoi remplir quatre camions d’une capacité totale de 40 mètres cubes, selon la presse. Toutes ces munitions sont toutefois récupérées pourront être réutilisées.

Déchets non recyclables

D’après la municipalité de La Mecque, chaque année, entre 20.000 et 30.000 éboueurs sont mobilisés dans divers sanctuaires pour ramasser aussi les monticules de détritus, formés notamment de bouteilles en plastique, de sacs de fast food, d’épluchures de fruits et de cartons, transformés en tapis de fortune pour la prière.

Toujours selon la municipalité, plus de 3.500 tonnes d’immondices sont ramassées chaque jour à La Mecque durant le pèlerinage, soit l’équivalent de ce qui est ramassé à Ryad, la capitale, durant une semaine.

http://www.youtube.com/results?search_query=Going+to+Jamarat&search_type=&aq=f
http://www.spa.gov.sa/PhotoGalleryView.php?cid=86&id=29558

2.12.08

Affaire Morin: des Saoudiens vexés des largesses d’une princesse

Par Habib TRABELSI

Des Saoudiens ont exprimé mardi (2 décembre) leur indignation à l’annonce par le quotidien Al-Riyadh de dons généreux octroyés par une princesse saoudienne à une Canadienne retenue contre son gré dans le royaume.

Selon le journal, la princesse Sarah bent Moussaed a fait don d’un appartement, d’une voiture et de 20.000 riyals (environ 5.400 dollars) à la Québécoise, Nathalie Morin, dont l’époux saoudien, Saeed Al-Shahrani, s’oppose depuis plus de trois ans à son retour au Canada avec leurs trois enfants, Samir (7ans), Abdallah (2 ans) et Sarah (une nouveau-née).

Les membres de cette famille, qui vivaient dans un appartement délabré à Bicha (sud) l’une des villes les plus déshéritées du royaume, habiteront désormais dans leur nouvel appartement à Dammam (est), qui sera entièrement équipé par l’Association caritative «Al-Birr».

Ils bénéficieront en outre d’un soutien financier, de soins médicaux gratuits dans un hôpital spécialisé et leurs enfants d’allocations scolaires. En outre, "des instructions ont été données pour assurer un emploi adéquat" à l’épouse, toujours selon le journal, généralement bien informé.

"Nathalie Morin a remercié la princesse Sarah et salué le geste noble d’autres princesses saoudiennes qui l’ont contactée, pour s’enquérir de sa situation", rapporte le journal.

Certains lecteurs ont vu dans ce geste «un exemple de solidarité donné par un membre de la famille royale», d’autres «un témoignage de la générosité arabo-musulmane légendaire».

Mais la quasi-totalité des quelque 150 lecteurs qui se sont exprimés sur l'édition électronique du journal, ont vivement déploré que les Saoudiens déshérités ne puissent pas bénéficier des mêmes faveurs qui, selon certains, «ont été dictées par la pression des media occidentaux».

«Des milliers de Saoudiens pauvres crèvent de faim. Personne ne se soucie d’eux, parce que les medias occidentaux ne parlent pas d’eux», écrit «Hanan».

«Promenez-vous dans les quartiers malfamés de Ryad et vous constaterez que les conditions de vie des enfants sont beaucoup plus lamentables que celle de Samir et Abdallah qui ne manquent même pas de jouets, comme le montre la photo (publiée par le journal). Que dire aussi des milliers de jeunes Saoudiens qui ne demandent qu’à travailler ?», écrit Abdel Majid Chemmari.

«Plus des trois-quarts des Saoudiennes sont au chômage … et on ose donner des instructions pour assurer un emploi adéquat à la Canadienne !», s'indigne «Jawhara», en accusant les autorités d'avoir "cédé, une fois de plus, aux pressions étrangères».

«C’est simple. Demain, j’épouserai une Canadienne ou n’importe quelle Occidentale !», ironise Abdel Aziz qui affirme être «au chômage depuis trois ans, endetté jusqu’au cou». Il affirme "maîtriser trois langues, tout comme Saeed Al-Shahrani".

Selon Al-Riyadh, «Shahrani, qui parle l’anglais, le français et le turc, espère maintenant gagner beaucoup plus que le salaire de misère, de 2.800 riyals (environ 700 US dollars), qu’il percevait en tant que rapporteur de séance».

«Mais la mère de Nathalie, Johanne Durocher, poursuit sa campagne médiatique hostile, en français et en anglais, pour influencer les milieux gouvernementaux au Canada», déplore le journal.

Nathalie Morin avait rencontré Al-Shahrani en 2001 au Canada où il séjournait illégalement, avant d’être expulsé en 2002. Elle l’avait rejoint en Arabie Saoudite deux ans plus tard.

En avril dernier, Mme Durocher avait affirmé dans une conférence de presse que sa fille vivait enfermée avec ses enfants dans une maison sommairement aménagée et que son mari la frappait et la privait de sortie.

Mme Durocher avait aussi demandé l’aide du gouvernement canadien à mettre la pression sur le gouvernement saoudien pour obtenir l’extradition de Nathalie et de ses enfants.

Mais le porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères, Rodney Moore, avait alors expliqué à la presse que bien que le gouvernement canadien soit «préoccupé» par la situation de Mme Morin, il ne pouvait s’ingérer dans les affaires saoudiennes.

1.12.08

سعوديات "روك" يلقين حجرا ببركة المجتمع الوهابي الراكدة

بقلم حبيب طرابلسي
ترجمة وداد زداني

قامت أربع طالبات من جامعة جدة، مولعات بموسيقى "الروك"، بإسماع أصواتهن، واخترن اللغة الإنكليزية قصدا، لإبلاغ رسالتهن إلى العالم أجمع، فأنشأن أول فرقة موسيقية نسائية للروك في العربية السعودية، مما يعتبر رهانا في بلاد حيث تمنع الوهابية، أكثر المذاهب الإسلامية تشددا، المسلمة من إسماع صوتها أو، أكثر من ذلك، تزيينه.

نجاح بدون صور
الفرقة، "الوسام" المستوحاة من لوحة الرسام البريطاني ادموند لايتون الشهيرة التي تمثل حسناء تمنح سيفا لفارس راكع أمامها لترفعه إلى طبقة الأشراف، بثـّت أغنية أولى عبر موقع "ماي سبايس"، بعنوان "بينوكيو"، الشخصية الخيالية للكاتب الإيطالي المعروف كارلو لورنزيني.

يعلّق أحد عشرات الآلاف من مستمعي الأغنية التي بُثـّت لأول مرة يوم 11 نوفمبر المنصرم، والتي تشهد نجاحا كبيرا في المملكة وفي العالم أجمع، قائلا: "مثلت الأغنية الأولى لفرقة التكريم "بينوكيو" رفضا لهذا الواقع وكأن لسان حالهم يقول: لا نريد أن نكون "عرايس ماريونيت" كـ"بينوكيو". وقد تم تحميل الأغنية، وهي عبارة على تسجيل صوتي بدون صور، أكثر من 73000 مرة في 18 يوما.

يقول مانويل، مستمع كولومبي: "هنيئا! عمر مديد لـ"الوسام"! أتمنى أن تقدّمن إنتاجكنّ للجمهور عبر العالم. سيسرّ كولومبيا أن تستقبلكن". ويضيف مستمع ياباني آخر: "أنتن محاربات شجاعات، بصدد القيام بثورة عبر الموسيقى. العالم كله يدعمكن".
وأشاد عدد كبير من المستمعين من لبنان واسبانيا والنرويج وحتى الولايات المتحدة بهذا "النجاح".

الشرطة الدينية: الصمت لا يزال قائما
أكّدت الفرقة قائلة: "نحن نحترم وطننا. سنواصل الموسيقى دون الدخول في نزاع مع ثقافتنا وتقاليدنا" وهي تحلم بـ"تقديم عروض بكل حرية للجمهور وتسجيل ألبوم في مستقبل قريب"، خاشية رغم ذلك رد فعل أحد ركائز النظام: "هيئة الأمر بالمعروف والنهي عن المنكر"، الشرطة الدينية الشديدة المكلّفة بفرض احترام الأخلاق.

لكن الشرطة الدينية، (أو "المطاوعة، أو "رجال الحسبة")، تبدو أقل شدّة في جدة، المدينة المرفئية والسياحية الكبيرة التي تحظى بانفتاح ليس له مثيل في باقي أنحاء المملكة المحافظة جدا.

هذه الشرطة شهدت مؤخرا سلطتها تتراجع نوعا ما بعد قرار من حاكم مكة، الأمير خالد الفيصل، المحبّ للثقافة إلى درجة أنه يُعرف بـ"أمير الفكر والشعر".
وكان الأمير خالد الفيصل قد أمر سبتمبر الماضي بعدم دخول أعضاء الهيئة مطاعم العائلات إلا بعد إذن شخصي منه. ب من أمير مكة المكرمة خالد الفيصل
وفي الفترة التي كان فيها حاكما لمنطقة عسير، قبل تعيينه في شهر مايو 2007 على رأس منطقة مكة التي تشمل الطائف وجدة، كان الأمير خالد محل انتقادات المطاوعة الذين كانوا يلومون انفتاحه.

لقد أثار رئيس هيئة منطقة جدة وعضوان آخران فيها، مؤخرا المفاجأة عندما دخلوا في أهم مركز بولينج في المدينة حيث تحظى هذه اللعبة بشعبية كبيرة. واعتقد المتسوّقون أن شيئا مريبا قد حصل في هذا المركز، لكن دخل الزوار الثلاثة والبسمة تعلو وجوههم، في حوار ودّي مع ثلة من الشباب قبل أن يتنافسوا معهم في مباراة وأن يفوزوا بها... وهو ما لم يشهده سعوديّ قطّ قبل ذلك اليوم!

تشجيعات وشتائم
شهدت "الفرقة الرباعية" تشجيعات كثيرة، ولكنها عرفت أيضا الشتائم من مئات المواطنين السعوديين، رجالا ونساء، الذين استاؤوا من انتهاك محرّم:

يقول مستخدم انترنيت: "في الإسلام صوت المرأة عورة، أي يجب أن لا يستمع إليه أجنبي". ويضيف أخر: "ينبغي على المسلمة أن تتجنب استعمال صوت "مزيّن" (رقيق ومطرب) لعدم إثارة "الفتنة" والغريزة ".

ويستاء ثالث قائلا: "يا له من فساد! هذه الطالبات يغنين بالانكليزية ويترافقن بآلات موسيقية!"، ويضيف "مقسما" أن هؤلاء "حثالة من الدول الفقيرة أخذن الجنسية" و متمنيا أن "تسحب الجنسية منهن ويرجعن لبلدهن قريبا".
ويرد "مراقب من كوكب المريخ" قائلا: "عجيب الإخوة السعوديون! والخليجيون بشكل عام ! كل ما ظهر خبر لا يعجبهم قالوا... هذا متجنس... كما حدث مع بن لادن وكثير من إرهابيي القاعدة ولدوا في السعودية وأخذوا الفكر المتطرف من العلماء السعوديين ... هم ينسون أن مئات الآلاف من الوافدين يقومون بكثير من الإنجازات التي تفخر بها دولهم".

وتقول "العنود": "يا له من نفاق"! تستمتعون بآلاف المشاهير من اللبنانيات والمصريات اللائي يرقصن أمام شاشاتكم. تحملقون هيفاء وهبي، القنبلة البشرية اللبنانية التي تغذي أحلام ملايين المشاهدين العرب، وتمنعون السعوديات من الغناء، ومن الاستمتاع بهذا الشكل العصري من التعبير الفني، والذي تفرضه العولمة الثقافية"!

كما أشار العديد من مستعملي الانترنت إلى أن البلدان العربية، بما فيها بلدان الخليج ومنها المملكة العربية السعودية، تغمرها مئات القنوات الموسيقية الفضائية، بعض منها يملكه أمراء سعوديون، تبث بدون توقف "كليبات" للمشاهير العربية اللائي يغرين المشاهدين بأصواتهن الفاترة والعسلية وبنهودهن "السِلِكونية".

فقاعة صابون... لكن حجر في بركة راكدة
يرى بعض المراقبين بأن الجدل الذي أثارته فرقة "الوسام" يعتبر حلقة جديدة من النزاع التقليدي بين الهيئة الدينية والتيار اللبرالي الذي يضم مثقفين ورجال أعمال، ويدافع بقوة عن حقوق المرأة خاصة حقها في سياقة سيارة.

"حتى وإن تبخّر هذا الجدل مثل فقاعة الصابون، فإن فرقة "الوسام" تكون قد ألقت حجرا ببركة المملكة الراكدة، لأنها مسألة وقت لظهور سعودية تغني، رضي شيوخكم أم لا"، كما كتبت مواطنة "تونسية" التي تفتخر بلادها بأمينة الصرارفي، أول امرأة عربية قائدة اوركسترا وأول امرأة تونسية تنال الجائزة الأولي في العزف علي الكمنجة. و أمينة هي ابنة كاتب الموسيقى وعازف الكمان الشهير، قدور الصرارفي.

ومن جهته، أشار مستعمل الانترنيت إلى أن السعوديين تعوّدوا على موسيقى الروك الذي لم يكن موجودا في مجموعات الفرق الموسيقية السعودية. وكان ذلك منذ أن أنشئت أول فرقة تضم خمسة سعوديين شباب قبل بضعة سنوات.

يجب أن لا ننسى كذلك أن رائدة الفنانات الخليجيات ... سعودية، وهي عتاب، النجمة العربية التي عاشت في مصر ثم في الإمارات العربية المتحدة حيث توفيت في أغسطس 2007 بعد حياة فنية استمرت أكثر من ثلاثين عاما.
وهي التي فتحت الطريق أمام الأصوات النسائية الخليجية مثل "نوال" الكويتية التي لقبها جمهورها بالعديد من الألقاب، ك"قيثارة الخليج"، وكذلك "أحلام" الإماراتية و غيرهن من المطربات.
كما برزت في أواخر 2006 أول فرقة نسائية كويتية، "المسك"، متكونة من ثلاث فتيات يعشن مع أسرتهن في لندن.

والجدل الواسع الذي أثارته فرقة "الوسام" تزامن مع جدل من نوع آخر.
فقد أثارت المطربة الإماراتية، رويدا المحروقي، جدلا بسبب "كليبها" الأخير، للمخرج الكويتي حسين دشتي، "مهري غالي"، الذي تم تسجليه في بيروت
وتظهر رويدا في أغنية "اي اي" وهي تستحم بالشوكولا في مشهد يخالف العادات والتقاليد، مما أحدث استنكارا في صحافة الخليج حيث تعتبر المواد الغذائية "نعمة من الله".
لقد قررت "روتانا"، أكبر علامة موسيقية شرق-أوسطية، التي يملكها الأمير والملياردير السعودي الوليد بن طلال، بسبب ردود الفعل هذه، منع بث الكليب على قنواتها الموسيقية.

30.11.08

Des Saoudiennes très rock jettent un pavé dans la mare wahhabite

Par Habib TRABELSI

Quatre étudiantes de l’université de Djeddah, fans de rock, viennent de faire entendre leur voix, volontairement en anglais, pour faire passer leur message au monde entier: elles ont lancé la première troupe musicale rock féminine en Arabie saoudite, une gageure dans un pays où le wahhabisme, une interprétation rigoureuse de l’islam, interdit à la musulmane d’exhiber sa voix et encore moins de l’enjoliver.

Un succès sans images

Le groupe --dont le nom, «The Accolade», est inspirée par la plus célèbre œuvre du peintre anglais Edmund Blair Leighton, illustrant une femme adoubant d’une épée un chevalier agenouillé à ses pieds – a mis sur sa page MySpace une première chanson, «Pinocchio”, allégoriquement emprunté au personnage de fiction du non moins célèbre écrivain italien Carlo Lorenzini.

«C’est une manière de dire que les Saoudiennes ne veulent plus être considérées comme des marionnettes», commente l’un des dizaines de milliers d’auditeurs de la chanson, sortie le 11 novembre, qui fait fureur dans le royaume et dans les quatre coins du monde: le tube, sans images, a déjà été déchargé plus de 73.000 fois en 18 jours.

«Félicitations ! Longue vie pour The Accolade ! J’espère qu’un jour, vous pourrez vous produire publiquement à travers le monde. La Colombie sera heureuse de vous accueillir», s’exclame Manuel, un Colombien.

«Vous êtes de braves guerrières. Vous êtes en train de faire la révolution par la musique. Vous avez le soutien du monde entier», renchérit un auditeur du Japon.
D’autres saluent ce «succès» depuis le Liban, l’Espagne, la Norvège, ou les Etats-Unis.

La police religieuse: le mutisme encore de rigueur

«Nous respectons notre patrie. Nous allons continuer notre musique sans entrer en conflit avec notre culture et nos traditions», souligne le groupe qui rêve de pouvoir «se produire librement en public et enregistrer un album dans un proche avenir», tout en appréhendant une réaction de l’un des piliers du régime : la «Commission pour la promotion de la vertu et la prévention du vice», la redoutable police religieuse chargée de faire respecter les mœurs.

La police religieuse, (ou «Moutawa», «hommes d’al-Hesba»), se montre toutefois sensiblement moins sévère à Djeddah, la grande métropole portuaire et touristique qui bénéficie d’une ouverture inexistante dans le reste du royaume ultraconservateur.

Cette police a vu récemment son pouvoir rétréci sur une décision de l’émir de La Mecque, le prince Khaled Al-Faycal, un passionné de la culture qui lui a valu le titre d’«émir de la pensée et de la poésie». Du temps où il était gouverneur de la région d’Assir, avant sa nomination en mai 2007 à la tête de la région de La Mecque, qui englobe aussi Taëf et Djeddah, le prince Khaled avait été la cible de critiques des Moutawa qui lui reprochaient son ouverture.

Récemment, le président de la Commission de la province de Djeddah et deux autres membres de cet organisme ont créé la surprise. Ils ont fait irruption dans le principal Centre de bowling de la ville où ce jeu est très populaire. Tous les habitués du Centre avaient cru à une rafle routinière. Mais, les trois étranges visiteurs, tout miel, ont retroussé les manches de leurs «thoubs» pour disputer un match contre une formation de jeunes … se payant même le luxe d’abattre le plus grand nombre de quilles et de remporter la partie. Du jamais vu, de mémoire d’un Saoudien !

Des lauriers et des insultes

Mais si la «bande des quatre» a récolté des lauriers, elle a aussi essuyé un flot d’insultes de centaines de concitoyens des deux sexes, «scandalisés» par la violation d’un tabou.

«En islam, la voix de la femme est ‘awra’, c'est-à-dire qu’elle ne doit pas être entendue par un étranger», rappelle un internaute. «La musulmane doit surtout s’abstenir d’adopter une voix ‘muzayyana’ (enjolivée, adoucie et mélodieuse) pour ne pas susciter la ‘fitna’ (la tentation) et éveiller les instincts», ajoute l’autre.

«Comble de perversion ! Ces prétendues étudiantes chantent en anglais et se font accompagner d'instruments de musique», s’indigne un troisième, en «jurant» que les jeunes starlettes «ne sont qu’un ramassis de débauchées étrangères qui avaient été naturalisées et qu’il faudrait expulser du royaume après leur avoir retiré la nationalité saoudienne».

«Nous sommes étranges, nous Saoudiens ! Lorsque quelque chose nous déplaît, nous l’imputons aux expatriés et/ou naturalisés. Il en a été de même pour Oussama ben Laden et de nombreux autres terroristes nés dans le royaume où ils ont été formés par des oulémas extrémistes saoudiens», rétorque «un observateur».

«Comble d’hypocrisie !», approuve «Al-Anoud ». «Vous vous régalez des mille et une célébrités libanaises et égyptiennes qui se déhanchent sur vos écrans. Vous dévorez des yeux Haifa Wehbe (une bombe anatomique libanaise qui fait rêver des millions de téléspectateurs arabes). Et vous interdisez à des Saoudiennes de chanter, d’apprécier cette forme moderne d’expression artistique, mondialisation culturelle oblige !».

Plusieurs autres internautes font remarquer que les pays arabes, y compris ceux du Golfe, dont l’Arabie saoudite, sont inondés de centaines de chaînes musicales satellitaires, certaines appartenant à des princes saoudiens, qui diffusent inlassablement des clips de célébrités arabes qui non seulement appâtent le public par leurs voix langoureuses et mielleuses, mais aussi montrent ostensiblement leurs poitrines siliconées et leurs formes généreuses.

Une bulle de savon … mais un pavé dans la mare

D’autres ont vu dans la polémique suscitée par «The Accolade» un nouvel épisode de la traditionnelle querelle opposant l’establishment religieux au courant libéral, composé notamment d’intellectuels et d’hommes d’affaires, qui défend âprement les droits de la femme, en particulier celui de conduire une voiture.

«Même si cette polémique est appelée à s’évaporer comme une bulle de savon, The Accolade aura servi au moins de pavé jeté dans la mare stagnante du royaume. La saoudienne chantera, tôt au tard, n’en déplaise à vos cheikhs», écrit «une Tunisienne» dont le pays se targue d’avoir donné au monde arabe sa première femme chef d’orchestre, Amina Srarfi, la fille de l’illustre compositeur et violoniste, Kaddour Srarfi.

Un internaute fait remarquer que les Saoudiens se sont en effet habitués à la musique rock depuis qu’une première troupe, animée par cinq jeunes saoudiens, a vu le jour il y a quelques années et a commencé à mettre en valeur ce genre de musique naguère encore absent des répertoires des troupes musicales saoudiennes.

«Il ne faut pas oublier non plus que la pionnière des chanteuses de la région du Golfe est … une Saoudienne, Itaab, la Star arabe» qui a vécu en Egypte puis dans les Emirats arabes unis où elle est décédée en 2007.

De nombreuses «voix» féminines ont d’ailleurs emboîté le pas à Itaab, notamment Nawal, la Koweïtienne, et Ahlam, l’Emirienne.

Une autre Emirienne, Rowaida Al-Mahrouqi, vient de défrayer la chronique avec son dernier vidéo clip, “Mahri Ghali” (ma dot vaut cher), enregistré à Beyrouth. L’une des chansons, «Ay Ay», la montre en train de prendre «un bain de chocolat», ce qui a provoqué un tollé dans la presse du Golfe, où tout aliment est considéré comme «une bénédiction d’Allah».

Cette vive réaction a amené «Rotana», le plus grand label musical du Moyen-Orient, appartenant au prince et milliardaire saoudien Al-Walid ben Talal, à interdire la diffusion du clip sur ses chaînes musicales.

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Liens:

«The Accolade», d’ Edmund Blair Leighton.
http://www.illusionsgallery.com/Accolade.html
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"Pinocchio"
http://www.myspace.com/accoladeofficial
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La première troupe musicale Rock masculine en Arabie saoudite
http://www.youtube.com/watch?v=ZJB2QDFiIZw&eurl=http://cpa.hypotheses.org/428
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Rowaida Al-Mahrouqi: «Mahri Ghali»
http://www.youtube.com/watch?v=Eb-VvboCJ7g